Rentrée télé

Huit
tendances
télé
à suivre

Oubliez Faith Popcorn et les autres gourous visionnaires qui prédisent ce qui est in ou ce qui est out. Fiez-vous plutôt à ce bon vieux Nostradumas, dont la boule de cristal a vu le meilleur et le pire depuis l’invention du Videoway. Maintenant, en invoquant les esprits de (feu) Rencontres paranormales de Chantal Lacroix, voici un aperçu de huit tendances télévisuelles qui défileront dans vos écrans cet automne.

L’influence sud-coréenne

Deux populaires concepts de télé sud-coréenne débarquent chez nous cette semaine, soit Chanteurs masqués à TVA et Qui sait chanter ? sur Noovo. Dans Chanteurs masqués, un plateau flamboyant piloté par Guillaume Lemay-Thivierge, des artistes pousseront la note, vêtus de costumes élaborés. Avec l’aide des juges-enquêteurs, le public tentera de deviner qui se cache dans les grosses mascottes. La version américaine (The Masked Singer) est super amusante. Du côté de Qui sait chanter ? de Phil Roy, une adaptation de I Can See Your Voice, il faudra départager les amateurs des professionnels sans les entendre émettre un seul son. Après la K-pop, la télé sud-coréenne se fraiera-t-elle un chemin dans nos cœurs ?

Chanteurs masqués, dimanche à 18 h 30, à partir du 19 septembre, TVA

Qui sait chanter ?, lundi à 20 h, Noovo

L’essai de la slow-TV

Alors que presque toutes les productions québécoises carburent aux rebondissements et aux revirements à la chaîne, TVA propose Les moments parfaits, qui se situe à l’opposé du spectre de L’échappée, disons. Ce téléroman de type « saga familiale » est très, très lent et il ne se passe pas grand-chose dans les deux premiers épisodes que j’ai vus (j’y reviendrai en détail la semaine prochaine). Conséquence ? C’est difficile de s’accrocher à ces Moments parfaits, malgré une distribution étincelante qui réunit Catherine Trudeau, Émile Proulx-Cloutier et Marie-Thérèse Fortin. Au rayon de la télé lente, mais pas plate, ne manquez pas le retour de L’heure bleue, un téléroman doux et réconfortant, qui tirera sa révérence avant Noël après une courte demi-saison. Voilà un exemple de télé apaisante avec de la profondeur dans les textes. Auteurs, prenez des notes. Ou revisionnez Au secours de Béatrice.

Les moments parfaits, mercredi à 20 h, TVA

L’heure bleue, mardi à 20 h, TVA

Du lourd à l’américaine

L’influence des grosses séries dramatiques à la HBO (exemple : Mare of Easttown) se fait sentir dans nos fictions. Il y a eu la bouleversante Bête noire de Séries plus et il y a désormais Après à Radio-Canada, une percutante minisérie chorale qui met en vedette l’excellente Karine Vanasse. L’actrice y incarne la gérante d’une épicerie de région, théâtre d’une fusillade sanglante. Tout le village en subit les contrecoups et Après raconte avec finesse comment les habitants se reconstruisent et affrontent leurs démons. Le 27 octobre, Après cédera sa case horaire à la troisième saison de Plan B, une série « anthologique » qui n’a pas encore déçu. Anne-Élisabeth Bossé y a décroché le premier rôle, celui d’une policière en remise en question.

