Europe

45 ans

La Commission européenne a recommandé mardi d’élargir le public concerné par le dépistage du cancer dans l’Union européenne, notamment en abaissant de 50 à 45 ans l’âge à partir duquel les femmes sont admissibles à un dépistage organisé du cancer du sein. « Nous devons dépister plus et mieux », a déclaré la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides.

— Agence France-Presse

Irak

Le Tigre se meurt

Il a arrosé le jardin d’Éden, irrigué Sumer et abreuvé Babylone. Mais dans l’Irak d’aujourd’hui, le Tigre se meurt. Entre activité humaine et chamboulements climatiques, l’agonie du fleuve menace d’emporter la vie qui s’y est implantée il y a des milliers d’années.  

Dans ce pays de 42 millions d’habitants, aux sources de la civilisation et de l’agriculture, les désastres naturels ne se comptent plus. Dès avril, les températures dépassent les 35 degrés et les tempêtes de sable s’enchaînent, recouvrant d’une pellicule orange humains, animaux et machines.

Vient ensuite l’été, la saison en enfer des Irakiens qui n’ont que leur peau pour transpirer quand la météo annonce 50 degrés et que l’électricité est coupée pour cause de délestage.  

Sécheresses, chute des précipitations, températures en hausse et désertification galopante : l’Irak est devenu l’un des cinq pays au monde les plus exposés aux conséquences du changement climatique, disent les Nations unies.  

Et le Tigre ? Il ne rugit plus. En raison du manque de pluie mais aussi des barrages construits en amont, en Turquie, où il prend sa source. « Notre vie dépend du Tigre. Tout notre travail, notre agriculture, en dépend », explique Pibo Hassan Dolmassa, 41 ans, de Fichkhabour.

« Depuis deux ou trois ans », ça ne va plus. « De jour en jour, l’eau diminue », constate-t-il, alors qu’« avant, l’eau se déversait par torrents ». Les autorités irakiennes et les agriculteurs kurdes accusent la Turquie de retenir l’eau aux barrages construits en amont.  

Les statistiques officielles le confirment : le niveau du Tigre, quand il arrive de Turquie, n’est cette année qu’à 35 % de la quantité moyenne qui se déversait en Irak au cours des 100 dernières années. Plus l’eau est retenue, plus son débit se réduit et moins elle se déverse en Irak.

Le dossier est source de frictions. Bagdad demande régulièrement à Ankara de libérer plus d’eau. En retour, l’ambassadeur turc en Irak, Ali Riza Güney, appelait en juillet les Irakiens à « utiliser l’eau disponible de manière plus efficace ». « L’eau est largement gaspillée en Irak », ajoutait-il dans un tweet.

Les experts eux-mêmes évoquent des méthodes insensées : comme au temps des Sumériens, les cultivateurs irakiens continuent d’inonder leurs champs pour les irriguer, entraînant d’énormes déperditions d’eau. Et cette année, à cause de la sécheresse, les autorités ont réduit de moitié les zones cultivées dans tout le pays.

— Agence France-Presse

Iran

Trois manifestants tués après la mort d’une jeune femme

Trois personnes ont été tuées durant des manifestations au Kurdistan iranien qui protestaient contre la mort d’une jeune femme après son arrestation par la police des mœurs, a-t-on annoncé mardi. Lors d’une conférence de presse, le gouverneur de la province, cité par l’agence Fars, a parlé de trois morts « suspectes » dans différentes localités de la province et de « complot fomenté par l’ennemi », affirmant que l’une des victimes avait été tuée par un type d’arme non utilisé par les forces iraniennes de sécurité. Des manifestations ont éclaté dimanche à Téhéran et au Kurdistan irakien après l’annonce de la mort vendredi de Mahsa Amini. Cette jeune Iranienne de 22 ans était tombée dans le coma après avoir été arrêtée par l’unité de police chargée de faire respecter le code vestimentaire de la République islamique pour les femmes, y compris le port du foulard en public.

— Agence France-Presse

Une personne meurt de faim toutes les quatre secondes

Une personne meurt actuellement de faim dans le monde toutes les quatre secondes, selon les estimations les plus sévères de plus de 200 organisations non gouvernementales (ONG), qui demandent aux dirigeants mondiaux réunis à New York « d’agir pour stopper la crise mondiale de la faim ». « Les organisations venant de 75 pays ont signé une lettre ouverte pour exprimer leur indignation face à l’explosion du nombre de personnes souffrant de la faim et pour faire des recommandations, alors que 345 millions de personnes dans le monde souffrent de faim aiguë, un nombre qui a plus que doublé depuis 2019 », souligne ce regroupement de 238 ONG dans un communiqué. Cette lettre ouverte est publiée à l’occasion du début de la réunion annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU, où un grand nombre de dirigeants politique mais aussi de représentants de la société civile se retrouvent pendant une semaine pour ce qui est considéré comme le plus important rassemblement diplomatique du monde.

