Déjà 80 000 enfants ont rendez-vous

Québec l'a confirmé : la vaccination des 5 à 11 ans sera ouverte à compter de ce mercredi dans certains centres de vaccination, puis dès le 29 novembre dans les écoles primaires. Conscient des inquiétudes chez certains parents qui hésitent à faire vacciner leur enfant, le gouvernement Legault se retient d'évoquer une cible de vaccination à atteindre pour ce groupe. Mais le premier ministre réitère que le vaccin « est sécuritaire ».

Vaccination des 5 à 11 ans

« C’est un choix personnel », insiste Legault

Québec — Le gouvernement Legault veut éviter de « mettre de la pression sur les parents et les enfants » alors que le départ est lancé pour la vaccination des 5 à 11 ans. Une nouvelle étape « qui changera la face de la pandémie » dans la province. Mais, Québec se garde de formuler une cible vaccinale à atteindre à ce stade-ci.

La vaccination attendue des enfants débute dès ce mercredi dans certains centres de vaccination de la province. Les parents peuvent prendre rendez-vous pour leur enfant sur la plateforme Clic Santé depuis mardi matin. En milieu d’après-midi mardi, quelque 80 000 rendez-vous avaient été réservés pour les enfants.

Il faudra attendre au 29 novembre pour que la campagne se déploie dans les écoles primaires. Québec voulait offrir un modèle hybride aux parents, comme lors de la vaccination des adolescents au printemps dernier. Avec une clientèle encore plus jeune, plusieurs parents voudront accompagner leur enfant en clinique.

Les autorités n’évoquent par ailleurs aucune cible de vaccination à atteindre pour ce groupe, contrairement à ce qui a été fait pour les autres, pour ne pas « mettre de pression » sur les parents et éviter de « stigmatiser » les enfants selon leur statut vaccinal. « C’est un choix personnel », a fait valoir M. Legault.

Le premier ministre avait évoqué la semaine dernière le souhait d’atteindre une couverture vaccinale de 80 % chez les 5 à 11 ans pour retirer des mesures sanitaires et éventuellement lever l’état d’urgence sanitaire. Mardi, il a tenu à nuancer ses propos.

« Je n’aurais peut-être pas dû dire ça. Ce qu’on sait, c’est que les taux de vaccination vont être moins élevés chez le 5 à 11 ans. Pourquoi ? Parce qu’on a une situation où il y a des parents, avec raison, qui sont inquiets. »

— François Legault, premier ministre du Québec

À ce sujet, M. Legault a affirmé que la vaccination des enfants « est sécuritaire » et qu’elle est recommandée par le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) et les autorités fédérales. Santé Canada a donné son feu vert au vaccin pédiatrique de Pfizer BioNTech, le seul autorisé au pays pour les enfants, vendredi dernier.

Le CIQ a indiqué mardi que la vaccination devrait être offerte aux jeunes âgés de 5 à 11 ans « qui ne présentent pas de contre-indication au vaccin de Pfizer ».

Il a aussi recommandé d’utiliser « un intervalle allongé de huit semaines ou plus » entre les deux doses pour « améliorer tant l’efficacité que le profil de sécurité de ce vaccin ». Les enfants recevront une quantité plus faible de 10 microgrammes d’ARN messager, ce qui correspond au tiers de la dose pour adulte.

D’ailleurs, les autorités ont réitéré que le passeport vaccinal ne sera pas imposé aux enfants de 5 à 11 ans.

Calmer les inquiétudes

Le gouvernement Legault s’est dit sensible aux inquiétudes soulevées par certains parents qui hésiteraient à faire vacciner leur enfant. M. Legault a rappelé qu’une campagne est lancée pour les informer. Les centres de vaccination ont aussi été aménagés de façon « ludique » pour la jeune clientèle.

Le premier ministre est revenu sur la nécessité de vacciner ce groupe bien qu’il soit moins à risque de complications liées à la COVID-19 pour d’abord les protéger et ensuite éviter d’autres fermetures d’écoles en raison d’éclosion.

Le CIQ a observé dans son avis scientifique que « c’est dans ce groupe d’âge que la fréquence de la COVID-19 est la plus élevée actuellement » au Québec. D’ailleurs, les jeunes peuvent également « développer, dans de rares cas, certaines complications comme le syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant (SIME) », note le CIQ.

