Bilan de mi-saison

Il faudra un peu de patience…

Kent Hughes a répondu aux questions pendant 42 minutes, mercredi à Brossard, et s’il faut retenir quelque chose de cet exercice annuel, c’est le mot suivant : patience.

Patience, oui, comme dans ça va être long, surtout vers la fin, sans doute. Patience aussi parce que le Canadien en a encore pour un petit bout de temps à se chercher, à essayer des choses, à voir ce qui fonctionne ou pas, un long processus fastidieux qui rappelle peut-être un peu l’enregistrement de Night at the Opera, le classique de Queen.

Après cet opus, tel qu’on le sait, Queen a fini par conquérir le monde, et les objectifs du Canadien, bien que plus modestes, s’inscrivent un peu dans cette lignée.

Sauf que cette conquête ne sera pas pour tout de suite.

« Je ne peux pas donner de réponse à ce sujet, a expliqué le directeur général montréalais lors du bilan de mi-saison, mercredi midi au centre d’entraînement de Brossard. Entre autres, en défense, on a un groupe jeune, mais je crois qu’on a un bon noyau. C’est sûr qu’on a des éléments à ajouter avant de pouvoir compétitionner avec des équipes comme le Lightning ou l’Avalanche. On va essayer de le faire le plus vite possible, mais sans rien précipiter. »

« Si on cherche à précipiter les choses, ça va nuire à notre objectif. Il faut être patients, prudents, mais il faut user de stratégie aussi. »

— Kent Hughes, directeur général du Canadien

À ce sujet, Hughes a tenu à rappeler que Rome, comme Brossard, ne s’est pas faite en un jour.

« On va passer à travers différentes étapes en tentant de construire ce club… Je dirais donc aux gens d’être patients […] On ne peut pas non plus enseigner à une équipe à être excellente en une journée. »

L’équilibre…

En plus de patience, il a beaucoup été question du concept d’équilibre en ce joli mercredi.

C’est que le Canadien, de toute évidence, cherche à trouver la formule parfaite ; la reconstruction, oui, peut-être, ou en tout cas, quelque chose qui ressemble à ça. Mais personne à la tête de ce club ne souhaite non plus perdre des matchs à la vitesse des Nordiques de Québec de 1989-1990, afin de pouvoir profiter d’un boulier plus amical dans quelques mois.

« C’est vraiment une question d’équilibre, a répété le DG montréalais. C’est ce qu’il faut trouver. Je parlais à Martin [St-Louis] à un certain moment cette saison, et je lui disais qu’on est rendus à l’étape où les victoires sont bonnes, mais jusqu’à un certain point, et les défaites ne sont pas bonnes, mais jusqu’à un certain point !

« Je crois beaucoup en la culture de l’équipe. Je ne crois pas à l’idée d’envoyer sur la glace une équipe qui ne peut pas gagner, où personne n’a de comptes à rendre, où personne ne sait comment gagner. Parce que dans ce contexte, je trouve que les joueurs deviennent très individuels. Et tu ne peux pas gagner dans la Ligue nationale avec 23 joueurs individuels. Alors, il s’agit de trouver cet équilibre… mais nos attentes demeurent. »

« Quand les joueurs sautent sur la glace, ils le font pour gagner le match. C’était la même chose la saison dernière, même si on savait que l’équipe n’allait pas prendre part aux séries. »

— Kent Hughes, directeur général du Canadien

Du reste, celui qui fut jadis un agent continue de bien se garder de dévoiler ses cartes, sans doute une vieille habitude acquise au fil du temps.

Ainsi, impossible de savoir si la boîte vocale de son portable est inondée d’appels de clubs adverses qui seraient soudainement sous le coup du charme d’Evgenii Dadonov, au point d’offrir une enfilade de premiers choix. De la même manière, on ne sait trop si le Canadien fera partie des vendeurs à la date limite des échanges, bien que Hughes ait remarqué ce que l’on a tous remarqué : sur le marché des transactions ces jours-ci, il ne s’échange pas grand-chose.

« Notre objectif est toujours d’essayer de trouver un échange qui fonctionne pour les deux équipes, a-t-il expliqué. Mais il n’y a pas beaucoup d’échanges, et le plafond salarial est toujours un problème pour plusieurs équipes… »

Enfin, il ne faudrait pas s’étonner si Cole Caufield obtenait tôt ou tard un contrat à long terme avec le Canadien. Ça, c’est clairement dans les cartons.

« On veut qu’il soit avec nous à long terme, et je crois que lui aussi, a répondu Hughes. Pour nous, c’est une priorité. »

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