Trevor Harris comme quart partant

Une décision « dans l’intérêt de l’équipe »

Vernon Adams fils a contracté la COVID-19 et ne s’est donc pas entraîné avec les Alouettes, lundi et mardi. Mais même s’il avait été disponible, il aurait été le second de Trevor Harris cette semaine.

Harris affrontera les Roughriders de la Saskatchewan lors du premier match local de l’équipe, jeudi soir. Et Khari Jones n’est pas passé par quatre chemins pour expliquer sa décision d’avoir remplacé Adams fils par Harris dès le deuxième quart du deuxième match de la saison.

« Je sentais que c’était dans l’intérêt de l’équipe de procéder à un changement. C’est pourquoi j’ai pris la décision. »

« Il [Harris] est le meilleur candidat pour l’emploi en ce moment », a ajouté l’entraîneur-chef.

L’attaque des Alouettes a joué avec plus de rythme après l’entrée en scène de Harris, jeudi dernier à Toronto, surtout en deuxième demie. La décision de Jones est probablement ce qui a permis aux Alouettes de pouvoir l’emporter sur le dernier jeu du match, une tentative de placement qu’a toutefois ratée le botteur David Côté.

« On peut parler d’un botté raté, d’un mauvais bloc ou d’un plaqué raté, mais au bout du compte, c’est une accumulation de tous ces jeux qui fait qu’on se retrouve dans cette position », a rappelé Harris, qui aurait lui-même souhaité pouvoir faire quelques passes à nouveau.

Harris et Adams fils ont discuté à plusieurs reprises au cours des derniers jours. Selon Harris, la relation entre les deux quarts a progressé de belle façon au cours des dernières semaines. À un point tel que Harris considère maintenant son coéquipier comme un ami.

« On a eu de très bonnes conversations que je vais toutefois garder privées. Je n’aurais jamais pensé que Vernon et moi deviendrions aussi proches aussi tôt dans la saison. Notre relation se solidifie vraiment rapidement. On se soutient d’une façon incroyable et je pense que ça se reflète dans notre vestiaire.

« Je me suis assuré que notre communication soit bonne. Je lui ai raconté que je m’étais retrouvé dans des situations comme celle-ci avec Ricky Ray [à Toronto] et Henri Burris [à Ottawa]. Et si on ne fait pas attention, c’est le genre de situation qui peut diviser un vestiaire. Mais si nous sommes en constante communication, rien ne peut être mal interprété. »

Côté tourne la page

Quelques jours après son fameux botté raté, David Côté ne semblait pas affecté outre mesure par la tournure des évènements. Côté a raté un placement de 21 verges qui aurait donné la victoire aux siens lors du dernier jeu de la rencontre de jeudi dernier, qui s’est terminée 20-19 en faveur des Argonauts.

« C’est sûr que ce n’est pas une performance acceptable. Le dernier botté aurait dû être un botté donné et je l’ai manqué, mais ça ne sert à rien de m’apitoyer sur mon sort. »

« Je suis un humain comme tout le monde, je l’ai manqué et c’est vraiment décevant, mais il faut passer à autre chose et être prêt pour le prochain match. »

— David Côté

« Ça fait partie du travail de botteur. Tout le monde est content lorsqu’on est le héros, mais on peut vite devenir le zéro, comme ça vient de se produire. Ça fait partie de la vie, personne n’est mort et c’est un jeu. Oui, ça aurait dû être une victoire qui aurait fait du bien, mais le plus important, c’est de me concentrer sur le prochain botté. »

Jones et le coordonnateur des unités spéciales, Byron Archambault, ont parlé avec Côté dans les minutes qui ont suivi la défaite contre les Argos.

« J’ai tout de suite senti leur soutien. Ils sont derrière moi et ne sont pas inquiets. »

« J’aime la mentalité de David. C’est évidemment une sensation désagréable après le match et c’est malheureux, mais David est un jeune homme qui garde bien les choses en perspective. Alors je sais qu’il va rebondir et je n’hésiterai pas à le placer dans des situations similaires », a indiqué Jones.

« Je veux prouver à mes coéquipiers, à moi-même et à tout le monde qui regarde les matchs que c’était simplement une erreur de parcours. Je suis capable de rebondir, c’est certain. »

Plusieurs absents

En plus d’Adams fils, Eugene Lewis (bas du corps), Philippe Gagnon (virus) et Chris Ackie (cheville) n’ont pas participé à l’entraînement de mardi. Ces joueurs s’ajoutent à une liste qui comprenait déjà William Stanback (cheville), Greg Reid (genou) et Mario Alford (abdomen).

