Courrier

Armes à feu

Les textes de notre éditorialiste Alexandre Sirois et du sergent-détective André Gélinas sur les armes à feu ont suscité un courrier abondant. Voici quelques-unes de vos réactions.

Dangereux voisin

Le Québec est malheureusement voisin d’un pays qui se radicalise à outrance depuis de très longues années, avec l’appui de l’industrie des armes qui fait fi des vies humaines tout comme les cartels de la drogue… Détruire est leur mot d’ordre et l’adoration du veau d’or, leur motivation… Allons-nous réussir à protéger notre Belle Province de cette influence voisine néfaste ?

– Viviane Poirier

Une autre bourde

Je suis moi-même chasseur et propriétaire d’arme de chasse. Je ne comprends pas vraiment le besoin de posséder une arme dite de style militaire. Il faut savoir que ce n’est qu’une faible proportion de gens qui possède ce type d’arme comparé à l’ensemble de ceux qui ont des armes standards. Je ne crois pas que ce soit la peur des lobbys. Je crois que ce gouvernement est incapable de gouverner, point final. Des programmes de ce type ont vu le jour très rapidement ailleurs et sans option de retrait. C’est ce que nous devrions avoir ici, point final. Une autre bourde et une absence de gouvernance à ajouter à la liste, très triste…

– Marc Tremblay

Peine sévère

Il suffirait de condamner à 10 ans de prison toute personne ayant en sa possession une arme de poing illégalement détenue. Même les pires bandits n’en auraient plus.

– Jean Paquet, Chambly

À Valérie Plante d’agir

Que les politiciens mettent leurs culottes. Que la mairesse de Montréal confronte avec détermination les défenseurs de la circulation des armes à feu sans plus de restrictions et elle gagnera l’estime de ceux qui lui reprochent ses idéaux environnementalistes démesurés. Ainsi pourra-t-elle rayonner au sein d’une plus grande communauté de supporters, ce qui constitue sa plus grande préoccupation.

– Jean-Guy Grenier

Le plat de bonbons

Avant longtemps, on va se retrouver comme aux États-Unis. Trudeau n’a pas le courage d’agir comme il se doit. Comme disait un de mes amis : donne-moi trois bonnes raisons de permettre la possession d’un revolver. Pour se défendre ? De qui ? De celui qui en possède un pour se défendre… Drôle de raisonnement. Pourquoi laisser aux municipalités le contrôle de ces armes alors qu’elles n’en ont pas les moyens ? Quant aux armes de « guerre », ne pas obliger de les remettre, c’est comme dire à un enfant : ne mange pas de bonbons alors qu’un plein plat traîne sur la table. On sait très bien que les conservateurs vont tout faire pour empêcher ou retarder l’adoption de la loi, laissant ainsi à leurs amis tout le temps qu’il faut pour se procurer toutes les armes qu’ils désirent. C’est un projet de loi sans aucune signification, qui n’aura aucun effet.

– Georges Cloutier

Demi-mesure

J’ignore qui sont les conseillers de M. Trudeau, mais les résultats sont là : tergiversation, demi-mesures, patinage artistique de niveau olympien. Comme si ménager la chèvre et le chou quand on parle d’armes à feu est une façon de régler ce fléau qui couve. Je comprends qu’il y a nombre de citoyens responsables et équilibrés qui possèdent des armes pour la chasse. Mais pour quelle raison aurait-on besoin d’un fusil semi-automatique ? Il faut être un très mauvais chasseur si on doit tirer 50 projectiles pour atteindre le gibier !

– Matthieu Brunet, Mont St-Hilaire

Appliquer la loi

Le problème des armes de poing n’est pas la réglementation très sévère, mais l’application. À quoi servira un renforcement de la législation pour enfin ne pas la mettre plus en pratique ? Le port d’armes est déjà interdit au public sans un permis très difficile à obtenir. Les maires peuvent bien demander au gouvernement fédéral d’interdire les armes de poing, mais qui appliquera la loi ? Les mêmes qui ne font rien présentement ? On obtiendra les mêmes résultats. La création d’une loi ne règle pas un problème, c’est l’application rigoureuse qui donne les résultats escomptés. Que les gouvernements donnent l’ordre d’appliquer rigoureusement la loi sur les armes de poing avant d’en demander plus.

– Réjean Durocher, Montréal

En réaction à « Qui aura le courage de s’attaquer à ce commerce de mort ? »

Un commerce organisé

Qui aura le courage d’arrêter le commerce illégal d’armes sur les réserves autochtones ? On connaît le problème, on le laisse se développer, s’amplifier, et c’est très difficile d’y mettre fin parce que c’est hyper organisé.

