Débats des chefs

Les moments forts

Nos collaborateurs posent un bref regard sur le deuxième et dernier débat des chefs de la campagne électorale

Françoise David

J’ai aimé ce débat beaucoup moins cacophonique que le dernier. Enfin le mot « femmes » a été prononcé et j’ai aimé que Dominique Anglade parle du manque de places en service de garde en lien avec le droit des femmes au travail.

J’ai aimé que Gabriel Nadeau-Dubois demande au premier ministre de cesser de faire peur au monde et de s’occuper réellement d’environnement. Paul St-Pierre Plamondon a relevé avec justesse que seuls le PQ et QS avaient de vrais plans-climat.

Et finalement, l’idée totalement saugrenue d’Éric Duhaime de transformer magiquement des fonctionnaires en enseignants était assez divertissante ! Vivement le 3 octobre !

Benoît Pelletier

Durant ce débat civilisé, moins cacophonique que celui de TVA, les cinq partis politiques ont eu la chance de bien faire valoir leur point de vue respectif.

J’ai beaucoup aimé les interventions d’Éric Duhaime sur le troisième lien en début d’émission. Elles ont mis en relief l’absence d’études sérieuses de la part du gouvernement sur ce grand et onéreux projet. Duhaime a aussi reproché à François Legault d’avoir été irresponsable avec les enfants du Québec, en lien avec la question de la santé mentale. Ouf !

Paul St-Pierre Plamondon a été fort lorsqu’il a reproché à François Legault d’avoir mis trop d’argent dans les agences privées en matière de santé, ce qui aurait eu pour effet d’y attirer des infirmières qui auraient quitté le système public. Voilà qui expliquerait, selon Paul St-Pierre Plamondon, certaines des déficiences du réseau public. Les dangers de trop investir dans le privé sont bien ressortis.

Il n’y a pas eu de grand gagnant ou gagnante parmi les chefs. En fait, s’il y a un gagnant, c’est le citoyen lui-même, qui en sort mieux informé, car le débat était instructif, pédagogique, intéressant.

Louise Beaudoin

La formule plus traditionnelle de débat qui mise moins sur la confrontation que le Face-à-Face de TVA ainsi que l’animation très active de Patrice Roy ont rendu l’écoute plus agréable.

Que retenir des performances ?

Le premier ministre sortant a été meilleur que la semaine dernière. Il ne fait pas rêver, mais il est convaincant dans le genre « on fait ce qu’on peut ».

La cheffe libérale a sans doute gagné des points tant sur le fond que sur la forme, mais le PLQ est incapable de défendre avec conviction l’avenir de la langue française en Amérique. C’était déjà le cas en 1977 lors de l’adoption de la loi 101, ça l’est encore en 2022.

PSPP est resté au sommet : ses argumentaires sur les CPE à l’abandon, sur les pétrolières qui nous volent ainsi que sur le français, ajoutés à son refus de prêter éventuellement serment à Charles III, étaient clairs, nets et efficaces. Il n’y a plus de doute, après ce débat, les souverainistes doivent rentrer à la maison.

Catherine Morissette

À l’aube du vote par anticipation, il est intéressant d’observer dans un débat des chef.fe.s vers qui les attaques sont dirigées, et par qui. Ce qui guide la direction des attaques, ce sont les sondages internes de chaque parti.

Si on avait été dans une partie de paintball, Éric Duhaime aurait pu se nettoyer rapidement avec une lingette humide. L’unique couleur, en très petite quantité, aurait été celle de la CAQ, ayant été presque ignoré par les autres partis.

Le plus peinturé aurait été sans équivoque François Legault, qui a été la cible de la très grande majorité des attaques. Son habit aurait probablement été bon pour la poubelle.

Monsieur Legault a nettement préféré viser Gabriel Nadeau-Dubois.

Nous pouvons tous en tirer nos propres conclusions, mais il semble que le PCQ, le PQ et le PLQ touchent une partie plutôt négligeable de l’électorat, en comparaison de la CAQ et de QS.

Joanne Marcotte

Sur la performance des chefs, je n’ai pas vu un Legault plus enthousiaste d’y être, une « nouvelle Dominique » non plus. PSPP a dû énormément plaire aux indépendantistes purs et durs et le discours vaporeux de GND rendait difficile d’y voir des solutions plus concrètes.

J’ai donc apprécié les réponses claires et précises d’Éric Duhaime. Par exemple, le chef du PCQ propose les plus importantes baisses d’impôt sans toucher au Fonds des générations, d’éliminer la TVQ sur les voitures usagées et d’abolir la taxe de bienvenue.

Mais c’est sur le thème des soins à domicile aux aînés, de la santé mentale et des conséquences de la pandémie sur les jeunes que j’ai reconnu la sensibilité et la compassion d’Éric Duhaime. En ce sens, je ne suis pas certaine que le premier ministre Legault s’est rendu service en imposant à Duhaime un retour sur l’épisode pandémique.

Enfin, si, à la fin, la plus grande préoccupation de Duhaime est le pouvoir d’achat des Québécois, je pense qu’il est celui qui a visé le plus juste.

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