11-Septembre, 20 ans plus tard

Une journée entre hommage et histoire

New York — D’un bout à l’autre des États-Unis, les Américains tiendront samedi des évènements commémoratifs pour souligner le 20anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, rendant hommage aux quelque 3000 victimes et soulignant la place qu’occupe désormais cette tragédie dans l’histoire de leur pays.

Le président Joe Biden et la première dame Jill Biden visiteront les trois sites où les avions détournés par les 19 terroristes d’Al-Qaïda se sont écrasés : le World Trade Center à New York, le Pentagone, près de Washington, et le champ près de Shanksville, en Pennsylvanie.

La vice-présidente Kamala Harris et son mari, Douglas Emhoff, se rendront à Shanksville pour participer à un évènement distinct avant de rejoindre les Biden au Pentagone.

Le programme du président a été annoncé le 4 septembre. La veille, ce dernier avait signé un décret en vue d’une déclassification dans les six prochains mois de documents de l’enquête sur le 11-Septembre pouvant lier l’Arabie saoudite aux attentats. Au début d’août, des familles de victimes avaient fait savoir qu’il ne serait pas le « bienvenu » aux cérémonies s’il ne « tenait pas sa promesse » en ce sens.

Lecture des noms des victimes

À New York, la lecture des noms de toutes les victimes ponctuera la cérémonie, qui commencera par un moment de silence à 8 h 46, heure à laquelle le premier avion piraté a encastré la tour nord du World Trade Center. Cette lecture inclura les noms des victimes de l’attentat à la bombe de 1993 contre le World Trade Center et s’interrompra pour marquer les moments où la tour Sud et le Pentagone ont été frappés.

Une garde d’honneur formée de pompiers de New York et de policiers de la ville et de l’Autorité portuaire participera à la cérémonie.

À la tombée du jour, l’installation Tribute in Light illuminera le ciel de New York de ses immenses faisceaux bleus visibles à 100 km à la ronde et symbolisant les tours jumelles et les vies perdues lors des attentats.

Plusieurs autres activités de commémoration et de réflexion auront lieu au cours du week-end. Vingt ans plus tard, l’humour aura même sa place. Le comédien Jon Stewart, qui a milité en faveur des premiers répondants ayant souffert de maladies après le 11-Septembre, a organisé un gala qui se déroulera dimanche au Madison Square Garden.

Les participants incluront David Chappelle, Jimmy Fallon, Amy Schumer et Pete Davidson, dont le père est mort au World Trade Center en tentant de sauver des vies à titre de pompier.

Nouveau plan sanitaire

Biden étend la vaccination obligatoire aux deux tiers des travailleurs

Washington — Joe Biden, confronté à une épidémie de COVID-19 qui n’en finit pas avec le variant Delta, a opté jeudi pour la manière forte en rendant obligatoire la vaccination pour deux tiers des travailleurs américains et enfin « tourner la page » du coronavirus.

Le président démocrate a signé un décret obligeant les fonctionnaires de l’exécutif à se faire vacciner, sans possibilité de recourir à des tests réguliers, sous peine de sanctions disciplinaires, selon la Maison-Blanche.

Sont également concernés les salariés de sous-traitants d’agences fédérales, le personnel de maisons de retraite recevant des subventions fédérales (17 millions) et les écoles placées sous le contrôle fédéral (écoles militaires ou tribales).

Pour le secteur privé, le ministère du Travail va instaurer l’obligation de se faire vacciner ou d’effectuer un test de dépistage hebdomadaire pour les employés des entreprises de plus de 100 salariés, soit plus de 80 millions de personnes.

« Au total, les obligations de vaccins toucheront environ 100 millions d’Américains, soit deux tiers des travailleurs.  »

— Joe Biden, président des États-Unis

La Maison-Blanche veut également faciliter les tests de dépistage et prolonger le port du masque (voyages, bâtiments fédéraux) pour juguler l’épidémie.

Cette nouvelle « stratégie » vise les 80 millions d’Américains encore non vaccinés, soit 25 % de la population.

Cette « minorité identifiée d’Américains soutenue par une minorité identifiée de responsables politiques empêche l’Amérique de tourner la page » de la COVID-19, a dénoncé le président.

Il s’en est pris aux « responsables élus [qui] travaillent activement pour saper la lutte contre la COVID-19 » en interdisant toute mesure stricte comme le port obligatoire du masque, au nom des libertés individuelles, même si les cas positifs et le nombre de morts ont explosé cet été à cause du variant Delta dans plusieurs États conservateurs.

« Il ne s’agit pas de liberté, ou de choix personnel, mais de vous protéger ainsi que ceux autour de vous », a insisté Joe Biden.

Des responsables républicains ont au contraire dénoncé une « folie » et un plan « inconstitutionnel », notamment sur le volet grandes entreprises.

« Ça ressemble beaucoup à une dictature. »

— Le groupe du Parti républicain à la Chambre des représentants, sur Twitter

Le président démocrate doit absolument rebondir sur le volet sanitaire après avoir subi cet été plusieurs revers sur les fronts économique et politique, ponctués par une avalanche de critiques sur sa gestion des évacuations de civils d’Afghanistan fin août.

