Desjardins lance un fonds d’« impact social »

Le Mouvement Desjardins dégage plusieurs dizaines de millions pour mettre sur pied un fonds d’« impact social », souhaitant y attirer de grands investisseurs comme des institutionnels, des entreprises privées et le gouvernement fédéral.

Les capitaux du fonds seront dirigés vers des pays en développement (d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine) pour tenter de répondre aux besoins de gens « marginalisés ».

Baptisé Aequitas, le fonds pourrait atteindre un volume de 115 millions, espère-t-on. Desjardins consacre une enveloppe initiale de 50 millions et s’engage à ajouter 15 millions de plus dès l’entrée au capital d’un premier investisseur externe.

« Ça s’inscrit dans tout ce qu’on peut faire pour un développement plus durable et équitable en lien notamment avec les objectifs des Nations unies. On est signataires de plusieurs principes d’investissement responsable, et il y a des demandes pour des besoins additionnels dans certains pays », explique le président de la coopérative de Lévis, Guy Cormier.

Des institutions financières de taille moyenne ou petite qui n’ont pas normalement accès au financement ou à des investissements traditionnels sont prioritairement visées pour distribuer l’argent du fonds, précise Gerardo Almaguer, PDG de Développement international Desjardins.

« On va travailler avec nos partenaires locaux qui connaissent mieux les besoins sur le terrain », ajoute Guy Cormier.

L’idée derrière la création de ce fonds est apparue avant la pandémie, mais la COVID-19 en augmente l’importance, selon Guy Cormier.

« Les femmes et les jeunes sont touchées plus durement par la pandémie. Les plus petits entrepreneurs, les agriculteurs, par exemple, n’ont pas des programmes pour les soutenir dans tous les pays. On espère qu’avec ce fonds on va s’assurer que dans certains endroits du monde il n’y ait pas un écart qui se creuse plus après la pandémie qu’avant la pandémie. »

—  Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins

Gerardo Almaguer souligne que si au Canada les gouvernements ont mis en place des mécanismes pour préserver la dynamique de l’économie, ce n’est pas la même chose dans les pays en développement. « Les gouvernements n’ont pas les mêmes moyens dans les pays où il n’existe pas d’assurance emploi. »

Guy Cormier n’anticipe pas que le fonds dégage des rendements faramineux, mais il croit néanmoins raisonnable de s’attendre à un rendement brut annuel qui pourrait se situer dans une fourchette de 5 % à 10 %.

Le Mouvement Desjardins indique qu’encore aujourd’hui, 1,7 milliard d’adultes dans le monde, dont une majorité de femmes, n’ont pas accès à un compte bancaire.

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