Mines

Une relance sous le signe de la durabilité

Bon nombre de domaines ont été durement frappés par la pandémie. Celui des mines n’a été que légèrement freiné. Alimenté par divers projets, le secteur minier québécois compte davantage d’employés qu’avant la crise sanitaire — et tente désormais de se tourner vers le développement durable.

En 2020, où elle a été sévèrement touchée par le virus, la province a dénombré 2,82 milliards de dollars en investissements miniers, selon l’Institut de la statistique du Québec. Pour 2021, ce chiffre grimpe à 3,93 milliards : une amélioration substantielle de 39,3 % par rapport à l’année précédente, et la plus haute marque en la matière depuis 2013.

L’activité minière a soutenu 48 187 emplois directs, indirects ou induits en 2020, avance une étude récemment publiée par l’Association minière du Québec (AMQ). Cela comprend les travailleurs manuels, mais également les fournisseurs et tous ceux qui possèdent une fonction connexe pour faire rouler cette industrie.

« Il y a une pénurie de main-d’œuvre, et on ne fait pas exception au monde industrialisé. Il y a beaucoup de postes affichés dans le secteur minier. »

– Josée Méthot, PDG de l’Association minière du Québec

Malgré tout, il s’agit d’une augmentation de 0,4 % par rapport à 2018 (48 006 emplois). « Les mines ont seulement été arrêtées trois semaines, et certaines n’ont même pas fermé complètement », explique Mme Méthot.

Il n’existe pas de chiffres plus récents à ce chapitre. « On peut s’imaginer que c’est plus élevé que ça en ce moment, parce qu’il y a beaucoup d’activité sur le plan des minières présentement », souligne-t-elle.

Des projets en chantier

Certains projets ont particulièrement bien avancé au cours de la dernière année, aux yeux de l’AMQ.

La mine Odyssey, actuellement en construction, est en tête de liste. Elle figure sur le même bail minier que la société Canadian Malartic, qui exploite la mine du même nom en Abitibi. Devant amorcer sa production en 2027, elle a pour objectif de devenir « l’une des plus importantes mines d’or souterraines au Canada », peut-on lire sur son site internet.

Nouveau Monde Graphite, de son côté, travaille sur la construction d’usines de matériel anode à Bécancour. La société Sayona développe le projet Lithium Amérique du Nord à La Corne, encore une fois en Abitibi. Il devrait être opérationnel l’an prochain.

Toujours dans le même secteur, Val-d’Or assiste présentement aux « bonnes avancées » de la mine Kiena, qui exploitera des gisements d’or sous la tutelle de la société Wesdome. « Aux dernières nouvelles, ils allaient atteindre la production commerciale à l’hiver ou l’an prochain », indique Josée Méthot.

De surcroît, Minerai de fer Québec se penche sur l’agrandissement de la mine du lac Bloom à Fermont, sur la Côte-Nord.

Valérie Fillion, directrice de l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ), ajoute à cette liste le projet Windfall. Situé dans le territoire d’Eeyou Istchee Baie-James, le gisement aurifère géré par la minière Osisko se trouve dans un important noyau d’activité en exploration minière.

Vers un avenir plus vert

Puis, à long terme, les deux associations ont le regard tourné vers des pratiques un peu plus vertes, plus responsables.

« On souhaite devenir la référence en exploration responsable. On veut explorer avec de bonnes pratiques, avec de bonnes façons de faire et on veut que ce soit reconnu. »

– Valérie Fillion, directrice de l’Association de l’exploration minière du Québec

« Nous, on travaille avec les entreprises à mettre en valeur les pratiques ESG : environnement, social et gouvernance, renchérit Josée Méthot, avec enthousiasme. L’AMQ est responsable du programme du standard ESG vers le développement durable. Nos membres ont l’obligation d’adhérer à ce standard. On travaille fort à donner de la formation sur ces protocoles dans le contexte de notre amélioration environnementale et sociale. »

L’usine de bouletage d’ArcelorMittal, à Port-Cartier, a par exemple été récompensée par Écotech Québec pour son utilisation de l’huile pyrolytique, un biocarburant composé de résidus forestiers. Et Agnico Eagle, qui exploite l’or, commence à « se procurer des équipements électriques » comme des chargeuses-navettes.

« On met en valeur l’innovation, pas juste sur le plan de la technologie, mais aussi dans nos façons de faire », dit Josée Méthot.


EN SAVOIR PLUS

631,7 millions
Somme versée en redevances minières au gouvernement du Québec en 2020, une année record en la matière ; 90 % de cette somme provient des gisements d’or et de fer. On estime que les chiffres de 2021 pourraient être encore plus élevés.

Source: Source : Association minière du Québec

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