Burkina Faso

160

L’attaque menée par de présumés djihadistes dans la nuit de vendredi à samedi à Solhan, commune rurale du nord-est du Burkina Faso – la plus meurtrière menée au pays depuis six ans qu’il est en proie aux violences djihadistes – a fait 160 morts, selon un dernier bilan donné dimanche. Au total, « 160 corps ont été inhumés hier [samedi] dans trois fosses communes par les populations locales […], dont une vingtaine d’enfants », a déclaré un élu de la région. (AFP)

Kamala Harris en Amérique latine

Un message d’« espoir » pour prévenir l’immigration clandestine

Kamala Harris s’est envolée dimanche pour le Guatemala, puis le Mexique, un premier voyage international pour la vice-présidente qui affirme vouloir « donner de l’espoir » à une région d’où viennent la majorité des migrants sans papiers arrivant à la frontière sud des États-Unis. Chargée par Joe Biden en mars du dossier sensible de l’immigration clandestine, Mme Harris est restée jusqu’ici en retrait sur cette épineuse question. La vice-présidente veut élaborer une stratégie globale pour s’attaquer aux causes de l’afflux de milliers de migrants qui complique le début de mandat du président démocrate. « Nous devons donner aux gens un sentiment d’espoir, que l’aide est en train d’arriver, que s’ils restent [dans leurs pays d’origine], cela va s’améliorer », insiste-t-elle. Au Guatemala, la vice-présidente américaine rencontrera ce lundi le président Alejandro Giammattei. Mardi, elle sera au Mexique pour rencontrer le président Andrés Manuel López Obrador. Elle s’entretiendra aussi avec des représentants de la société civile, et des dirigeants syndicaux et patronaux, précise son équipe. Les millions de doses de vaccins anti-COVID-19 promises par Washington à l’Amérique latine devraient aussi être évoquées. — Agence France-Presse

États-Unis

Le démocrate Manchin s’oppose à la réforme électorale de Biden

Le sénateur démocrate Joe Manchin a annoncé dimanche qu’il s’opposait à une vaste réforme électorale, condamnant de fait au Congrès ce projet de loi ardemment défendu par Joe Biden afin de contrer les attaques « sans précédent » contre le droit de vote des Afro-Américains. Présenté par des démocrates, ce texte permettrait de neutraliser la quinzaine de lois déjà adoptées par des États républicains depuis janvier et qui restreignent, selon leurs détracteurs, l’accès aux urnes en durcissant les règles électorales. « C’est, selon moi, le mauvais projet de loi pour rassembler notre pays et je ne le soutiens pas, car je pense qu’il nous diviserait encore plus », a déclaré sur Fox le parlementaire centriste, qui représente à Washington l’État conservateur de la Virginie-Occidentale. Le projet de réforme électorale (For the People Act) avait été adopté en mars à la Chambre des représentants sans aucune voix républicaine. Compte tenu de l’étroite majorité des démocrates (50 sénateurs sur 100, plus le vote de la vice-présidente Kamala Harris), la décision du sénateur Manchin condamne vraisemblablement le projet de réforme. — Agence France-Presse

Nigeria

Le chef de Boko Haram serait mort, selon le groupe djihadiste rival

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, s’est suicidé lors de combats contre le groupe djihadiste rival lié au groupe armé État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio publié deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort. « Shekau a préféré l’humiliation dans l’au-delà à l’humiliation sur Terre. Il s’est donné la mort en déclenchant un explosif », déclare en langue kanuri une voix semblant être celle du chef de l’ISWAP, Abu Musab Al-Barnawi, dans cet enregistrement remis à l’AFP par une source relayant habituellement les messages du groupe. Boko Haram ne s’est pas exprimé sur la mort annoncée de son chef et l’armée nigériane dit enquêter. Dans son enregistrement, ISWAP décrit comment ses troupes ont découvert Shekau assis dans sa maison et ont engagé le combat. « Il a battu en retraite et s’est échappé, errant à travers la brousse pendant cinq jours », raconte la voix. Après l’avoir débusqué dans la brousse, les combattants d’ISWAP les ont sommés, lui et ses partisans, de se repentir, mais Shekau a refusé et s’est donné la mort, poursuit-elle. — Agence France-Presse

Élection régionale en Allemagne

Victoire rassurante des conservateurs de Merkel

Les conservateurs allemands ont remporté haut la main un scrutin régional crucial dans l’ex-RDA et engrangé un succès rassurant pour le chef du parti et prétendant à la succession d’Angela Merkel. Selon les résultats provisoires, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) obtient environ 36 % des voix, contre 22,5 % pour l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans ce scrutin de Saxe-Anhalt, à l’ouest de Berlin, le dernier avant les élections nationales du 26 septembre qui marqueront la fin des 16 ans d’Angela Merkel à la chancellerie. La droite, portée par le populaire chef du gouvernement régional Reiner Haseloff, améliore son score de près de 6 points. « Les gens ont voté contre l’AfD […] nous avons combattu de façon unie, c’est aussi un message en direction de Berlin », a estimé M. Haseloff. Impopulaire, contesté jusque dans ses propres rangs, l’aspirant à la succession d’Angela Merkel avait cruellement besoin d’un succès pour rassembler ses troupes et consolider la position des conservateurs qui, après avoir chuté derrière les Verts dans les intentions de vote au niveau national, ont repris la tête dans les sondages. — Agence France-Presse

