Bilan routier de la SQ

Hausse des collisions mortelles malgré le confinement

Plus de collisions mortelles en 2020 qu’en 2019 malgré le télétravail et les restrictions sanitaires. Avec les frontières fermées – pandémie oblige –, plus de Québécois ont pris la route chez eux en voiture ou à moto, explique la Sûreté du Québec (SQ), qui remarque aussi une nette hausse des distractions au volant de la part des conducteurs.

L’année du Grand Confinement est marquée par une hausse du nombre de collisions mortelles par rapport à 2019. En 2020, on est passé de 217 à 228 accidents ayant causé la mort sur le territoire de la SQ. On demeure sous la moyenne des cinq dernières années, qui est de 236 collisions.

« Ça nous surprend. On se serait attendus à une baisse étant donné qu’il y a moins de monde sur les routes », admet Paul Leduc, responsable du service de la sécurité routière à la SQ.

De mars à mai, on compte à peine une trentaine de collisions, alors que la norme se situe à 30 par mois. Il y a eu une explosion des déplacements entre les régions, avec la frontière américaine fermée et les voyages déconseillés, évoque-t-il. Les gens ont également délaissé les transports en commun par crainte de transmission du virus.

Dans la moitié des régions de la province, on note une hausse (voir tableau). Dans la région de Lanaudière, le nombre d’accidents a presque doublé.

« Nous n’avons pas encore déterminé de cause précise, mais nous allons nous ajuster et nous assurer de faire de la prévention », indique le capitaine.

Vitesse… et textos

La vitesse est à l’origine d’environ 30 % des accidents mortels de la dernière année. La cause numéro deux n’est plus la conduite avec les facultés affaiblies. La distraction et l’inattention au volant ont causé 14 % des collisions.

« Les textos tuent presque autant que la vitesse », constate le capitaine Leduc. Quelques mois auparavant, il a lui-même interpellé un chauffeur qui manœuvrait le volant de sa voiture avec ses genoux. Ses mains étaient occupées à clavarder sur son téléphone. « Il m’a confié qu’il répondait à sa conjointe pour choisir quelle pizza ils commanderaient pour souper. C’est aussi anodin que ça. Aucun texto ne vaut votre vie ou celle des autres. »

Les prochaines campagnes de prévention et opérations concertées viseront principalement ce fléau.

Près de 20 % des victimes mortes dans ces collisions routières ne portaient pas la ceinture de sécurité. « C’est surprenant que cette tendance qu’on pensait avoir éliminée soit à la hausse », s’étonne Paul Leduc.

On note une baisse d’accidents impliquant des conducteurs ou passagers âgés de 18 à 24 ans. « Les plus jeunes ont longtemps été surreprésentés [dans les accidents de la route]. Désormais, le groupe des 65 ans et plus est plus touché. Il représente 33 % des victimes », explique M. Leduc.

On recense 18 piétons et 6 cyclistes morts. Le nombre de piétons morts a légèrement diminué par rapport à l’année précédente, où on en signalait 21. Par contre, c’est un cycliste de plus qui a perdu la vie en 2020. On est au-dessus de la moyenne des cinq dernières années, qui est de quatre cyclistes.

Hausse des accidents à motocyclette

Le capitaine Leduc note une hausse marquée des accidents de motocyclette l’été dernier. Au total, 52 collisions impliquant au moins une motocyclette sont survenues en 2020. Ces malheureux évènements ont coûté la vie à 54 personnes, contre 40 en 2019. On est largement au-dessus de la moyenne des cinq années précédentes, qui est de 41.

« Cet hiver, on garde l’œil sur les motoneiges. On nous signale qu’on bat des records de vente de motoneiges cet hiver en contexte de pandémie. Encore une fois, on souhaite que les gens profitent de l’hiver, mais sans accident », souligne Paul Leduc.

Il s’agit d’un bilan provisoire, dont les données remises à la Société de l’assurance automobile du Québec serviront pour produire des statistiques plus précises. Les détails concernant le moment de la journée où les collisions sont plus fréquentes ou les points plus névralgiques du réseau routier n’ont pas été dévoilés. Il y a fort à parier que le couvre-feu ou encore la circulation matinale moins dense attribuable au télétravail changent la donne ces derniers mois. « On adapte nos stratégies de surveillance routière selon ces changements. On vise des actions ciblées, donc si on remarque plus de véhicules sur la route à une certaine heure. Nous, notre but, ça reste de sauver des vies. »

Des milliers de litres d’essence dans un ruisseau montréalais

L’un des derniers ruisseaux à avoir survécu à l’urbanisation de l’île de Montréal a été pollué par des milliers de litres d’essence après une bête erreur humaine, la semaine dernière, à Dorval.

