Fermeture des écoles à Montréal

Petite tempête, grosse surprise

Une dizaine de centimètres de neige à Montréal, mardi, c’était prévu. Les fermetures d’écoles et de services de garde scolaires ? Ça, ç’a été une surprise pour bon nombre de parents et d’enfants de la métropole qui, à la fenêtre, cherchaient des yeux la tempête.

Le premier surpris de la fermeture d’écoles à Montréal, c’est Yves Désautels, « Monsieur Circulation » à Radio-Canada, lève-tôt au possible.

« À l’extérieur de Montréal, à Mascouche, à Terrebonne, ça, je comprends, il y avait quelques sorties de route. Mais à Montréal, quand j’ai commencé ma journée de travail, les grandes artères étaient déjà dégagées. »

Comment les centres de services scolaires prennent-ils leurs décisions ? Y a-t-il des barèmes météorologiques selon lesquels les écoles sont fermées lorsqu’il y a du verglas ou un seuil minimum de neige assortie ou pas de poudrerie ?

Pour toute réponse, le centre de services scolaire de Montréal nous a dit d’aller sur le site internet qui indique que « la décision est prise en concertation avec les quatre autres centres de services scolaires de l’île de Montréal, les transporteurs scolaires et la Société de transport de Montréal ».

La décision est prise tôt, indique-t-on sur le site. À 6 h du matin, si aucun message n’indique une fermeture, c’est qu’il y a école.

Mais ce n’est certes pas une science exacte, souligne Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec. Pour les centres de services scolaires, la décision n’est jamais évidente, fait-il observer.

« Parfois, ils sont trop prudents, ils auraient pu laisser les écoles ouvertes ; d’autres fois, ils auraient dû les fermer. »

— Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec

Mais assurément, dit-il, en temps de pandémie, pas facile pour les parents de travailler et de s’occuper des jeunes enfants en même temps, d’autant que les grands-parents ne peuvent pas être mis à contribution.

Ce que les centres de services scolaires veulent surtout éviter, c’est ce qui est survenu en Estrie en 2019. Les écoles étaient restées ouvertes malgré le mauvais temps. Plus la journée avançait, plus ça a dégénéré, au point que sept routes de la région ont été fermées en raison des forts vents et de la poudrerie. Résultat : bon nombre d’élèves sont restés coincés à l’école et on a bien cru qu’ils y dormiraient. En fait, vers minuit, les derniers élèves qui se trouvaient toujours dans les établissements ont été raccompagnés à la maison par des policiers appelés en renfort.

À Trois-Rivières, les écoles étaient ouvertes, mardi. Or, là comme dans certaines autres régions, des lecteurs nous ont signalé que c’était là une mauvaise décision dans la mesure où les routes étaient dangereuses pour les autobus scolaires comme pour tout autre véhicule.

À l’inverse, d’autres parents joints par La Presse se demandaient ce qui justifiait ce congé dans la mesure où les élèves du secondaire sont tout équipés pour faire l’école à distance, comme ils l’ont déjà tant fait. Une autre encore a fait remarquer que dans bon nombre de familles, cela avait amené des parents à « se mettre à risque en cherchant des solutions à 7 h du matin en transgressant les consignes sur la COVID-19. Les grands-parents et les amis ont aidé en ouvrant leur bulle familiale ».

Le problème de fermetures aussi surprenantes que celles de mardi, à Montréal, a-t-on aussi indiqué à La Presse, c'est que des parents déposent leur enfant à l’école et repartent travailler sans se douter que les portes puissent être closes avec une si petite neige.

« Heureusement que je suis en télétravail, sinon, mon enfant serait resté sans surveillance dans la cour. Comme les écoles ont les adresses de courriel de tous les parents, il serait plus prudent de prévenir », nous a dit une mère qui a demandé l’anonymat.

« Si on doit fermer les écoles toutes les fois qu’il y a 10 cm de neige au sol, ce sera ridicule », de lancer Sébastien Clermont, qui est Montréalais.

Au contraire, d’autres parents très zen ont dit qu’avec la pandémie, ils étaient habitués à tout cela.

Nathalie Kidouchim, elle, a souligné que « ce n’est pas comme si la vie de quelqu’un dépendait de ma présence au travail ou de la présence de ma fille à l’école ».

« Je suis bien heureuse que nous ayons pu en profiter pour jouer dehors et faire un peu de farniente. La vie est trop courte pour toujours la vivre sous pression. »

Pour un système de veille

Selon Kévin Roy, l’idéal, c’est que les centres de services scolaires adoptent un système de veille. « Dans notre région, en Estrie, la veille d’une tempête, les centres de services scolaires indiquent qu’il est possible, mais non certain, que les écoles soient fermées le lendemain. Ça évite que les parents soient pris au dépourvu. »

Il souligne, par ailleurs, que certains centres de services couvrent un grand territoire. Ainsi, dans sa région, « il arrive que ça soit plutôt tranquille à Coaticook, mais qu’il y ait du verglas à Lac-Mégantic ».

Mais selon ce qu’il s’est fait expliquer, le fait de fermer seulement certaines écoles du territoire « compliquerait trop la coordination de services entre les différents établissements ».

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