— Agence France-Presse

Caraïbes

L’ouragan Fiona s’est renforcé et se dirige vers Turks et Caicos

L’ouragan Fiona, qui a gagné en puissance pour atteindre la catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson, se dirigeait mardi vers les îles Turks et Caicos après avoir tué cinq personnes et provoqué inondations et coupures de courant dans les Caraïbes. Avec ses vents soufflant jusqu’à 185 km/h, « Fiona est le premier ouragan majeur de la saison 2022 des ouragans dans l’Atlantique » et doit encore se renforcer, selon le Centre national des ouragans (NHC), établi à Miami. Dans son sillage, un homme est mort en Guadeloupe, deux en République dominicaine et deux autres à Porto Rico. Fiona a provoqué des dégâts « catastrophiques » à Porto Rico selon le gouverneur de ce territoire américain, Pedro Pierluisi, et le président Joe Biden y a déclaré l’état d’urgence.

— Agence France-Presse

Hong Kong

Arrêté pour avoir joué l’hymne britannique à l’harmonica en hommage à Élisabeth II

Un habitant de Hong Kong qui avait joué l’hymne britannique à l’harmonica pour la foule amassée devant le Consulat britannique durant les funérailles de la reine Élisabeth II a été arrêté pour sédition, ont indiqué la police et les médias locaux mardi. Des centaines de personnes s’étaient amassées lundi soir devant le consulat, regardant la cérémonie sur leurs téléphones intelligents, allumant des bougies et déposant des fleurs. L’homme a commencé à jouer de l’harmonica, selon un journaliste de l’AFP, interprétant notamment l’hymne britannique et « Gloire à Hong Kong », une chanson qui avait été populaire durant les manifestations prodémocratie il y a trois ans. Mardi, la police a indiqué qu’un homme de 43 ans avait été arrêté devant le consulat pour « actes de sédition ». Les autorités ont confirmé qu’il s’agissait de l’homme à l’harmonica.

— Agence France-Presse

Japon

Un homme s’immole par le feu près du bureau du premier ministre

Un homme s’est immolé par le feu mercredi matin (heure locale) près du bureau du premier ministre japonais à Tokyo pour protester contre les funérailles nationales controversées prévues le 27 septembre pour l’ancien premier ministre assassiné Shinzo Abe. Selon plusieurs médias locaux qui ont rapporté les faits, l’homme a été ensuite hospitalisé alors qu’il était inconscient. Selon TV Asahi, l’homme se serait immolé par le feu après avoir déclaré à la police qu’il était opposé aux funérailles nationales prévues pour Shinzo Abe. D’après l’agence de presse Kyodo, un message de protestation contre cet hommage a aussi été retrouvé à côté de lui.

— Agence France-Presse

L’ONU met en garde contre un « hiver de grogne »

Le secrétaire général de l’ONU a mis en garde mardi à l’ouverture de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies contre un « hiver de grogne qui se profile à l’horizon », dans un monde « paralysé » par les divisions alors que les crises s’amoncellent, de la guerre en Ukraine au réchauffement climatique.

« La crise du pouvoir d’achat se déchaîne, la confiance s’effrite, les inégalités explosent, notre planète brûle », et malgré tout, « nous sommes bloqués par un dysfonctionnement mondial colossal », a déploré António Guterres en ouvrant cette semaine l’Assemblée générale des Nations unies.

« Ces crises menacent l’avenir même de l’humanité et le destin de la planète, a-t-il estimé. Ne nous berçons pas d’illusions […], un hiver de grogne mondiale se profile à l’horizon. »

Après le secrétaire général, pendant plusieurs jours, des dizaines de chefs d’État et de gouvernement du monde entier vont prendre la parole lors de cette grand-messe diplomatique annuelle qui reprend en personne après deux années perturbées par la COVID-19.

Parmi les dangers qui menacent le monde évoqués par le secrétaire général, l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui sera au cœur de cette semaine diplomatique de haut niveau. Avec notamment une intervention ce mercredi du président ukrainien Volodymyr Zelensky – par vidéo grâce à une autorisation spéciale votée la semaine dernière par les États membres – et un Conseil de sécurité jeudi avec les ministres des Affaires étrangères.

« Guerre suicidaire contre la nature »

S’en prenant aux grandes entreprises productrices d’énergies fossiles qui « se régalent » de profits gonflés par la guerre en Ukraine, António Guterres a d’ailleurs appelé les pays riches à taxer ces profits pour les « rediriger » en partie vers les pays subissant des « pertes et dommages » en raison des impacts dévastateurs des changements climatiques et vers les populations subissant l’inflation.

À deux mois de la conférence sur le climat de l’ONU COP27 en Égypte, « l’action climatique est passée au second plan » des autres crises, a-t-il également dénoncé, appelant à mettre fin à « notre guerre suicidaire contre la nature ».

En raison des funérailles de la reine Élisabeth II lundi, le déroulement de la semaine a été perturbé. Le président américain Joe Biden a ainsi décalé son discours à ce mercredi, alors que les États-Unis, pays hôte du siège des Nations unies, s’expriment traditionnellement dans les premiers.

Autre sujet de préoccupation de la communauté internationale, le programme nucléaire de l’Iran, dont le président Ebrahim Raïssi est également à New York pour  sa première Assemblée générale.

Il a notamment discuté longuement mardi avec Emmanuel Macron, qui l’a encouragé ces derniers mois lors d’entretiens téléphoniques à accepter les conditions proposées par les Européens pour redonner vie à l’accord nucléaire de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique en échange de la levée de sanctions asphyxiant son économie.

Cette semaine de haut niveau compte en revanche quelques absents de marque, en particulier les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping.

— Agence France-Presse

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