Coincés dans l’espace

Les deux astronautes dE starliner optimistes

Suni Williams et Butch Wilmore devaient retourner sur Terre à la mi-juin. Ils sont coincés dans la Station spatiale internationale (SSI) à cause des problèmes techniques de la capsule Starliner de Boeing. Mais ils ont bon espoir que Starliner ne les laissera pas tomber.

« Je sens dans mon cœur que le vaisseau spatial va nous ramener à la maison », a dit Mme Williams mercredi matin en conférence de presse, à 408 km d’altitude.

Avant le départ, une fuite d’hélium a été détectée, entraînant un report du lancement. En orbite, d’autres fuites d’hélium ont été détectées. L’hélium sert à pressuriser le carburant. De plus, 5 des 28 fusées ont eu des comportements anormaux une fois la capsule en orbite.

Dans une autre conférence de presse mercredi midi, la NASA a déclaré qu’une date de retour « optimiste » serait à la fin de juillet. Et au plus tard à la mi-août, pour laisser la place à un sas d’arrimage pour la capsule Crew Dragon qui amènera un nouvel équipage à la SSI.

À tout hasard, la NASA a « dépoussiéré » des plans mis au point en 2023 quand le Soyouz qui sert de radeau de sauvetage à la SSI a eu des fuites de refroidissement, a indiqué le grand patron du programme des capsules commerciales à la NASA, Steve Stich. Ces plans prévoyaient d’envoyer une capsule Crew Dragon pour ramener l’équipage de la SSI au sol en cas d’urgence.

Module de service

Cet aveu de M. Stich jetait un éclairage particulier sur la confiance qu’affichaient les deux astronautes quelques heures auparavant.

Plusieurs des questions posées par les journalistes aux astronautes étaient des variations sur le même thème : Croient-ils pouvoir retourner vivants sur Terre avec Starliner ? Oui, ont répété les deux astronautes.

Mais ils ont concédé que les tests en cours dans un laboratoire du Nouveau-Mexique pour vérifier le comportement des fusées pourraient changer la donne. « Nous sommes prêts à revenir sauf si les données [des tests] montrent le contraire », a dit M. Wilmore.

Mme Williams n’a pas voulu s’avancer sur le type de résultats des tests au Nouveau-Mexique qui seraient inquiétants. « Nous voulons être sûrs que nous pouvons utiliser les fusées pour le désorbitage, quelle que soit leur force. »

Les tests au Nouveau-Mexique doivent être faits avant le retour, parce que les fusées se trouvent dans un « module de service » qui se désintégrera dans l’atmosphère au retour.

Pour le moment, les résultats n’ont pas été concluants : une anomalie de température associée aux problèmes des cinq fusées n’a pas pu être reproduite au Nouveau-Mexique, selon M. Stich. Des journalistes ont posé des questions sur la possibilité que les fusées aient été endommagées lors du lancement, et M. Stich ne pouvait exclure cette possibilité.

Boeing et SpaceX

Les astronautes sont loin d’être mécontents de leur sort. Mme Williams a même affirmé qu’elle se sent « à la maison » dans la SSI, qu’elle visite pour la troisième fois. « Je me sens bien quand je flotte » dans la SSI.

Et pour ceux qui craignent que les deux astronautes de Starliner n’aient pas assez à manger sur la SSI, un cargo Dragon arrivera début août sur la SSI.

La capsule de Boeing était en concurrence avec le Crew Dragon quand la NASA a attribué en 2014 aux deux entreprises des contrats d’une valeur totale de plus de 7 milliards US pour développer des moyens de transport pour ses astronautes. Après la mise à la retraite de la navette spatiale en 2011, la NASA dépendait des capsules russes Soyouz pour se rendre à la SSI.

Crew Dragon a commencé à amener des astronautes à la SSI en 2020. Elle avait une longueur d’avance parce qu’une version cargo se rendait à la SSI depuis 2010. Starliner a connu des problèmes d’horloge à son premier vol – inhabité – en 2019, et a dû en refaire un autre avant que la NASA n’autorise un vol habité.

Selon le Washington Post, Boeing a dû assumer un dépassement de coûts de 1 milliard à cause des délais avec Starliner. Les problèmes en orbite de Starliner surviennent alors que le géant aéronautique connaît plusieurs problèmes avec ses avions 737.

843 millions US

Somme affectée au contrat de désorbitage de la SSI, en 2030, accordé par la NASA à SpaceX à la fin du mois de juin

source : NASA

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