Afrique du Sud

80

Après le viol collectif de 8 femmes, suscitant un immense choc dans ce pays pourtant habitué aux crimes violents, plus de 80 personnes ont comparu lundi devant un tribunal. Elles sont toutefois poursuivies au motif qu’elles sont entrées illégalement dans le pays et possèdent des biens volés. (AFP)

Irak

Manifestations rivales à Bagdad sur fond de tensions politiques

Illustrant le bras de fer qui déchire l’Irak, les rivaux politiques de Moqtada Sadr ont manifesté par milliers lundi à Bagdad, au moment où les partisans du puissant leader chiite poursuivaient leur sit-in au Parlement. La tension est montée d’un cran après le rejet par M. Sadr du candidat au poste de premier ministre présenté par ses adversaires, les factions chiites pro-Iran qui forment l’influent Cadre de coordination. Trublion de la vie politique, M. Sadr a démontré qu’il était capable de mobiliser les foules pour faire avancer ses pions : à deux reprises en quelques jours ses partisans ont envahi le parlement, y installant depuis samedi un campement. Maintenant, c’est au tour de ses adversaires : lundi après-midi quelques milliers de manifestants ont envahi, l’espace de quelques heures seulement, une avenue menant à la Zone verte, secteur ultra-sécurisé abritant institutions gouvernementales, ambassades occidentales et où se trouve le parlement. « Le peuple n’autorisera pas un coup d’État », pouvait-on lire sur les pancartes des nouveaux manifestants, qui ont brandi des drapeaux irakiens.

— Agence France-Presse

Élections au Sénégal

L’opposition et le camp présidentiel se disputent la victoire

L’opposition a affirmé lundi avoir « gagné les élections » à l’Assemblée nationale, après la revendication par le camp présidentiel de la victoire aux législatives de dimanche au Sénégal. « Ce qui est indéniable, c’est que c’est nous qui remportons cette élection », a affirmé Khalifa Sall, l’un des leaders de l’opposition, au cours d’une conférence de presse de sa coalition. « Nous avons gagné et nous n’accepterons pas qu’on nous vole notre victoire », a-t-il poursuivi. Dimanche dans la nuit, Aminata Touré, tête de liste de la coalition présidentielle, a assuré avoir gagné 30 départements, sur les 46 que compte le Sénégal et des circonscriptions à l’étranger, tout en reconnaissant la défaite à Dakar, la capitale. « Ceci nous donne incontestablement une majorité à l’Assemblée nationale », avait-elle déclaré. Ces élections, à un seul tour, visent à renouveler pour cinq ans les 165 sièges du Parlement, largement contrôlé par le camp présidentiel.  

— Agence France-Presse

Libye

HRW accuse Frontex de faciliter le refoulement de migrants

Human Rights Watch (HRW) a accusé lundi l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex de soutenir, à l’aide d’un drone notamment, « les efforts des forces libyennes pour intercepter les bateaux » de migrants, malgré des « preuves accablantes de torture et d’exploitation en Libye ». L’Union européenne a « retiré ses propres navires et installé un réseau de moyens aériens gérés par des sociétés privées » pour aider au refoulement des migrants et réfugiés vers les côtes libyennes, souligne l’ONG dans un rapport accablant. Et depuis mai 2021, l’agence de l’Union européenne Frontex a « déployé un drone au départ de Malte », dont « les schémas de vol montrent le rôle crucial qu’il joue dans la détection des bateaux à proximité des côtes libyennes », ajoute l’ONG. Frontex transmet « les informations du drone aux autorités côtières, dont la Libye », malgré « des preuves accablantes de torture et d’exploitation de migrants et de réfugiés en Libye », est-il souligné. Selon la même source, « Frontex affirme que la surveillance est destinée à aider au sauvetage, mais les informations facilitent les interceptions et les retours en Libye ».