Après, mercredi à 21 h, Radio-Canada

Séduire les « djeunes »

Les grands réseaux en arrachent auprès des générations Y et Z, qui préfèrent dévorer leurs séries sur Netflix. Dans l’espoir de les accrocher à la télé traditionnelle, TVA met en ondes la série Chaos, où une bombe explose pendant le concert d’une idole québécoise (Simon Morin de La voix), blessant et tuant plusieurs vingtenaires. Quelques observations sur Chaos, ici. D’abord, aucun jeune à l’université ne triperait sur une chanson qui s’appelle Le monde est chill. Ils trouveraient ça lame en bip. Ensuite, Chaos n’a peut-être pas eu les moyens de ses ambitions. Car ça fait pic-pic par bouts. Et qui se ferait appeler Doc Chill (Pier-Gabriel Lajoie) par ses amis ? Point fort : l’actrice vedette de Chaos, Lysandre Ménard, découverte dans La passion d’Augustine, est vraiment très bonne. Aussi, la déconstruction du récit casse joliment le modèle traditionnel. Je vous donne plus de contexte dans ma chronique de lundi.

Chaos, mardi à 21 h, TVA

La guerre des téléréalités Cupidon

L’île de l’amour à TVA contre Occupation double de Noovo, la bataille des célibataires se fera à grandes lampées d’alcool de dépanneur et à coups de muscles bien découpés. L’île de l’amour, c’est l’adaptation du format britannique Love Island, qui limite les choix en ce qui a trait à la diversité corporelle ou sexuelle. C’est très hétéronormatif comme concept, très Ken et Barbie en goguette. Tout le monde est en (micro) maillot tout le temps. La version américaine, moins trash, n’accote pas l’émission originale, qui a provoqué plusieurs scandales en Angleterre, notamment à propos de comportements déplacés de certains participants. C’est évident que TVA ne se trempera pas l’orteil dans tout ce qui pourrait être controversé. Quant à OD, une de mes téléréalités préférées, ça demeure une valeur sûre avec Capitaine Twist, le tapis rouge de départ et des gens éméchés qui ne savent pas où se trouvent les Îles-de-la-Madeleine sur une carte du Québec.

L’île de l’amour, dimanche à 21 h, TVA

Occupation double dans l’Ouest, dimanche à 18 h 30, Noovo

Le retour du soap

Dynasty, Dallas ou Revenge ont été de grands soaps de fin de soirée. Nuit blanche de Radio-Canada s’inscrit dans cette lignée d’histoires sulfureuses campées dans des maisons valant plusieurs millions. France Castel y interprète une riche dame qui dirige une florissante société de cosmétiques. Elle meurt le soir du lancement d’un nouveau parfum. Coïncidence ? Pas certain. Son testament a été retouché quelques mois plus tôt. La répartition de la fortune de leur célèbre mère ébranlera ses trois grands enfants, joués par Valérie Blais, Marilyse Bourke et Jean-Philippe Perras. Qui percera ce mystère, qui pourrait remonter à la crise d’Octobre ? Nuit blanche distille une odeur particulièrement attrayante.

Nuit blanche, lundi à 21 h, Radio-Canada

Vivre avec ses dualités

C’est un mode de vie que la papesse relationnelle Louise Sigouin nous a inculqué au début de la pandémie et c’est un mode de vie qui se poursuit avec une troisième saison de Si on s’aimait. Contrairement aux vins rouges choisis par Carlos, cette docusérie se bonifie d’année en année. La sexologue de TVA suivra cet automne quatre personnes, dont l’infirmière Stéfanie Blanchette, 41 ans, qui a déjà été directrice de production en télé. Cette émission provoque de la dépendance – et non de la codépendance – et s’avère un baume sur nos blessures de honte. Nommons les inconforts et verbalisons nos émotions avec Guillaume et Émily ! Et vive l’autonomie affective.

Si on s’aimait, lundi au jeudi à 19 h 30, TVA

Retourner aux classiques

On ne se passerait plus de District 31, L’échappée, Une autre histoire, Alertes, Discussions avec mes parents, 5e Rang, La tour, Tout le monde en parle, Toute la vie, De garde 24/7, La facture et aussi Révolution, qui revient à TVA le dimanche 19 septembre à 19 h 30 après une pause de pandémie. L’offre de télé automnale est comme un latté à la citrouille épicée : réconfortante et offerte pour une durée limitée.

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