Un livreur de carburant a pompé 20 000 litres d’essence dans un réservoir d’huiles usées d’une capacité de 5000 litres au garage du locateur d’autos Enterprise, à la limite des terrains de l’aéroport Montréal-Trudeau.

C’est une citoyenne qui a remarqué des traces d’hydrocarbure dans le ruisseau Bouchard, qui passe tout près.

« La source du déversement a été déterminée le 6 janvier », a indiqué Frédéric Fournier, du ministère de l’Environnement.

Le surplus de milliers de litres d’essence qui ont débordé du réservoir (logiquement entre 15 000 et 20 000 litres) « s’est dirigé sur le terrain voisin de l’aéroport de Montréal, pour ensuite emprunter son système d’égout pluvial et se jeter dans le ruisseau Bouchard », a indiqué M. Fournier. « Toutefois, la quantité exacte d’essence rejetée dans le milieu hydrique reste indéterminée. »

Le ruisseau Bouchard est l’un des derniers à n’avoir été ni asséché ni totalement canalisé avec le développement urbain de Montréal. Il traverse des terrains de l’aéroport, des secteurs industriels et un quartier résidentiel avant de se jeter dans le Saint-Laurent à quelques centaines de mètres de l’hôtel de ville de Dorval. « Son bassin versant mesure près de 9,1 km2 et est imperméabilisé sur 55 % de sa surface », selon un document municipal.

Son état, extrêmement précaire, inquiète depuis longtemps.

Nettoyage et surveillance

Le déversement de la semaine dernière n’améliorera pas son état.

Une fois le problème découvert, une intervention s’est mise en branle, à laquelle ont pris part notamment les pompiers de Montréal, les services environnementaux de la Ville de Montréal, une entreprise privée de pompage et le service Urgence-Environnement du ministère de l’Environnement.

L’aéroport de Montréal a aussi envoyé des équipes. Elles ont « offert leur collaboration lors de l’opération de pompage », a indiqué la porte-parole Anne-Sophie Hamel, qui précise que les activités de l’aéroport n’ont pas été touchées.

La firme Enterprise a ouvert une enquête sur l’incident, qui s’est produit près de l’intersection de la Côte-de-Liesse et de la rue Jean-Paul-Laframboise.

« Nous sommes attristés par cet accident et nous travaillons en étroite collaboration avec tous les acteurs impliqués – ainsi que l’entreprise qui livre l’essence – afin d’en comprendre les détails, a indiqué la porte-parole Lisa Martini. Des efforts ont été déployés pour contenir la situation. Nous continuons à travailler pendant que nos efforts d’enquête et de nettoyage continuent. »

Les autorités provinciales suivront le dossier de près.

« Urgence-Environnement s’est assuré que les travaux de récupération d’essence se poursuivent tant et aussi longtemps qu’il y avait présence du contaminant, a indiqué Frédéric Fournier. Ces travaux se sont poursuivis jusqu’en fin de journée le 7 janvier. À noter que la Ville effectuera un suivi terrain concernant le ruisseau Bouchard jusqu’au printemps et s’il y avait constatation de contamination, les travaux requis seront exigés. »

La famille de Meng Wanzhou en visite au Canada

Le mari de Meng Wanzhou et deux des enfants de cette dernière ont reçu l’autorisation d’Ottawa de venir de Chine pour visiter la directrice financière de Huawei à son domicile de Vancouver, où elle est assignée pendant les audiences sur son extradition.

« Les représentants d’IRCC [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada] ont autorisé la famille de Mme Meng à se rendre au Canada. Cette décision a été prise conformément aux lois canadiennes et aux directives émises pour les voyageurs », a indiqué mercredi dans un courriel Syrine Khoury, porte-parole d’un autre ministère, celui des Affaires étrangères.

