Adolescent tué sur Le Plateau-Mont-Royal

« On a tous pleuré pour lui »

Les hommages à Amir Benayad ont fusé, vendredi, au lendemain du premier meurtre de l’année dans la métropole

Il était en cinquième secondaire et rêvait d’être joueur de soccer. Amir Benayad, tout juste âgé de 17 ans, a été tué par balle jeudi soir dans le quartier du Plateau Mont-Royal. Les proches de la victime étaient sous le choc vendredi.

« On a tous pleuré pour lui », a dit Yassin, l’un des meilleurs amis d’Amir, en entrevue avec La Presse. « Il rêvait d’être un joueur de foot. Il travaillait très fort pour l’être », a-t-il poursuivi.

Selon Yassin, Amir n’était pas impliqué dans des conflits. « Il ne faisait vraiment pas de problème, c’était une personne vraiment pacifique », a-t-il souligné.

La victime résidait dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. « Amir était un bon ami de nous tous dans le quartier. Un jeune ado qui avait de grands rêves à réaliser. Son sourire va toujours me marquer », a écrit Eventzky à La Presse, qui a souhaité taire son nom de famille.

Amir souhaitait terminer sa cinquième secondaire pour faire des études collégiales, a-t-il dit.

Masri, 14 ans, conserve un bon souvenir de son ami. « Il était toujours là pour tout le monde, son cœur était plus que pur. Je l’ai vu quelques heures avant la tragédie et je ne croyais pas que ça arriverait », a-t-il dit par écrit. L’adolescent n’a pas voulu dévoiler son nom de famille.

Plusieurs messages de condoléanecs ont aussi été publiés sur les réseaux sociaux à la mémoire de la victime. « Longue vie à ce jeune homme. Je t’ai vu hier et maintenant, nous t’avons perdu. Personne ne t’oubliera, vole haut, Amir », a notamment écrit un internaute sur Instagram. « Tu vas me manquer, bro, fly high and rest in peace [vole haut et repose en paix] », a publié un autre.

Le premier meurtre de l’année à Montréal

Selon les informations obtenues par La Presse, l’adolescent a été atteint par plus d’une balle à la poitrine. Il s’agit du premier meurtre à survenir à Montréal cette année.

Des appels avaient été faits au 911 vers 18 h 50, jeudi soir, concernant une personne blessée à l’intersection des rues Roy et Rivard. La victime a été transportée à l’hôpital par la suite, où elle a succombé à ses blessures.

D’après les premiers éléments rendus publics par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), un ou plusieurs suspects auraient pris la fuite avant l’arrivée des policiers. Il n’y a aucune arrestation pour le moment.

Vendredi matin, un poste de commandement du SPVM se trouvait à l’intersection des rues Roy et Rivard. Le drame s’est déroulé juste en face d’une garderie et d’un parc, où se trouvent des modules colorés destinés aux enfants. Des traces de sang étaient toujours visibles sur la neige.

Manon Croteau, résidante de la rue Rivard, affirme avoir entendu des coups de feu jeudi soir. Elle raconte avoir vu trois suspects s’enfuir dans la ruelle derrière chez elle.

« On est arrivés ici il y a trois ans. C’était calme, et puis il y a eu de plus en plus de règlements de comptes », a affirmé quant à lui Rachid Hmiche, qui habite dans le secteur. Il n’a rien entendu jeudi soir, mais s’est dit inquiet pour sa fille, aussi âgée de 17 ans, qui se trouvait à l’extérieur au même moment. « Le quartier est très bien, mais ça a tendance à se dégrader », ajoute-t-il.

Les policiers ignorent pour le moment si cet évènement est lié ou non aux gangs de rue. Amir Benayad n’était pas connu des services policiers.

« Une tragédie », dit Valérie Plante

La mort du jeune homme a rapidement fait réagir sur la scène municipale montréalaise. Sur son compte Twitter vendredi matin, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a d’emblée indiqué que la mort par balle d’Amir Benayad « est une tragédie ».

« Je suis de tout cœur avec la famille, les proches et les amis de ce jeune homme. Le SPVM [mène une] enquête pour comprendre la tournure des évènements. Ce genre d’incident n’a pas du tout sa place à Montréal. »

— Valérie Plante, mairesse de Montréal, sur Twitter

En parlant d’une « immense tristesse », le nouveau responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville, Alain Vaillancourt, s’est engagé à travailler avec la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, « pour améliorer les conditions socioéconomiques et les infrastructures communautaires qui ont un impact sur la qualité de vie et le parcours des jeunes et qui peuvent les maintenir loin de la criminalité ».

La ministre Guilbault, elle, a indiqué vendredi que « ce qui se passe à Montréal est inquiétant », mais que « les équipes de l’opération Centaure travaillent d’arrache-pied pour mettre fin à cette violence ».

Dans les rangs de l’opposition officielle, le chef d’Ensemble Montréal, Aref Salem, a aussi offert ses condoléances aux proches du défunt, déplorant au passage que sa mort s’ajoute à plusieurs autres jeunes morts à la suite d’évènements violents ces derniers mois dans la métropole.

— Avec la collaboration de Daniel Renaud et de Florence Morin-Martel, La Presse

De jeunes victimes

La flambée de violence dans les rues de Montréal a coûté la vie à plusieurs jeunes en 2021. En février, Meriem Boundaoui, 15 ans, est morte après avoir été atteinte par balle dans l’arrondissement de Saint-Léonard. En octobre, Jannai Dopwell-Bailey, 16 ans, a été poignardé devant l’école Coronation, à Côte-des-Neiges. Thomas Trudel, 16 ans, a été atteint par balle dans le quartier Saint-Michel en novembre et a succombé à ses blessures. Quelques semaines plus tard, Hani Ouahdi, 20 ans, est mort par balle à Anjou. Dans la nuit du 23 au 24 décembre, Stenley Guercin, 18 ans, est mort après avoir été criblé de balles durant un party dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

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