Haïti

Un quartier vidé en raison des affrontements entre gangs

Des centaines d’Haïtiens, contraints de fuir leur domicile face aux affrontements entre gangs dans un quartier de l’ouest de Port-au-Prince, ont reçu une première assistance humanitaire, a indiqué dimanche la protection civile haïtienne. « C’est toute la population de Martissant qui ne peut pas rentrer chez elle et qui, par conséquent, est obligée de se réfugier sur les places publiques », a déploré Marie Rosy Auguste Ducéna, de l’association Réseau national de défense des droits humains. Ce quartier, où les autorités publiques sont peu présentes même s’il est situé à quelques centaines de mètres du palais présidentiel, est aujourd’hui largement contrôlé par des bandes armées. En fin d’après-midi dimanche, le premier ministre Claude Joseph a insinué que l’opposition politique serait à l’origine des violences. « C’est par le dialogue que l’on résout les problèmes », a-t-il répété. Les autorités haïtiennes n’ont évoqué aucun bilan de ces récentes violences à Martissant alors que, dans un communiqué publié plus tôt dans la journée, l’ONU a évoqué « de nombreux morts et blessés ». — Agence France-Presse

Présidentielle au Pérou

Keiko Fujimori et Pedro Castillo coude à coude

Le scrutin présidentiel est très serré au Pérou, où le candidat de la gauche radicale Pedro Castillo et la représentante de la droite populiste Keiko Fujimori sont coude à coude selon un sondage à la sortie des urnes après la fermeture des bureaux de vote. Selon Ipsos, la fille de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) obtiendrait 50,3 % des suffrages contre 49,7 % à l’ex-instituteur, après le vote, obligatoire au Pérou, de quelque 25 millions d’électeurs. Les résultats officiels sont attendus vers 23 h 30 (heure locale). Les experts avaient prédit un scrutin serré. Les deux vainqueurs surprises du premier tour le 11 avril, parmi 18 candidats, avaient assuré plus tôt dans la journée qu’ils respecteraient le verdict des urnes. « Nous serons respectueux » du décompte des voix, a déclaré M. Castillo, 51 ans. « Quel que soit le résultat, je respecterai la volonté populaire », a renchéri Keiko Fujimori, 46 ans. Le nouveau président prendra ses fonctions le 28 juillet, jour de la commémoration du bicentenaire de l’indépendance du Pérou, et remplacera le président par intérim Francisco Sagasti.

— Agence France-Presse

#SheikhJarrah

Un mot-clic pour rallier le monde à la cause des Palestiniens

Jérusalem — Pendant des décennies, Cheikh Jarrah n’était qu’un autre quartier de Jérusalem-Est occupée par Israël et le monde n’en avait pas entendu parler. Aujourd’hui le nom de ce quartier palestinien menacé par la colonisation israélienne est devenu viral.

L’homme qui a agité la conscience politique des vedettes, catalysé la colère d’une génération de Palestiniens et propulsé le nom en tendance Twitter pendant des jours est un habitant du quartier âgé de 23 ans, Mohammed El-Kurd.

« Nous avons réussi à attirer l’attention sur la colonisation à Jérusalem, mais aussi sur les droits des Palestiniens à se défendre, à résister à l’occupant et sur leur droit de pouvoir raconter eux-mêmes leur propre histoire », se félicite le jeune militant, désormais suivi par plus d’un demi-million d’abonnés sur Instagram.

Et l’histoire s’emballe fin avril, quand des manifestations en soutien à des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah menacées d’expulsion embrasent Jérusalem-Est, puis l’esplanade des Mosquées, puis des villes mixtes israéliennes, avant de donner lieu à 11 jours de guerre entre le mouvement islamiste palestinien Hamas au pouvoir à Gaza et l’armée israélienne.

Pour les animateurs de la campagne de Cheikh Jarrah, la priorité a d’abord été d’expliquer et de convaincre. « Notre discours a été extrêmement clair. Nous parlons de colonialisme et de colonisation – pas seulement de violations des droits humains », déclare dans sa maison à Cheikh Jarrah le jeune militant à l’anglais parfait, qui étudie aux États-Unis.

Rentré à Cheikh Jarrah, Mohammed El-Kurd appartient à l’une des familles menacées d’expulsion au profit des colons israéliens.  

Dimanche, lui et sa sœur jumelle Mona, également très active dans la campagne #SheikhJarrah, ont été interpellés pendant quelques heures par la police israélienne avant d’être relâchés.  

Selon la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre israélo-arabe de 1948, déclenchée à la création de l’État d’Israël, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur « droit de propriété ».

Selon Ir Amim, une association israélienne qui suit l’évolution des colonies à Jérusalem, jusqu’à 1000 Palestiniens à Cheikh Jarrah et dans le quartier voisin de Silwan risquent d’être expulsés.

La Cour suprême israélienne a préféré laisser les tensions retomber et repousser sine die sa décision sur les expulsions à Cheikh Jarrah.  

Censure

La bataille sur les réseaux sociaux a aussi été celle contre la censure, d’après les militants palestiniens.  

Pendant plusieurs jours, à la demande des autorités israéliennes, certains contenus jugés comme incitatifs ou appelant à la haine ont été retirés des plateformes Facebook et Instagram, a rapporté Sada, l’association de défense des droits en ligne des Palestiniens.

« À un moment on ne pouvait plus rien poster sur Cheikh Jarrah, sans que cela ne soit immédiatement retiré », assure Mohammed El-Kurd.

Malgré ces difficultés, la campagne a eu un impact considérable. « Je n’avais jamais cru au pouvoir de l’image ou des posts sur les réseaux sociaux, dit le militant. Mais j’ai découvert que notre bataille la plus importante […] est celle des mots, celle de l’opinion publique. »

— Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.