C’est le réseau anglophone CTV qui a confirmé le premier cette information ayant fait surface alors que la femme d’affaires de 48 ans est devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique pour réclamer un assouplissement de ses conditions de liberté sous caution, craignant d’attraper la COVID-19 au contact des agents de sécurité qui l’accompagnent dans tous ses déplacements.

En raison de la pandémie, la frontière canadienne a été fermée aux voyageurs étrangers, sauf s’ils visitent des membres de leur famille qui sont des citoyens canadiens ou des résidents permanents – ce qui n’est pas le cas de la numéro deux du géant chinois des télécommunications Huawei. En revanche, un étranger dont un membre de la famille immédiate se trouve temporairement au Canada peut obtenir une exemption.

Cette autorisation spéciale du gouvernement, deux des enfants de Meng Wanzhou ainsi que son mari, Liu Xiazong, ont réussi à l’avoir. Ils ont pu entrer sur le sol canadien à la fin de l’année en vertu d’une exemption accordée par un représentant d’IRCC –, décision dont le titulaire du Ministère, Marco Mendicino, a été informé, selon nos renseignements.

Depuis son arrestation à l’aéroport de Vancouver par les autorités canadiennes, à la demande des États-Unis, le 1er décembre 2018, Mme Meng est assignée à sa résidence cossue de la métropole britanno-colombienne. Elle est notamment accusée par la justice américaine d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran et d’avoir comploté pour frauder des institutions bancaires.

Quelques jours plus tard, soit le 10 décembre 2018, le régime chinois a arrêté et détenu deux ressortissants canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor. Les deux hommes, sous le coup d’accusations d’espionnage, sont derrière les barreaux depuis ; ils ont droit à de brèves visites consulaires une fois par mois, mais ils n’ont pas accès à un avocat et peuvent encore moins recevoir des membres de leurs familles.

Le plus récent accès consulaire de représentants de l’ambassade du Canada à Pékin et de l’ambassadeur du Canada en Chine, Dominic Barton, remonte à la mi-décembre. Les visites aux hommes ont été interrompues plusieurs mois en raison des risques associés à la propagation du nouveau coronavirus, et depuis, elles ont lieu seulement de façon virtuelle.

« La détention arbitraire de Michael Kovrig et de Michael Spavor est inacceptable. Nous continuons de demander leur libération immédiate », a déclaré la porte-parole Syrine Khoury, ajoutant qu’« au cours des derniers mois, le Canada a établi un accord visant à accroître les services consulaires pour Michael Kovrig et Michael Spavor, ainsi que l’accès à leur famille ». La nature de l’accord évoqué n’a pas été précisée.

— Avec l’Agence France-Presse

Prostitution juvénile à Laval

L’accusé prétend qu’il tentait de charmer la policière

Vincent-Alexandre Brodeur affirme avoir rapidement « fermé la porte » lorsqu’on lui a proposé les services sexuels d’une jeune escorte en juin 2018. Il cherchait plutôt à séduire l’agente d’infiltration (AI) de la police de Laval, a-t-il raconté au jury, mercredi, à son procès pour obtention de services sexuels d’un mineur moyennant rétribution.

La version de l’homme de 45 ans est ainsi aux antipodes de celle de la policière concernant la question cruciale de l’âge des escortes. Si la policière a témoigné mardi lui avoir répété à plusieurs reprises que les trois filles avaient 16 ans, Vincent-Alexandre Brodeur a maintenu mercredi n’avoir jamais été informé de l’âge des filles dont il s’apprêtait à obtenir les services.

Le « représentant des ventes » sur la route et ancien enseignant était un habitué des services d’escorte en 2018. Ce matin-là, il avait appelé plusieurs sites avant d’être attiré par l’annonce de « Kate, jeune débutante », publication fictive créée par la police de Laval dans le cadre d’une opération visant les clients de prostitution juvénile.

Au téléphone, il explique à « Chloé » – interprétée par l’AI – qu’il cherche une expérience « intime » et « authentique » avec une escorte, comme si elle était sa « femme ». Un « jeu de charme » s’installe alors avec la policière, note-t-il. « J’espérais qu’il se passe quelque chose avec Chloé », dit-il.

