Zen dans l’attente, Laurence Vincent Lapointe

Six semaines après les essais nationaux, Laurence Vincent Lapointe ne sait toujours pas si elle sera invitée aux prochains Jeux olympiques.

La reine du canot, battue par sa coéquipière Katie Vincent, attend toujours la décision de la Fédération internationale, qui doit statuer si le Canada peut déléguer une embarcation en C2. Ce privilège arriverait automatiquement avec un laissez-passer pour le C1.

À moins de 100 jours des Jeux olympiques, c’est la seule façon possible pour Vincent Lapointe d’avoir accès à ce rendez-vous historique pour son sport.

« Rien n’a avancé depuis les essais, mais je ne suis pas tellement surprise », explique la Trifluvienne, installée à Montréal depuis deux semaines, où l’équipe nationale s’entraîne.

« Je pense qu’actuellement, la demande canadienne n’est pas très haut sur la liste des priorités. Il y a tellement de choses à mettre en place pour les Jeux avec tout ce qui se passe en lien avec la COVID-19.

« De toute façon, ça ne change rien. Je me concentre uniquement sur ma préparation. Sur ce que je peux contrôler. Si on m’ouvre la porte, ce n’est pas important quand ça va se passer. Il faut seulement que ça se passe avant les Jeux… »

Elle est zen, donc.

Par choix. Mais aussi parce qu’elle est convaincue que le Canada dispose d’arguments de taille pour appuyer sa cause.

« Mon dossier est exceptionnel. Les soupçons de dopage sont arrivés tout juste avant le championnat du monde de 2019. Puis, quand j’ai été totalement blanchie, la COVID-19 a saboté la qualification continentale. Je n’ai donc eu aucune occasion de me qualifier. Et c’était hors de mon contrôle. On ne peut rien me reprocher », souligne-t-elle.

« Mon feeling est bon. Mais est-ce que c’est parce que je suis positive ? Je ne sais pas. Je sais que la décision ne m’appartient pas, alors je dois l’attendre. »

— Laurence Vincent Lapointe

Et tant qu’à attendre, aussi bien le faire en se défonçant à l’entraînement. Elle dit être satisfaite des progrès réalisés ces dernières semaines sur l’eau.

« Je suis retournée au camp d’entraînement en Colombie-Britannique après les essais nationaux avec la bonne attitude. J’étais contente, mon entraîneur aussi, tout comme mon psychologue sportif. Ça s’est transposé sur l’eau, j’ai senti des progrès. Nous sommes à Montréal depuis deux semaines maintenant et encore là, je suis persuadée que je continue à progresser. Si on m’ouvre la porte pour les Jeux, je vais être prête. »

Il y a deux Coupes du monde à l’agenda en mai, en Hongrie et en Russie. L’équipe nationale doit décider dans les prochains jours si Vincent Lapointe sera du périple.

« Il y a des gens dans l’équipe dont les Coupes du monde sont qualificatives pour les Jeux, mais ce n’est pas mon cas, alors il y a une décision à prendre. Évaluer le pour et le contre. Ce sont deux pays qui ne contrôlent pas très bien la COVID-19 en ce moment. Remarque, est-ce qu’il y a des pays qui la contrôlent ?

« En cas de test positif au sein de l’équipe, il y aurait un long isolement à prévoir, ça couperait du temps d’entraînement. En même temps, compétitionner en Coupe du monde, ça apporte des bénéfices. Ce n’est pas ma décision au bout du compte, je vais faire ce qu’on va me dire de faire. On pense qu’on sera fixés rapidement, mais bon, depuis quelques mois, les indications changent sur une base quotidienne. Il faut donc laisser tout ça de côté et vraiment se concentrer uniquement sur notre préparation. »

La première Coupe du monde, en Hongrie, s’amorce le 12 mai.

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