Opinion

Régularisons le statut de nos travailleurs essentiels

La crise sanitaire à laquelle nous sommes présentement confrontés permet de mettre en lumière le travail essentiel et l’apport inestimable de centaines de personnes en attente de régularisation de leur statut d’immigration au Canada.

Au front auprès de nos aînés dans les CHSLD ou encore à l’arrière-scène dans nos épiceries et usines de transformation alimentaire, ces travailleurs essentiels jouaient, jouent et continueront de jouer un rôle névralgique dans le bon fonctionnement de notre vie en société. Nous estimons qu’il est temps de reconnaître leur contribution, et nous appelons le gouvernement fédéral à régulariser rapidement leur statut d’immigration.

En effet, au moment où les risques se sont accentués et où il n’a jamais été aussi dangereux de se rendre au travail, ces derniers ne rebroussent chemin devant rien et nous font la démonstration jour après jour de leur loyauté, de leur courage et de leur amour indéfectible pour leur terre d’accueil. En effet, ils veillent sur nous toutes les heures du jour et de la nuit et luttent auprès de nous pour venir à bout d’un adversaire qui ne connaît pas de frontières.

Loin des projecteurs, ils représentent une pièce maîtresse dans l’équilibre parfois déjà précaire de nos institutions, notamment dans le domaine de la santé, et s’attellent souvent à une tâche peu enviable sans toutefois savoir combien de temps leur propre sécurité et celle de leur famille pourront, elles, être assurées.

C’est effectivement sans garantie quant à leur avenir au Canada qu’ils et elles nous font la preuve quotidienne de leur rôle essentiel dans notre société.

C’est sans savoir s’ils pourront rester au pays avec leurs enfants pleinement intégrés dans nos écoles, se développant et se forgeant une identité canadienne auprès de leurs amis et professeurs, que ces travailleurs essentiels risquent leur vie pour nous. C’est sans savoir s’ils devront abandonner famille et amis avec qui ils ont tissé de forts liens au Canada qu’ils cumulent tous les jours les quarts de travail dans des conditions souvent très difficiles.

C’est sans savoir si les vies qu’ils ont construites ici finiront par s’envoler en fumée qu’ils contribuent, jour après jour, au mieux-être de notre société. C’est même sans savoir s’ils resteront eux-mêmes en sécurité bien longtemps au Canada qu’ils se rendent au travail sauver des vies, nos vies.

Ce véritable enfer d’incertitude peut durer plusieurs années pendant lesquelles le risque d’être expulsé du pays devient de plus en plus difficile à porter et où la dignité s’envole peu à peu face au sentiment d’être invisible et de ne pas exister. Chaque jour, le poids porté sur leurs épaules devient de plus en plus lourd, au point où leur détresse psychologique devient palpable.

À notre tour, ne serait-il pas grand temps de leur faire part de notre gratitude, de régulariser leur statut et de reconnaître formellement leur contribution à notre société ? À notre tour, ne serait-il pas temps de sortir nos anges gardiens de l’enfer causé par l’incertitude liée à leur avenir et à celui de leurs enfants ?

Il est temps que nous veillions, à notre tour, à les protéger.

* Signataires : Me Rosalie Caillé-Lévesque, Me Fatoumata Tirera, Me Stéphanie Valois, Me Guy Nephtali, Me Saïd Le Ber-Assiani, Me Odette Desjardins, Me Nadia Barrou, Me Yasmina Benihoud, Me Ibii Otto, Me David Chalk, Me Serban Tismanariu, Me Mabel Fraser, Me Luciano G. Del Negro, Me Marie-Helene Giroux, Me Walid Ayadi, Me Nicholas Alexandris, Me Jonathan Veilleux, Me Yamilet Almeida, Me Alejandro Saenz, Me Ibrahima Dabo, Me Mohamed Diare, Me HoSung Kim, Me Suzanne Taffot, Me Mai Nguyen, Me Bin Xia Zhang, Me Marius Maxim, Me David Berger, Me Rose Bossou, Me Claudia Aceituno, Me Olivier Badolo, Me Denis Girard, Me Chantal Ianniciello, Me Annie Bélanger, Me Myriam Harbec, Me Dan Bohbot, Me Christine Renaud, Me Alice Mardelet Santamaria, Me Hugues Langlais (Ad. E.), Me Cynthia Bergevin, Me Stewart Istvanffy, Me Patil Tutunjian, Me Caroline Mouralian, Me Jacques Beauchemin, Me Jennifer Ganeshanathan, Me Aboubacar Sidiki Coulibaly, Me Alima Racine, Me Yasmine Guillaume, Me Jean-Sébastien Boudreault, Me Benoit Bessette, Me Séna Lahaye, Me Blandine Sala, Me Francine Décarie, Me Jihane Chikhi, Me Sira Coulibaly, Me Perla Abou-Jaoudé, Me Bouchra Aaboudate, Me Barbara Brizuela, Me Julien Labrie-Masse, Me Rym Jawah, Me Vivian Albuquerque, Me Cliford Dominique, Me Jouman El-Asmar, Me Paula Barcelos, Me Coline Bellefleur, Me Herbert Brownstein, Me Nuno Jerionimo, Me Avi Gomberg, Me Vincent Desbiens, Me Nathalie Ferreras, Me Kathleen Gaudreau, Me Sabine Laval, Me Danielle Arpin, Me Melissa Singer, Me Latifa Benabdelouahid, Me Carole Fiore, Me Nadia El-Ghandouri, Me Sabine Venturelli, Me Isabelle Dongier, Me Angela Potvin, Me Alain Joffe, Me Murhula Jugauce Mweze, Me Jean-Mathieu Potvin, Me Mary Keyork, Me Johanna Elhadad, Me Yasmina Boukossa, Me Martin Lotard Bayigwalag, Me Nabih Ouled-Zaoui, Me Sue M. Kang, Me Fanny Cumplido, Me Julien Primeau-Lafaille, Me Georgia Pappis, Me Fevziye Oguzer, Me Lydie-Magalie Stiverne, Me Annick Legault, Me Anabela Cosme, Me Andrey Leshyner, Me Jennfier Chriqui, Me Sandra Alvarez, Me Vincent Dubuc-Cusick, Me Laurianne Ladouceur, Me Laurence C. Trempe, Me Mabel Fraser, Me Kathleen Hadekel, Me Joyce Yedid, Me Kayle Sykes, Me Alfredo Garcia, Me Nilufar Sadeghi, Me Michael Dorey, Me Jeelan Syed, Me Samira Salem, Me Simon Labelle, Me Nicole Goulet, Me Krishna Gagné, Me Camille Clamens, Déborah Andrades-Gingras, Ismaël Boudissa et Clémence Bergeron.

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