Mais « Chloé » lui propose les services de trois filles, dont Kate. Sauf que celle-ci a « l’air de 16-17 ans », ajoute-t-elle. Cette information le surprend tellement qu’il « prend quasiment le champ » en voiture. « J’ai un blocage important. Oui, je suis quelqu’un qui consommait des services d’escorte, mais jamais, en aucun temps, je n’ai jamais eu d’intérêt pour ça », explique-t-il. Il tenait d’ailleurs « pour acquis » qu’il n’y avait pas de mineures sur ces sites « légaux ».

Il continue son « jeu de charme » avec la policière infiltrée. Mais celle-ci l’invite plutôt à venir à l’hôtel pour rencontrer les deux autres filles disponibles. Près des lieux, l’accusé sent que quelque chose cloche et craint qu’on le vole. Il soutient en effet s’être fait voler à « quelques reprises » dans un contexte similaire. Ces mauvaises expériences demeurent toutefois floues en contre-interrogatoire.

Une fois dans la chambre de l’AI, celle-ci lui indique sèchement le nom de son escorte et lui tend un bol de condoms. « Ça va très, très, très vite », souligne-t-il. Puis, « out of nowhere », la policière le prévient de ne pas violenter les filles. Il est estomaqué par cet avertissement. Dans le corridor, elle insiste encore : « pas de violence, pas de sexe rough ».

« Je suis complètement déconnecté, je ne comprends pas ce qui se passe. Je ne sais pas, je ne comprends pas », raconte-t-il. Jamais, selon le récit de l’accusé, la policière n’a évoqué l’âge des deux filles dans la chambre, où des policiers l’attendaient, « fusil pointé ».

Dans un contre-interrogatoire serré, Vincent-Alexandre Brodeur a peiné à expliquer pourquoi il avait choisi l’annonce d’une « jeune débutante », alors qu’il recherchait plutôt les services d’une femme d’expérience. « C’est souvent le titre d’annonce pour attirer l’attention », a-t-il répondu avec beaucoup d’hésitation à la procureure de la Couronne MKarine Dalphond.

Son témoignage se poursuit jeudi au palais de justice de Laval.

Vandalisme à Westmount

Des croix gammées sur une synagogue

Un homme de 28 ans a été arrêté mercredi après-midi pour méfaits, après avoir apposé des croix gammées sur une synagogue orthodoxe de Westmount. D’après nos informations, le jeune homme tenait des propos pour le moins incohérents lors de son interpellation. Il a par la suite été rencontré par des enquêteurs de la Section des crimes haineux du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Pour l’instant, le suspect demeurera détenu jusqu’à sa comparution prévue jeudi, au palais de justice de Montréal. En soirée, François Legault, a déploré le « geste antisémite inacceptable ». À Ottawa, le chef libéral Justin Trudeau a critiqué l’acte « absolument odieux ». Sur les réseaux sociaux, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec (CIJA-Québec) a indiqué que « la communauté juive [était] choquée par l’attaque d’aujourd’hui contre la Congrégation Shaar Hashomayim à Westmount ».

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Deux grandes tours place Émilie-Gamelin

Un promoteur immobilier veut ériger deux grandes tours de 18 étages sur la place Émilie-Gamelin, un projet qui changerait le visage de ce secteur du centre-ville de Montréal. Les bâtiments, proposés par la firme Mondev, incluraient plus de 500 logements, ainsi que des commerces aux étages inférieurs. Ils seraient bâtis de part et d’autre de la rue Saint-Hubert, à l’intersection de la rue Sainte-Catherine. Des affiches ont récemment été installées dans le secteur afin d’annoncer qu’un comité se penchera sur une demande de démolition des bâtiments existants. Le projet jouit de l’appui de la Direction de l’aménagement urbain et de la mobilité de la Ville de Montréal. Le comité de démolition de l’arrondissement de Ville-Marie devra se prononcer sur le projet au début du mois de février. Les citoyens ont encore deux semaines pour lui faire parvenir leur opinion.

— Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Procès de Tony Accurso

Mercredi, en raison de difficultés avec le système de visioconférence de la Cour du Québec, nous avons attribué à tort certains propos à la juge qui préside le procès de Tony Accurso. C’est une avocate de la défense, et non la juge Mélanie Hébert, qui a dit craindre de transmettre le virus à son conjoint parce qu’il fait partie d’une catégorie des personnes à risque. Nos excuses.

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