États-Unis

L’emploi revient au niveau prépandémie

Les employeurs américains ont embauché 528 000 travailleurs le mois dernier, rétablissant tous les emplois perdus depuis le début de la pandémie. Les économistes s’attendaient à 250 000 nouveaux emplois. Le chômage est tombé à 3,5 %, son plus bas niveau depuis que la COVID-19 a frappé, au début de 2020. La création d’emplois en juillet a été supérieure de 130 000 à celle de juin, et la plus élevée depuis février. Si ce rebond conforte l’idée que la première économie du monde n’est pas en récession, c’est en revanche une mauvaise nouvelle pour l’inflation. Ces chiffres devraient peser lourd dans la balance lors de la prochaine réunion de la Fed, fin septembre. Ils pourraient convaincre ses responsables de frapper fort, de nouveau, avec une possible nouvelle hausse de trois quarts de point du taux directeur. « C’est bien de voir autant d’emplois créés, mais c’est effrayant d’imaginer ce que cela signifie pour la taille de l’ajustement que nous pourrions voir venir », a indiqué Jason Furman, professeur d’économie à Harvard et ancien conseiller de Barack Obama. — D'après l’Associated Press et l’Agence France-Presse

Le taux de chômage se maintient à un bas historique au Canada

L’économie canadienne a perdu 31 000 emplois en juillet, alors que les analystes s’attendaient à un faible ajout de 15 000 emplois. N’empêche, le taux de chômage est resté inchangé à un bas historique de 4,9 %, indiquent les données publiées vendredi par Statistique Canada.

Au Québec, après avoir reculé pendant deux des trois mois précédents, l’emploi est demeuré pratiquement stable en juillet, avec un repli d’à peine 4500 postes. Le taux de chômage de 4,1 % en juillet au Québec a continué d’osciller autour d’un creux record.

Dans la région métropolitaine de Montréal aussi, l’emploi a peu varié en juillet et le taux de chômage s’est maintenu à 4,7 %.

En Ontario, l’emploi a reculé de 27 000 en juillet et le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 5,3 %.

« Le marché du travail au Québec et en Ontario demeure extrêmement serré. Le manque de travailleurs disponibles explique probablement en partie la difficulté à maintenir une croissance du nombre total d’emplois. »

— Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins

« Même s’il a perdu 31 000 emplois en juillet, pour la deuxième baisse mensuelle consécutive, le marché du travail canadien n’est pas en déclin », signalent pour leur part les économistes Kyle Dahms et Alexandra Ducharme à la Banque Nationale.

« Le taux de chômage demeurant à un niveau historiquement bas, nous constatons toujours une résilience de l’économie canadienne. Cette résilience est également confirmée par l’évolution des salaires moyens, qui étaient encore en hausse annualisée de plus de 5 % en juillet. »

Augmentation des salaires

Selon les données recueillies par Statistique Canada, pour le deuxième mois consécutif, le salaire horaire moyen des employés a augmenté de 5,2 % sur 12 mois en juillet pour atteindre 31,14 $.

Par ailleurs, c’est au Québec que la hausse des salaires a continué de s’accélérer le plus par rapport à l’ensemble de l’économie canadienne.

Après le bond de 7,5 % observé en juin, en variation annuelle, la hausse de la rémunération horaire moyenne au Québec s’est accélérée en juillet à 8,1 %. En comparaison, en Ontario, la progression des salaires s’est maintenue autour de 5 % en juin et en juillet.

« Cette progression plus rapide des salaires au Québec témoigne que le marché du travail surchauffe davantage qu’en Ontario », signale Hélène Bégin.

« La forte accélération de l’inflation et les anticipations encore élevées pour les prochains mois s’ajoutent à la pénurie de main-d’œuvre pour expliquer la flambée des salaires. Les coûts de main-d’œuvre augmentent donc encore plus rapidement pour les entreprises, qui doivent aussi composer avec la hausse générale des prix. Mais à ce rythme, les entreprises auront-elles la capacité de garder le cap sur la croissance ? »

Perspectives

« La création d’emplois qui semble en panne et la forte croissance des salaires suscitent certaines inquiétudes pour la suite des choses », poursuit l’économiste Hélène Bégin.

« Les craintes d’un ralentissement économique prononcé s’accentuent, ce qui pourrait atténuer un peu la pression sur le marché du travail. Le taux de chômage reste faible pour l’instant, mais une remontée est anticipée au cours des prochains trimestres. »

— Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins

À la Banque Royale, l’économiste Carrie Freestone est aussi d’avis que « nous commencerons à voir l’économie canadienne s’essouffler dans les mois à venir », à l’instar de ce qui pointe aux États-Unis.

« Nous observons déjà une augmentation des demandes d’assurance-emploi au sud de la frontière, alors que la demande de main-d’œuvre américaine commence à se calmer. Le Canada ne sera pas loin derrière », selon l’économiste de la Banque Royale.

« Avec la rapide remontée des taux par la Banque du Canada qui se poursuivra en septembre, afin de freiner les pressions inflationnistes encore très fortes, l’économie devrait ralentir et le marché du travail, se refroidir. Je m’attends donc à ce que le taux de chômage au Canada commence à augmenter au cours des prochains mois et au début de 2023. »

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