Il avait déjà échoué dans son objectif d’avoir 70 % des adultes ayant reçu au moins une dose de vaccin au 4 juillet, jour de la fête nationale. Le pays n’a atteint cette étape que le 3 août.

Les États-Unis, où 53,3 % de la population est entièrement vaccinée selon les autorités sanitaires, sont le pays ayant enregistré le plus de décès liés au nouveau coronavirus au monde, avec plus de 653 000 morts.

Appel à la vaccination des enseignants

La capacité d’action du gouvernement fédéral est limitée face aux puissants États, notamment concernant les écoles que Joe Biden veut « garder ouvertes en toute sécurité ».

Il a ainsi appelé les États à vacciner enseignants et membres du personnel après une rentrée des classes début septembre qui a alimenté les inquiétudes et les dissensions.

Des parents, mais aussi certains responsables politiques républicains, sont farouchement opposés à toute obligation de vaccin – autorisé à partir de 12 ans – ou de port du masque à l’école, en particulier dans les États du Sud.

En Floride, la décision du gouverneur Ron DeSantis d’interdire aux districts scolaires de mettre en place le masque obligatoire dans les établissements fait l’objet d’une âpre bataille juridique.

Le président a également appelé les organisateurs de grands évènements sportifs ou culturels à conditionner l’entrée du public à une preuve de vaccination ou un test négatif.

Et il a annoncé un doublement des amendes pour les passagers qui refuseraient de porter un masque dans les avions. « Si vous violez le règlement, préparez-vous à payer », a mis en garde M. Biden, en ajoutant : « Et au passage, montrez un peu de respect » au personnel naviguant.

Outre le volet sanitaire, la Maison-Blanche espère aussi relancer l’économie avec des prêts aux procédures simplifiées pour les PME, sévèrement affectées par l’épidémie.

Loi sur l’avortement

Le gouvernement Biden porte plainte contre le Texas

Une semaine après la promesse de Joe Biden de défendre le droit à l’avortement aux États-Unis, son gouvernement a porté plainte contre le Texas pour obtenir le gel d’une loi qui interdit quasiment toutes les interruptions de grossesse dans cet État conservateur. La législation texane, entrée en vigueur le 1er septembre, « est clairement inconstitutionnelle au regard de la jurisprudence de la Cour suprême », a déclaré jeudi le procureur général Merrick Garland lors d’une conférence de presse. « Le département de la Justice a pour responsabilité de défendre la Constitution », a-t-il ajouté, en assurant avoir porté plainte « après un examen du droit et des faits » et non sous « pression » politique. L’annonce du procureur général a été saluée par les défenseurs du droit à l’avortement. « Merci au président Biden et au procureur général d’utiliser les pouvoirs du gouvernement fédéral pour protéger les Texanes de cette loi injuste et dangereuse », a déclaré Alexis McGill Johnson, présidente de Planned Parenthood.

— Agence France-Presse

COVID-19

Los Angeles rend obligatoire le vaccin pour les élèves de 12 ans et plus

Le district scolaire de Los Angeles, deuxième en importance des États-Unis, a décidé jeudi d’imposer à tous les élèves âgés d’au moins 12 ans de se faire vacciner contre la COVID-19 s’ils souhaitent fréquenter un établissement public. Ce vote des responsables du district, qui compte quelque 600 000 élèves au total, concerne environ 220 000 d’entre eux admissibles à la vaccination, une première à une telle échelle dans le pays. La décision du district scolaire de Los Angeles, où le port du masque est obligatoire tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, pourrait servir d’exemple à de nombreux autres. Enseignants et employés y sont déjà tenus d’être vaccinés contre la COVID-19. La motion, adoptée à l’unanimité des six voix, prévoit que tous les enfants physiquement présents en classe devront avoir reçu une première dose de vaccin d’ici le 21 novembre, et la seconde le 19 décembre au plus tard. « Le vaccin est sûr, efficace et la meilleure façon de protéger nos élèves du virus », a dit sur Twitter la présidente du district scolaire, Kelly Gomez, après le vote.

— Agence France-Presse

Golfe Persique

La marine américaine lance une nouvelle force opérationnelle

La cinquième flotte américaine a annoncé jeudi le lancement d’une nouvelle force opérationnelle des drones et de l’intelligence artificielle, dans un contexte de tensions avec l’Iran dans les eaux du golfe Persique. Cette nouvelle force servira à « améliorer [les] connaissances dans le domaine maritime et d’autre part, à renforcer [la] capacité de dissuasion [des États-Unis] », a déclaré Brad Cooper, le chef du Commandement central des forces navales américaines (Navcent), cité dans un communiqué. L’intervention sera « consacrée à l’intégration rapide de systèmes sans pilote et de l’intelligence artificielle aux opérations maritimes dans la région où se trouve la cinquième flotte (basée à Bahreïn) », a déclaré de son côté à l’AFP un porte-parole de la marine américaine, Tim Hawkins. Depuis février, plusieurs navires liés à l’Iran ou à Israël ont été la cible de sabotages et d’explosions.

— Agence France-Presse

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