– Alain Brochu, Québec

Lâcheté

L’inaction, le manque de courage, de volonté, de conviction, de sens d’urgence sont des qualificatifs qui marqueront le règne de notre premier ministre. Un comédien plus intéressé à jouer le rôle de chef d’État qu’à en devenir un. La majorité des citoyens veulent vivre dans un pays sans armes, en toute sécurité. Pourtant, ici, on fait des promesses aux électeurs, mais on n’a aucune parole. Ailleurs dans le monde, on a démontré par des actions rapides et concrètes que les armes n’ont pas leurs place en société et on a agi avec responsabilité. La lâcheté de notre chef d’État, plus intéressé à la petite politique que de vraiment en finir avec ce fléau, a conduit à cette législation illogique et troublante. Rien n’est réglé, au contraire, sauf dans sa perception des choses et dans celle de son entourage.

– Michel Damphousse

Tout le monde le sait

Enfin quelqu’un qui dit ce que tout le monde sait depuis une décennie sur la façon dont le trafic d’armes ce produit. Que se soit pour le tabac, l’alcool, la drogue, les armes, tout le monde sait très bien où il faut aller pour s’en procurer, et c’est l’endroit où les services policiers se font mettre le plus de bâtons dans les roues pour agir. On devrait au moins faire des lois qui donneraient des peines minimales pour la possession illégale d’armes à autorisation restreinte (un an de prison) ; ça ferait peut-être réfléchir certains criminels.

– Michel Murray, Repentigny

Une estimation, svp

Quand vous soulignez que tous les territoires à l’intérieur de nos frontières doivent être l’objet de l’intervention de ces groupes spécialisés pour lutter contre le commerce des armes illégales, voulez-vous indiquer que cela couvrira également les réserves autochtones ? Si oui, pourquoi ne pas le dire et afficher le pourcentage probable des armes illégales qui transitent par ces territoires ?

– Jacques Leroux

La principale porte d’entrée

Le mot est lâché : territoire autochtone. Akwesasne, pour ne pas le nommer, est la principale porte d’entrée au Canada pour les armes illégales. De par sa situation géographique exceptionnelle, elle fait entrer sans être aucunement dérangée les commandes des Hells et de toutes les autres bandes criminelles. Un secret de polichinelle. Il n’y a pas de crime organisé sans complicité de l’État et le fédéral, ici, en est le plus bel exemple.

– Marcel Plante

Les mauvaises cibles

J’ai été procureur de la poursuite pendant 33 ans dont, quatre en collaboration avec le module gangs de rue du SPVM (aujourd’hui démembré), et j’ai constaté que les armes saisies étaient toutes de provenance illégale. Plusieurs d’entre elles provenaient du trafic avec les entités mentionnées dans votre article. Il est évident que les décideurs politiques n’osent pas s’attaquer aux bonnes cibles. Aucun territoire du Canada ne devrait être exempté de l’application de la loi. Au cours de ma carrière, j’ai connu une multitude de changements resserrant la loi sur les armes à feu, mais l’utilisation illégale à toujours été florissante. Seuls les possesseurs légitimes, chasseurs, collectionneurs, tireurs sportifs, furent restreints et pénalisés par toutes ces dispositions. Nos décideurs devront avoir le courage de s’attaquer à la véritable cause de la prolifération des armes illégales. De plus, on devrait reformer une escouade gangs de rue qui a fait ses preuves dans le passé.

— Laurent-Claude Laliberté

Levez-vous !

Levez-vous ! En quoi et comment le lobby proarmes constitue-t-il une force à ce point pesante, influente et inquiétante, sinon pour des politiciens davantage préoccupés de leur réélection que de sécurité publique ? Je pense que la vaste majorité des citoyens estime qu’on devrait défendre complètement la possession d’armes, quelles qu’elles soient (outre, strictement, les armes de chasse). Je serais bien curieux (et favorable) de voir ce sujet soumis à un référendum. Nous constatons tous les jours, avec étonnement et effroi, les effets dévastateurs, chez nos voisins américains, d’une approche laxiste concernant les armes, justifiée par une Constitution désuète écrite à une autre époque, dans un contexte différent. Nous nous réjouissons du fait de pouvoir vivre dans nos villes en relative sécurité, sans craindre à tout moment d’être les victimes directes ou collatérales d’une utilisation d’armes à feu facile et banalisée. Nos lois, et les politiciens qui les imaginent et les pilotent, doivent avoir du mordant. On ne veut pas d’un gouvernement d’édentés se contentant de demi-mesures parce qu’il redoute de déplaire aux amateurs de Rambo qui prétendent défendre leurs libertés individuelles et leur intégrité physique par la possession d’armes. En notre nom, levez-vous !

— Marc Paquin, Montréal

Enfin

Enfin un discours intelligent et compétent sur la question des armes à feu. À force d’être pris dans la rectitude politique, on nie les vrais problèmes…

— Hélène Labrie

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