Équipe Canada junior

« Personne ne peut m’enlever le fait que j’ai fait l’équipe »
— Xavier Bourgault

Plus de deux semaines après que le Mondial junior 2022 est parti abruptement en fumée, le Québécois Xavier Bourgault demeure fier d’avoir percé l’alignement d’Équipe Canada. Un mince réconfort dans la déception.

« Personne ne peut m’enlever le fait que j’ai fait l’équipe et j’ai travaillé fort pour ça », dit Xavier Bourgault au bout du fil.

Après son camp d’entraînement avec les Oilers d’Edmonton, en septembre, le jeune homme est revenu dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) avec deux objectifs principaux en tête pour l’année de ses 19 ans : devenir un joueur « plus complet » et faire sa place au sein d’Équipe Canada junior pour le Championnat mondial des moins de 20 ans.

Même si le tournoi a été annulé seulement quatre jours après son lancement, l’attaquant des Cataractes de Shawinigan gardera toujours cette fierté d’avoir brièvement représenté son pays dans l’un des plus prestigieux tournois de hockey au monde. Et ce, même s’il s’est blessé dans les dernières minutes du premier match contre la Tchéquie et qu’il n’a pas pu disputer celui face à l’Autriche, qui s’est avéré le dernier du Canada avant que l’évènement ne soit interrompu.

« Ça faisait quand même trois semaines qu’on était tous ensemble, donc c’est sûr que j’ai vécu plein de belles affaires. On a pratiqué ensemble, j’ai rencontré de nouvelles personnes, donc c’est un bagage d’expérience quand même. C’était vraiment le fun pareil.  »

— Xavier Bourgault, joueur de hockey

À Edmonton, l’équipe canadienne était placée dans ce qu’on appelait un « environnement protégé », qui ne lui donnait accès qu’à une salle d’équipe dans l’hôtel, aux chambres qui lui étaient attribuées et à l’amphithéâtre, explique Bourgault.

« De ce côté-là, ça allait bien, note-t-il. Mais je pense que dans les autres hôtels, les parents des autres équipes voyaient leurs enfants. Ces parents-là devaient aller dans les restaurants à Edmonton, donc c’est sûr que ça n’a pas aidé. Mais nous, on était deux équipes à notre hôtel et on ne pouvait pas vraiment sortir. C’est sûr qu’il y avait d’autres personnes dans l’hôtel, mais on ne les voyait presque jamais. »

« On pensait que ça allait bien se passer, mais finalement, on a été touchés quand même », déplore celui qui portait le numéro 18 chez les rouges.

Ses parents, qui avaient fait le voyage en Alberta, ont manqué le premier match et ont décidé de ne pas aller au deuxième étant donné que leur fils ne jouait pas. Ils avaient prévu d’assister au troisième, qui n’a finalement jamais eu lieu.

« Ils étaient vraiment déçus, laisse entendre l’attaquant. En plus, ils auraient aimé voir l’aréna à Edmonton, où j’ai été repêché. Mais ils n’ont pas eu cette chance. »

« Ils sont restés une journée de plus et sont allés au centre commercial à Edmonton », dit-il en riant légèrement.

Un report ?

Même une quinzaine de jours après son retour au Québec, Xavier Bourgault admet qu’il pense « encore un peu » à tout ça, lui qui attendait le tournoi impatiemment.

Au moment d’annuler l’évènement, le 29 décembre, le président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), Luc Tardif, a indiqué qu’un report n’était pas exclu. « Donnez-nous un mois pour y penser, et on arrivera peut-être avec une surprise », a-t-il laissé entendre.

À ce sujet, Bourgault affirme n’avoir eu aucune nouvelle et essaie de ne pas « trop [se] faire d’attentes ». « J’essaie de l’oublier », confie-t-il, tout en précisant : « Si on a la chance de jouer, c’est sûr que je vais être le premier à être vraiment content, mais je ne veux pas me faire d’attentes et être déçu encore. »

On peut le comprendre.

Mission : jouer professionnel

C’est loin d’être la première fois que Xavier Bourgault est victime des contrecoups de la COVID-19. Depuis son arrivée dans la LHJMQ, en 2018, seule la première de ses quatre saisons n’a pas été touchée par la pandémie. En raison des dernières mesures imposées par le gouvernement du Québec, les équipes du circuit Courteau n’ont pas joué depuis le 18 décembre.

« J’ai la chance de m’entraîner à mon agence à Montréal, Quartexx Management. De ce côté-là, je suis quand même chanceux. Il y a un gym et une glace.  »

— Xavier Bourgault, joueur de hockey

Le natif de L’Islet a été le choix de 1er tour, au 22rang, des Oilers au dernier encan de la Ligue nationale de hockey (LNH). Jusqu’ici cette saison, il présente une fiche de 22 buts et 20 mentions d’aide en 24 rencontres. Depuis le début de la campagne, il est en contact régulièrement avec les Oilers, qui lui donnent des conseils sur des points à améliorer.

Bourgault croit qu’il sera prêt à faire le saut chez les professionnels dès la saison prochaine, même s’il lui restera encore en banque une année d’admissibilité chez les juniors.

« Je pense que j’ai quand même prouvé ce que je pouvais faire dans le junior et je suis prêt à passer à une autre étape, soutient-il. Je vais travailler fort l’été prochain et s’il faut que je passe par la Ligue américaine, ça ne me dérange pas. Je pense que c’est un bon bagage à avoir. C’est de l’expérience et ça t’apprend comment ça se passe au niveau professionnel. »

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