Xavier Godmaire, PDG, Laserax

Propulsée par la batterie pour véhicules électriques

Spécialisée en marquage, nettoyage et soudure au laser, Laserax est la dernière société émergente de la grappe de l’optique, photonique de Québec.

Issue en 2010 d’un projet de recherche du Centre d’optique, photonique et lasers de l’Université Laval, l’entreprise propose aujourd’hui ses solutions de haute technologie aux géants de l’auto et est devenue un acteur incontournable auprès des fabricants de batteries de véhicules électriques.

La ville de Québec est reconnue mondialement pour son expertise en matière d’optique et de photonique qui a permis au cours des dernières décennies la création et le développement d’entreprises innovantes telles qu’Exfo, Optel, TeraXion, Coractive, Creaform, Eddify ou LeddarTech.

Laserax fait maintenant partie du lot de ces entreprises de technologie de Québec qui rayonnent à l’international et son PDG et cofondateur, Xavier Godmaire, confirme que le groupe surfe actuellement sur une vague de croissance pour le moins intéressante.

« On a augmenté notre carnet de commandes de 80 % au cours de la dernière année et haussé de 60 % notre chiffre d’affaires. On prévoit maintenant réaliser des ventes de 100 millions d’ici quatre ans. »

« On a entrepris notre lancée commerciale en 2016 en nous associant aux alumineries pour faire le marquage au laser de leurs lingots. On a réalisé des revenus de 1 million cette année-là. »

— Xavier Godmaire

C’est en 2010 que le jeune ingénieur, détenteur d’une maîtrise en génie physique, s’associe avec son collègue Alex Fraser, alors au doctorat en génie physique, dans un projet de recherche à l’Université Laval.

La multinationale suédoise CSA Personal Care voulait découper des couches d’incontinence au laser pour varier ses modèles de coupe plutôt qu’avec des couteaux beaucoup moins souples et qui s’abîmaient régulièrement.

« On a travaillé durant quatre ans sur ce projet avec l’usine de CSA à Drummondville. On était bien appuyés par l’équipe, et ça nous a appris à découvrir la réalité industrielle. Malheureusement, en 2014, la multinationale a décidé de ne pas implanter notre technologie. »

« On a décroché des petits contrats de découpe au laser avant de nous associer avec les alumineries au Québec. Elles ont toutes adopté notre technologie de marquage de lingots. »

— Xavier Godmaire

« On s’est alors retournés vers leur principal client, les fabricants d’automobiles. Rio Tinto nous a ouvert les portes, et on a commencé à faire du marquage de pièces pour une entreprise du secteur », explique Xavier Godmaire. »

Laserax entreprend alors le marquage pour le retraçage de pièces métalliques comme les blocs moteurs, les freins et les roues, et le marché de l’auto arrive rapidement à représenter 80 % de son chiffre d’affaires.

Avec les problèmes d’approvisionnement qui surgissent avec la pandémie de COVID-19 et le ralentissement de la production mondiale, l’entreprise élargit encore son offre en réalisant le nettoyage des pièces au laser avant qu’elles ne soient soudées.

Le marché des batteries

Depuis 2021, Laserax a aussi entrepris de s’attaquer à un nouveau marché, celui de la fabrication des batteries pour véhicules électriques.

« Les batteries sont devenues notre troisième vague de croissance. On fait le marquage, le nettoyage et la soudure des composantes de batteries pour véhicules électriques. On a tous les joueurs du secteur en Californie, on est aussi bien implantés en Allemagne chez les grands manufacturiers », souligne Xavier Godmaire.

Parmi les grands clients que peut nommer le PDG, on retrouve Lucid, North Volt, Ford. Même les entreprises québécoises Lion et BRP ont introduit les solutions de Laserax dans leurs procédés industriels.

« On a la même plateforme technologique pour nos différentes solutions, mais on les personnalise selon les besoins et les spécifications de nos clients », précise Xavier Godmaire.

Le secteur des batteries électriques devrait générer cette année de 60 à 70 % du volume d’affaires de l’entreprise, et ce pourcentage devrait rester élevé au cours des 10 prochaines années, anticipe le PDG.

« On s’inscrit dans la filière de la batterie électrique du gouvernement du Québec. On est un joueur qui fait partie de la solution pour les manufacturiers qui veulent s’implanter au Québec », indique Xavier Godmaire.

Parallèlement, l’entreprise québécoise développe aussi des produits pour le secteur des énergies propres, notamment les cellules d’hydrogène et les capteurs d’énergie solaire. Hydro-Québec est également l’un des 50 clients du groupe.

Une visée internationale

L’entreprise, qui emploie aujourd’hui une centaine de spécialistes, déploie ses systèmes au laser dans une trentaine de pays et compte sur une cinquantaine de partenaires dans le monde.

« Je suis pas mal sur la route, explique le PDG de 37 ans. J’étais au Japon avant les Fêtes et là je pars pour l’Allemagne et les États-Unis. »

Pour financer son développement, Laserax s’est associée à Desjardins Capital, aujourd’hui actionnaire principal, à Investissement Québec, au Fonds Innovexport et à un partenaire stratégique, le groupe japonais Sinto.

Les deux cofondateurs Xavier Godmaire et Alex Fraser sont toujours actionnaires de Laserax, Alex Fraser étant pour sa part le vice-président, technologie, de l’entreprise.

Laserax investit beaucoup dans la commercialisation de ses procédés et commence à percer le marché asiatique au Japon et en Corée. La gestion de la croissance reste un défi de tous les jours.

« On a commencé dans un local de 2000 pieds carrés. À partir de mars, on emménage dans un troisième site qui portera à 45 000 pieds carrés notre superficie. Idéalement, on veut avoir d’ici deux-trois ans un nouveau siège social dans un seul site », anticipe le PDG.

Originaire de Shawinigan, Xavier Godmaire souhaite faire de Laserax un nouveau fleuron de l’économie québécoise.

« Mon père était papetier, mon grand-père était aussi papetier, et il n’y a plus d’entreprises de pâtes à Shawinigan. Il faut en créer, des entreprises, au Québec. »

— Xavier Godmaire

« Ma plus grande fierté, c’est quand je rencontre un industriel allemand qui me demande ce qu’une compagnie canadienne fait qu’on ne peut pas faire, et qu’il devient mon client… »

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