La journaliste Martine Biron candidate de la CAQ

La journaliste et analyste politique à Radio-Canada Martine Biron sera candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) aux prochaines élections provinciales dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière.

La Presse a été en mesure de confirmer cette information d’abord rapportée par Radio-Canada, mercredi, en fin d’après-midi, quelques heures seulement après que l’actuel député de cette circonscription de la rive sud de Québec, Marc Picard, eut annoncé qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat.

Selon nos informations, Martine Biron aurait été pressentie par le parti de François Legault il y a quelques mois. Après avoir d’abord décliné l’offre de la directrice générale du parti, Brigitte Legault, à se présenter sous la bannière caquiste, elle aurait été sollicitée de nouveau dans les derniers jours.

Une rencontre avec le premier ministre a été organisée mardi, après quoi Martine Biron aurait mis 24 heures à prendre sa décision. Elle aurait annoncé mercredi à son employeur qu’elle quittait ses fonctions. L’annonce officielle de sa candidature sera faite dans les prochains jours.

En vacances en ce moment, Martine Biron n’a pas rappelé La Presse mercredi. Jusqu’à tout récemment, elle analysait la politique québécoise de façon quotidienne sur les ondes de Radio-Canada depuis l’Assemblée nationale.

Des questions soulevées

Rappelons qu’un tel changement soudain de vocation, du journalisme à la politique, a été maintes fois critiqué par le passé, notamment dans le cas de l’ex-animateur de radio Bernard Drainville qui a lui aussi annoncé qu’il serait candidat de la CAQ aux prochaines élections dans la circonscription de Lévis.

Mercredi, le directeur des communications du Parti libéral du Québec, Jérémy Ghio, a notamment souligné que la candidature de Martine Biron « pouvait soulever un certain nombre de questions » quant au fait qu’elle couvrait jusqu’à tout récemment la CAQ.

La journaliste avait notamment publié un billet d’analyse sur le bilan du gouvernement à l’aube des prochaines élections pas plus tard que le 11 juin dernier, a rappelé Jérémy Ghio.

« J’apprécie bien Martine Biron, mais jusqu’à tout récemment, on discutait encore en toute confiance de stratégie en “off” (hors micro). Je suppose que c’est possiblement la même chose pour d’autres partis d’opposition. Depuis quand sait-elle qu’elle sera candidate ? », s’est demandé pour sa part le directeur des communications du Parti québécois, Louis Lyonnais, sur Twitter.

Marc Picard tire sa révérence

La nouvelle de la candidature de Martine Biron fait suite au départ du caquiste Marc Picard, qui, après avoir d’abord laissé entendre qu’il serait candidat aux élections provinciales du 3 octobre prochain, a finalement annoncé mercredi qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat.

« Jusqu’à tout récemment, j’avais la ferme intention de me présenter à nouveau, mais pendant mes vacances des évènements m’ont amené à prendre conscience du besoin et de l’importance d’être présent pour ma conjointe. Évidemment, ce fut un choix logique de mettre fin à mon engagement politique pour lequel j’ai consacré une grande partie de ma vie professionnelle », a-t-il indiqué dans un communiqué publié mercredi.

« Aujourd’hui, je suis heureux de constater tout le travail accompli sur le terrain, tous les dossiers achevés ou en progression. C’est grâce à cette précieuse collaboration que tous ensemble on peut faire avancer les choses », poursuit celui qui occupait également le poste de vice-président de l’Assemblée nationale.

Élu pour la première fois en 2003 sous la bannière de l’Action démocratique du Québec, Marc Picard a siégé comme indépendant de 2009 à 2012 avant de se joindre à la Coalition avenir Québec.

« Je tiens à remercier Marc pour son engagement politique des 19 dernières années. Il a joint la CAQ à un moment crucial de notre existence alors que nous étions à nos premiers balbutiements comme formation politique. Il est un de nos piliers, et je lui serai toujours reconnaissant d’avoir cru en notre projet », a réagi le premier ministre du Québec, François Legault, mercredi.

La Presse rapportait au début du mois que la CAQ comptait stratégiquement attendre le plus longtemps possible pour annoncer le départ de son député des Chutes-de-la-Chaudière, une circonscription de la rive sud de Québec, puisqu’il s’agit d’un terrain potentiellement fertile pour le Parti conservateur d’Éric Duhaime. Ainsi, les stratèges caquistes ne voulaient pas donner aux conservateurs le temps de désigner un candidat.

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