« Bulle » sanitaire

À Omaha comme à Québec

C’est ce mardi que la première mise en jeu se fera dans la bulle que la LHJMQ a créée à Québec pour faire jouer ses équipes en temps de pandémie.

À Omaha, on se prépare pour un évènement similaire.

La National Collegiate Hockey Conference (NCHC), une division de la NCAA, va en effet centraliser les activités de ses huit équipes dans la métropole du Nebraska, pour des matchs entre le 1er et le 20 décembre.

Deux espoirs du Canadien, Brett Stapley (Université de Denver) et Blake Biondi (Université du Minnesota à Duluth), participeront à l’aventure.

« Notre session sera terminée, on aura nos examens juste avant de partir, se réjouit Stapley. L’école sera finie, donc on pourra se concentrer à 100 % sur le hockey et sur nos coéquipiers. »

« On est jeunes, on n’a pas d’enfants, on habite au collège de toute façon ! Je pense qu’on va aimer ça. Ce sera un peu comme un tournoi de hockey mineur quand on était petits », ajoute Biondi.

Chaque équipe de la NCHC jouera 26 matchs cette saison, dont 10 à Omaha. Les autres duels de la saison seront disputés comme à l’habitude, dans les arénas de chaque équipe. À moins que la situation ne change d’ici janvier.

Des tests et de la bonne volonté

Vous vous souvenez des clôtures qui ceinturaient les hôtels de Toronto et d’Edmonton dans les bulles qu’avait établies la LNH ? Les tests quotidiens pour tout le monde ? Oubliez ces images.

Les universités ont beau avoir des ressources financières impressionnantes, elles ne peuvent pas non plus égaler l’investissement qu’a fait la LNH pour tenir son tournoi l'été dernier.

Les joueurs des huit équipes seront bel et bien dans une bulle, mais elle ne sera pas aussi hermétique que celle du circuit Bettman. Trois des quatre hôtels où logeront les joueurs demeureront ouverts au public. Les familles des joueurs pourraient être admises dans les gradins.

« La LNH et la NBA ont réussi à créer un environnement contrôlé et éliminer les variables qui proviennent des voyages. En contrôlant les variables, on pense pouvoir offrir un environnement sécuritaire », a expliqué à La Presse le commissaire de la NCHC, Josh Fenton.

« C’est un casse-tête logistique : comment gérer les locaux, les vestiaires, comment organiser la logistique des tests. On a beaucoup appris de la LNH. Mais on n’aura pas un environnement aussi hermétique que la bulle de la LNH. C’est pourquoi on parle d’un pod, et non pas d’une bulle. »

Côté tests, Fenton a indiqué que tous les joueurs seraient testés lors des jours de match. On demandera aussi aux joueurs de se placer en quarantaine une semaine avant leur arrivée à Omaha et de passer trois tests de dépistage de la COVID-19 pendant cette période.

L’idée est essentiellement que les joueurs se disciplinent afin que l’initiative soit un succès.

Peut-être facile pour les équipes du Colorado ou du Minnesota, qui seront loin de la maison. Mais les matchs se dérouleront dans les installations de l’Université du Nebraska à Omaha. Il y aura donc une trentaine de gars, de jeunes adultes, qui devront avoir la discipline de se confiner, même si leur cercle social sera à quelques minutes de voiture d’eux.

« On l’a mis au clair avec nos joueurs : si vous voulez jouer au hockey, on n’a pas le choix. Vous n’êtes pas des étudiants comme les autres, vous devez faire des sacrifices. Vous devez être intelligents. »

— Dave Noël-Bernier, entraîneur adjoint à l’Université du Nebraska à Omaha

« Mais les gars sont dévoués. Certains ont arrêté de voir leur blonde dès maintenant, même s’ils ont encore le droit ! On a un bon groupe, mais ça va avec le recrutement qu’on fait. On recrute des jeunes qui veulent devenir joueurs de hockey. »

Dave Noël-Bernier est bien placé pour parler de discipline. Il demeure tout près du Baxter Arena, où auront lieu les matchs. « Je pense que l’aréna est plus près de chez moi que de l’hôtel ! » Mais il devra séjourner à l’hôtel, comme tout le monde.

L’expérience de la LNH

Les ressemblances avec l’expérience de la LNH sont limitées. On l’a dit précédemment, les conditions ne seront pas aussi contraignantes. Et il y a toute une différence entre mener l’expérience avec des joueurs universitaires et le faire avec des professionnels qui ont une famille.

Cela dit, les entraîneurs tenteront de retenir ce qu’ils peuvent de la LNH. Noël-Bernier rappelait que Jake Guentzel et Josh Archibald, deux anciens du programme de l’UNO, s’entraîneront avec leur groupe dans les prochains jours. Les deux attaquants ont joué l’été dernier dans les séries de la LNH.

À Denver, l’entraîneur-chef David Carle s’appuie aussi sur son réseau de contacts.

« Je suis très proche de Derek Lalonde, qui est adjoint à Tampa. J’ai des questions quant à la gestion des horaires, à quelle fréquence tenir des entraînements, précise Carle. Normalement, on joue deux matchs de suite contre la même équipe. Là, on n’affrontera jamais la même équipe deux fois de suite. Je vais parler à quelques anciens qui ont été dans la bulle. Et on aimerait que quelques-uns de ces joueurs parlent à nos gars de leur expérience, comme Paul Stastny, Tyler Bozak, Jason Zucker. »

Les programmes universitaires de hockey, tout comme les ligues juniors, cherchent des façons de reprendre l’action. Au Canada, les six équipes des provinces maritimes sont les seules à avoir pu jouer régulièrement. La bulle de la LHJMQ à Québec devrait permettre à sept autres équipes de disputer quelques matchs. Dans l’Ouest, ça ira au 8 janvier ; en Ontario, au 4 février. Dans la NCAA, la conférence Big Ten, où joue Cole Caufield, est la seule parmi les principales conférences à avoir repris ses activités.

Bref, le simple fait de jouer constitue en soi une victoire.

« Ça va ressembler à un calendrier de pro. Ce n’est pas mauvais d’avoir ce feeling-là. Mais le plus important, ce sera la chance de jouer. Ils n’ont pas joué depuis mars ! »

— Dave Noël-Bernier, entraîneur adjoint à l’Université du Nebraska à Omaha

Noël-Bernier croit aussi que l’équipe organisatrice y trouvera encore plus son compte que ses sept rivales.

« J’ai hâte que les joueurs puissent voir ce qu’on a comme installations, car c’est super. Je pense que ça va nous aider pour le recrutement. Les joueurs ont des amis dans le junior, ils vont se parler. Ce sera juste du positif pour notre programme. Le fait qu’Omaha ait été choisie pour organiser la bulle, quand plusieurs autres villes auraient voulu l’avoir, c’est bon pour nous. »

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