Trains aériens du REM de l'Est

Mercier-Est épargné, mais pas la rue Sherbrooke

Le REM de l’Est ne sera pas en aérien dans Mercier-Est, mais il le sera dans l’axe de la rue Sherbrooke Est, a confirmé lundi la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, au moment où un premier rapport préliminaire sur le projet revu doit être rendu public cette semaine. La ligne bleue du métro, elle, bénéficiera d’un investissement de 565 millions.

« On a officiellement abandonné la portion aérienne pour la portion plus délicate dans Mercier-Est, donc ça, c’est une bonne nouvelle pour les citoyens », a lancé Mme Guilbault lundi, en marge d’une conférence de presse annonçant un nouveau système de contrôle des trains sur la ligne bleue du métro.

La ministre affirme qu’il restera néanmoins de l’aérien « dans l’axe Sherbrooke », « vers Pointe-aux-Trembles ». Dans la « portion centrale », a-t-elle toutefois répété, « l’aérien va être exclu ». « Et dans l’axe vers Marie-Victorin, c’est déjà souterrain. »

Selon nos informations, la portion centrale de Mercier-Est pourrait être enfouie, mais cette option n’est pas encore assurée à 100 %. Mme Guilbault a rappelé qu’un premier « rapport préliminaire du comité » piloté par Québec, Montréal, le ministère des Transports et l’Autorité régionale de transport métropolitain sera « rendu public d’ici la fin de la semaine ». Un rapport final est attendu en juin.

Au cabinet de la mairesse Valérie Plante, on affirme que cela « démontre que le groupe de travail, auquel participe Montréal avec ses partenaires, améliore le projet en demeurant sensible aux besoins de la population ».

« Ce sont les citoyens de l’Est qui en ressortent gagnants car ils pourront bénéficier d’une solution qui ne laissera pas de cicatrice dans leurs milieux de vie », soutient l’attachée de presse Catherine Cadotte.

Dans l’opposition officielle de Montréal, on salue « l’écoute du groupe de travail du projet de REM de l’Est, qui a entendu les citoyens de Mercier-Est ». Le REM de l’Est fait l’objet de vifs débats depuis que CDPQ Infra s’est retirée du projet, des citoyens et des experts s’opposant au mode aérien qui créerait, selon eux, une « fracture urbaine » dans les milieux de vie.

Signe que l’enjeu est majeur, une manifestation du Collectif en environnement Mercier-Est s’est tenue lundi soir, en marge de la réunion du conseil municipal, afin de demander aux élus de « rejeter tout train aérien dans les quartiers urbains ».

Par ailleurs, il y aura bientôt un an, le premier ministre François Legault promettait une deuxième phase sur la Rive-Sud, un « très beau prolongement » du REM entre Brossard et Boucherville. Il laissait entrevoir une annonce rapide. Or, les études sont toujours en cours chez CDPQ Infra, échaudée par la controverse entourant le REM de l’Est. Québec veut surtout s’assurer de l’acceptabilité sociale du projet.

Nouveau « système de contrôle » pour la ligne bleue

Québec a également annoncé lundi que 565 millions seront investis pour implanter un nouveau système améliorant la fluidité et la fréquence du service de la Société de transport de Montréal (STM). Le projet sera d’abord en place dès 2028 sur la ligne bleue, un an avant la livraison prévue du prolongement jusqu’à Anjou.

Ce nouveau « système de contrôle des trains » devrait en théorie permettre de gérer de façon plus « harmonieuse » l’espacement entre les trains, le contrôle de la vitesse et les changements de voies, estime le gouvernement Legault. Ce dernier vise ainsi à augmenter « la fiabilité des trains, leur fréquence et le confort lors des départs et des arrêts ».

Le système en question sera d’abord en place d’ici cinq ans sur la ligne bleue. Mais d’ici 2029, il sera étendu au reste du réseau, ce qui impliquera forcément des coûts « considérables » supplémentaires qui n’ont pas encore été déterminés. « C’est l’expérience de la ligne bleue qui va nous aider à définir le reste », a précisé le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell.

L’appel d’offres pour concevoir ce nouveau système n’a « officiellement » été lancé que lundi. On sait toutefois qu’il sera basé sur une technologie plus performante de type CBTC (communications-based train control), utilisée à travers le monde. Essentiellement, ce type de système permet de communiquer « en temps réel » des données d’occupation plus précises et plus larges que le système actuel.

Le montage financier du projet n’est pas encore terminé : 296,6 millions proviendront de Québec et 65,6 millions, de la STM. Pour le reste, une demande de financement sera soumise au gouvernement fédéral.

L’ancien système de contrôle « était encore bon, mais disons que ça faisait à peu près 50 ans qu’il avait été installé », a précisé la ministre Geneviève Guilbault. « On va avoir des meilleurs mouvements du train. Des fois, il y a des arrêts brusques proche des stations. Ce nouveau système sera capable d’anticiper les choses, donc les mouvements vont [être] de plus en plus fluides. Il va y avoir moins d’arrêts de trains en cas de bris d’équipements, également », a-t-elle illustré.

La mairesse Valérie Plante, elle, estime que ce nouveau système de contrôle sera essentiel pour « assurer la survie des sociétés de transport » comme la STM, qui composent avec des difficultés financières importantes et une baisse de leur achalandage. « Bien que l’aide d’urgence liée à la COVID soit essentielle, il faut aller plus loin », a-t-elle dit, en appelant à une réflexion pour trouver de nouvelles sources de financement.

– Avec Tommy Chouinard, La Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.