Jones et les Alouettes espèrent cependant pouvoir compter sur Lewis et Gagnon. Tous les autres joueurs mentionnés devraient par contre rater le match contre les Roughriders.

Temple de la renommée canadien

Enfin de la reconnaissance pour Chip Cox

Chip Cox a obtenu sa place au Temple de la renommée du football canadien dès sa première année d’admissibilité, a annoncé la Ligue canadienne (LCF), mardi. Pour une fois, l’ancien secondeur des Alouettes a reçu le mérite qui lui revenait.

Sous-estimé, Chip Cox ? Pas juste un peu ! La meilleure preuve, c’est que les Alouettes ne lui ont jamais organisé de soirée-hommage, comme ils l’ont pourtant rapidement fait pour l’autre grand joueur défensif du club du dernier quart de siècle, John Bowman.

Je n’ai pas vu jouer les grandes équipes des Alouettes des années 1970, mais depuis le début de leur deuxième vie, en 1996, il ne fait aucun doute que Cox et Bowman ont été les deux meilleurs joueurs défensifs du club. Et dans cet ordre, à mon avis.

Mais probablement en raison de leurs personnalités diamétralement opposées, Bowman a toujours été plus populaire que Cox. Sympathique et souriant, Bowman a toujours eu beaucoup d’entregent. Sa générosité avec les journalistes a rarement fait défaut.

On ne peut pas dire les mêmes choses de Cox. Plus réservé, un brin taciturne, il n’aimait pas parler avec les journalistes. On m’a même expliqué que sa stratégie était d’être le plus plate possible en entrevue pour que les journalistes abdiquent et qu’ils ne lui posent plus de questions. Cette attitude lui a assurément nui sur le plan de la popularité.

Sur le terrain, Chip Cox était un joueur spectaculaire, comme on en voit rarement dans la Ligue canadienne. Un joueur qui réussissait souvent ses plus gros jeux dans les moments cruciaux.

Je me souviens d’avoir écrit un texte dont le titre était « Chip Cox, le Troy Polamalu de la LCF » il y a une dizaine d’années. C’est exactement ce qu’il était. Un joueur explosif, robuste, spectaculaire et polyvalent, aussi doué pour réussir un sac ou plaquer un porteur de ballon que pour réussir une interception. Un joueur hybride, qui excellait près de la ligne de mêlée.

Ses statistiques en carrière le prouvent : 926 plaqués, 32 sacs, 23 interceptions, 28 échappés provoqués et 6 touchés en 228 matchs de saison. Le chiffre le plus remarquable est peut-être qu’il n’ait raté que 6 matchs en 13 saisons, lui qui n’a pourtant jamais lésiné sur l’effort, la robustesse et le sacrifice de son corps.

Un demi de coin dans la NCAA et lors de ses essais avec les Lions de Detroit et les Redskins de Washington dans la NFL, Cox avait connu des saisons difficiles en 2007 et 2008, qui a été la première de Marc Trestman à Montréal. Trestman a décidé de muter Cox au poste de secondeur du côté large en 2009 et tout a changé à partir de ce moment. Les Alouettes ont d’ailleurs gagné la Coupe Grey en 2009 et en 2010, et Cox a été un joueur important dans ces deux championnats.

La dernière fois que je lui ai parlé, il y a un an ou deux, Cox m’avait dit qu’il se sentait encore capable de jouer. En raccrochant, j’en étais même convaincu moi-même.

« Je connais bien Chip, car nous sommes deux gars originaires de l’Ohio. On s’entraîne même ensemble à l’occasion », a raconté Trevor Harris, mardi.

« Il me dit souvent qu’il n’aurait besoin que d’une autre saison afin d’atteindre le plateau des 1000 plaqués (926) en carrière ! »

Farfelu de croire que Cox, qui aura 39 ans vendredi, pourrait aider les Alouettes près de quatre ans après avoir disputé son dernier match ? Peut-être.

Mais si quelqu’un est capable de réussir un tel exploit, c’est bien l’ancien numéro 11. Cox a toujours été un athlète exceptionnel qui prenait un soin jaloux de sa forme physique. L’ajout d’un vétéran de sa trempe ne nuirait certainement pas au sein d’une défense qui n’est pas très expérimentée derrière la première ligne.

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