— Agence France-Presse

Sri Lanka

Appel urgent aux dons pour lutter contre la malnutrition infantile

Le Sri Lanka a lancé lundi un appel urgent aux dons afin de lutter contre la malnutrition infantile qui s’accroît rapidement dans le pays en faillite où 90 % des résidants sont dépendants des aides de l’État. Le ministère de la Condition féminine et de l’Enfance a annoncé faire appel aux dons privés pour financer une aide destinée à des centaines de milliers d’enfants souffrant de malnutrition, l’État en faillite n’étant plus en mesure de maintenir l’aide sociale. « Au plus fort de la pandémie de COVID-19, le problème était grave, mais à présent, la crise économique a aggravé la situation », a déclaré le secrétaire du ministère Neil Bandara Hapuhinne. Selon M. Hapuhinne, une enquête menée l’an passé a montré que 127 000 des 570 000 enfants âgés de moins de 5 ans souffraient de malnutrition. Depuis, l’inflation bat des records avec des pénuries de nourriture et de produits essentiels devenues chroniques, et M. Hapuhinne estime que ce nombre s’est probablement démultiplié, mais une nouvelle enquête doit encore être effectuée. Le Sri Lanka est actuellement en pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI), en vue d’un éventuel renflouement, mais les responsables estiment que le processus pourrait prendre des mois.  

— Agence France-Presse

Anéantissement nucléaire

À « un malentendu » d’une catastrophe

L’humanité n’est qu’à « un malentendu » de l’« anéantissement nucléaire », a mis en garde lundi le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, réveillant un parfum de guerre froide tandis qu’États-Unis, Royaume-Uni et France appelaient la Russie à mettre un terme à sa « rhétorique nucléaire ».

Décrivant des crises qui « s’enveniment, avec des tonalités nucléaires », du Moyen-Orient à la péninsule coréenne et à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, António Guterres a largement exprimé ses craintes d’une escalade.

« Nous avons été extraordinairement chanceux jusqu’à présent. Mais la chance n’est pas une stratégie ni un bouclier pour empêcher les tensions géopolitiques de dégénérer en conflit nucléaire », a-t-il déclaré à l’ouverture d’une conférence des 191 pays signataires du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

« Aujourd’hui, l’humanité est à un malentendu, une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire », a-t-il martelé, estimant qu’un tel « danger nucléaire n’a pas été connu depuis l’apogée de la guerre froide ».

« L’humanité est en danger d’oublier les leçons de l’embrasement terrifiant d’Hiroshima et Nagasaki », a ajouté le chef de l’ONU, qui sera à Hiroshima le 6 août pour l’anniversaire du bombardement.

Une inquiétude partagée par le président de cette conférence qui se tient jusqu’au 26 août au siège des Nations unies à New York. « La menace posée par les armes nucléaires […] est revenue au même niveau que pendant la guerre froide », a déclaré le président désigné de la 10e Conférence d’examen des parties du TNP, l’Argentin Gustavo Zlauvinen.

« Si nous avons appris quelque chose de la pandémie, c’est que les évènements à faible probabilité peuvent se produire, avec un préavis réduit ou sans préavis, avec des conséquences catastrophiques pour le monde. C’est la même chose pour les armes nucléaires », a-t-il ajouté.

Moment critique

Cette réunion des parties au TNP, reportée plusieurs fois depuis 2020 en raison de la COVID-19, est donc une « opportunité de renforcer ce traité et de le mettre en adéquation avec le monde d’aujourd’hui », a déclaré António Guterres, espérant une réaffirmation de la non-utilisation de l’arme nucléaire, mais aussi de « nouveaux engagements » pour réduire l’arsenal.

Le TNP, qui fait l’objet d’un examen tous les cinq ans, vise à empêcher la propagation des armes nucléaires, favoriser un désarmement complet et promouvoir la coopération pour l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.

Mais lors de la dernière conférence d’examen en 2015, les parties n’avaient pas pu parvenir à un accord sur les questions de fond.

— Agence France-Presse

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