Les matchs amicaux du Canada en cinq intrigues

Le Canada joue vendredi et mardi deux de ses trois derniers matchs préparatoires avant la Coupe du monde de novembre, au Qatar. Tour d’horizon des intrigues entourant les rencontres amicales prévues contre le Qatar, justement, et l’Uruguay.

1. Une opposition suffisante ?

Il y a fort longtemps que le Canada n’a pas affronté une équipe hors de la région de la CONCACAF. Il avait battu la Nouvelle-Zélande en Espagne, en mars 2018, lors du premier match de John Herdman à la barre de la sélection. Puis s’était incliné contre l’Islande en janvier 2020, en Californie.

Inutile de dire combien les matchs amicaux contre le Qatar, vendredi, puis l’Uruguay, mardi, sont importants. Et bienvenus, avant une Coupe du monde aux défis belges, croates et marocains titanesques.

Herdman dit souvent souhaiter que ses joueurs se développent contre des adversaires de premier plan. En club comme en sélection. À ce titre, l’affrontement contre l’Uruguay lui offrira un excellent baromètre pour savoir où se situent ses ouailles. Ils se mesureront notamment à Darwin Núñez (Liverpool), Federico Valverde (Real Madrid), Rodrigo Betancur (Tottenham), Ronald Araújo (FC Barcelone) et Edinson Cavani (Valence).

Bien sûr, un adversaire européen aurait été encore mieux avant d’affronter la Belgique ou la Croatie. Mais ces formations sont toutes engagées dans la Ligue des nations cette semaine. L’Uruguay, classé 13e au monde, constitue en soi un solide plan B pour le Canada (43e).

Bien sûr, il y a d’abord le Qatar (48e), ce vendredi. Le pays hôte du Mondial ne regorge pas de grands noms du foot. Mais il a l’avantage, pour l’unifolié, d’être un autre participant à la Coupe du monde. Il ne faut pas dédaigner ce genre d’occasions.

2. La chance à saisir de Joel Waterman

Au vu de sa très belle saison aux remparts, les partisans du CF Montréal n’ont pas vu la sélection de Joel Waterman au camp du Canada comme une surprise. Mais à seulement deux mois de la Coupe du monde, son rappel constitue une chance inouïe de faire sa place dans l’échiquier de John Herdman.

Waterman n’a jamais joué à l’échelle internationale, peu importe le niveau. Lors de sa première sélection, en mars 2021, il n’a pas foulé le terrain. Cette fois, la blessure de Doneil Henry, défenseur central régulièrement utilisé par Herdman, lui ouvre toute grande la porte à de premières minutes canadiennes.

Waterman a offert des performances constantes à Montréal cette année. Il est aussi en constante évolution depuis son arrivée dans la métropole. En 2022, aux côtés de ses compatriotes Alistair Johnston et Kamal Miller, Waterman a montré une belle justesse dans ses passes, ses tacles et ses prises de décision. Jusqu’à devenir un partant indiscutable de la troupe de Wilfried Nancy.

À moins d’une déconvenue, il n’est pas impossible que Joel Waterman monte dans l’avion canadien vers le Qatar, en novembre.

3. Ismaël Koné, pour confirmer

Ismaël Koné a plusieurs raisons de se réjouir par les temps qui courent. Il connaît une ascension fulgurante avec le CF Montréal. Il attire la convoitise de clubs européens d’envergure. Et le voilà qui obtient un deuxième rappel avec la sélection canadienne.

Est-ce que ce sera celui de la confirmation pour le jeune Québécois ? Trouvera-t-il le moyen de s’imposer au sein d’un milieu de terrain décimé ?

Ce qui est intéressant dans son cas, c’est le peu de contenu vidéo à analyser pour les adversaires du Canada. Pas impossible que John Herdman, toujours à la recherche d’un avantage, aussi mince soit-il, veuille s’en servir pour décontenancer ses rivaux.

Koné a disputé deux matchs sous le maillot des Rouges. En tant que joueur moins de 21 ans, il ne lui en reste qu’un pour être officiellement lié au Canada le restant de sa carrière. Carrière qui s’annonce belle et fructueuse, d’ailleurs. Ça aussi, c’est à l’enjeu cette semaine.

4. Reconjuguer le milieu de terrain

La blessure d’Atiba Hutchinson, pilier du milieu de terrain canadien depuis tant d’années, tombe mal. Autant pour lui que pour sa sélection. Le vétéran de 39 ans a subi une contusion osseuse en présaison avec le Besiktas. John Herdman espère le revoir en action d’ici octobre, au mieux. Sinon, la place de son capitaine pourrait être en danger en novembre.

Comment le remplacer pour les deux matchs de septembre ? Surtout que Hutchinson ne constitue pas le seul point d’interrogation au milieu : Mark-Anthony Kaye et Jonathan Osorio (Toronto FC) reviennent tout juste de blessures.

Herdman peut compter sur Samuel Piette en tant que quart-arrière. Le milieu défensif québécois est en très belle forme au CF Montréal, et connaît bien le système canadien. Jumelé à Stephen Eustáquio pour former un double pivot, Piette pourrait tout simplement prendre la place de Hutchinson. Mais Herdman n’en serait pas à sa première surprise non plus.

5. Des attaquants dans des formes discutables

Le brio des Cyle Larin, Tajon Buchanan et Jonathan David a propulsé le Canada pendant l’absence d’Alphonso Davies lors des plus récents matchs des qualifications. Où en sont-ils aujourd’hui ?

Davies continue de bien faire avec le Bayern Munich. Il a pris part à six des sept matchs de l’équipe, engrangeant une passe décisive. Tout en jouant d’importantes minutes en Ligue des champions. Le joyau canadien ne cesse de briller.

Ça va tout aussi bien pour Jonathan David : 5 buts et 2 passes en 8 matchs de Ligue 1 cette saison avec Lille.

C’est plus compliqué pour Larin et Buchanan. Le premier n’a pratiquement pas joué pour Club Bruges, en Belgique, cette saison. Le deuxième non plus, mais il soigne aussi une blessure au quadriceps. Buchanan ne devrait fouler le terrain que quelques minutes, et seulement contre l’Uruguay, selon John Herdman.

Il y a toutefois un nom intrigant dans les cartes du sélectionneur : l’ailier Lucas Koleosho. Un jeune de 18 ans évoluant à l’Espanyol, l’autre grand club catalan, qui n’a encore jamais joué pour le Canada. Sa présence sur le terrain va dépendre de la stratégie employée par Herdman : on consolide nos acquis, ou on expérimente ?

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