De manière générale, « les caractéristiques du vaccin en termes d’immunogénicité, d’efficacité et de sécurité sont rassurantes, même si l’on ne peut complètement exclure un faible risque de myocardite à la suite de son administration », a conclu l’organisme.

Vers des assouplissements à Noël

Le gouvernement Legault garde le cap sur l’administration d’une première dose aux enfants admissibles – ils sont 650 000 au Québec – d’ici Noël. Le premier ministre a d’ailleurs ouvert la porte mardi à certains assouplissements dans les résidences privées pour les Fêtes. Mais il se montre prudent avec la tendance à la hausse.

« On est confiant, on devrait être capable d’élargir le nombre de personnes dans les maisons », a dit M. Legault, rappelant qu’il ne veut pas devoir reculer sur les scénarios promis aux Fêtes comme il l’a fait en décembre 2020.

Il a réitéré que son gouvernement pourrait lever l’état d’urgence sanitaire après l’administration de la deuxième dose aux enfants, soit « autour de février, début mars ».

Le dépôt du rapport accablant de la protectrice du citoyen sur la gestion de la pandémie dans les CHSLD pendant la première vague s’est imposé lors de l’annonce du gouvernement. Les partis de l’opposition l’ont accusé mardi de vouloir « faire diversion » en tenant cette importante annonce le jour même du dépôt de ce rapport.

Cette accusation a piqué au vif le premier ministre. « D’abord, ça se poursuit, la pandémie », a-t-il répliqué. « De me faire dire qu’on manque de respect alors que j’ai été ici jour après jour après jour, sept jours sur sept, et que j’offrais mes condoléances à tout le monde et que ç’a été un des moments les plus durs de ma vie.

« De dire que je manque aujourd’hui de respect parce que je viens expliquer aux parents que c’est une bonne idée de faire vacciner leurs enfants, je vais laisser ça à l’opposition », a-t-il argué, visiblement irrité.

— Avec la collaboration d’Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Bilan à la hausse

La province a rapporté mardi matin 699 nouveaux cas de COVID-19 ainsi que 5 décès supplémentaires. Ces nouveaux cas portent la moyenne quotidienne à 728. La tendance est à la hausse de 15 % sur une semaine. Les cinq décès en plus portent à deux la moyenne quotidienne. La tendance est en légère baisse. On a observé une légère diminution d’une hospitalisation ; 203 patients demeurent hospitalisés en lien avec la COVID-19, dont 46 qui se trouvent toujours aux soins intensifs, un chiffre stable. Côté vaccination, un peu plus de 5580 doses supplémentaires ont été administrées dans la journée de lundi. À ce jour, 79,7 % des Québécois ont reçu au moins une dose et 77,7 % sont adéquatement vaccinés.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Vaccination des 5 à 11 ans

Une offre variable selon les écoles

Les vacances de Noël approchent et il faudra faire vite pour offrir la vaccination contre la COVID-19 dans les écoles primaires de la province. Selon les régions du Québec où on se trouve, le modèle de vaccination dans les établissements scolaires sera variable.

À l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), on précise que certaines écoles ont établi des calendriers « temporaires » de vaccination. Le modèle change selon le centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS ou CIUSSS) auquel les établissements sont rattachés.

« On sait que dans certains cas, il y aura des brigades dans les écoles. Dans d’autres, il y aura du transport vers des centres de vaccination », affirme sa présidente Kathleen Legault. Selon le calendrier établi, certaines écoles ne pourront offrir la vaccination qu’après les vacances des Fêtes.

À Laval, on prévoit des cliniques mobiles dans les écoles primaires. Le centre de services scolaire de Laval dit en être à « finaliser le calendrier de vaccination » pour que ces cliniques soient déployées avant le congé des Fêtes.

« Les parents de nos élèves recevront d’ailleurs très prochainement des précisions à cet égard ainsi que les modalités entourant cette opération », précise par courriel le directeur général du CSSDL, Yves Michel Volcy.

Au centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île, on a reçu la confirmation de la Santé publique que la vaccination serait offerte dans toutes les écoles primaires.

« Les parents pourront donc aller dans un site de vaccination (inscription via Clic-Santé), ou autoriser la vaccination de leur enfant et profiter de la présence du CIUSSS à l’école de leur enfant à une date prévue », écrit Valérie Biron, porte-parole de ce centre de services.

La prise de rendez-vous pour faire vacciner les enfants de 5 à 11 ans dans un centre de vaccination est ouverte depuis mardi matin.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.