Flambée des contaminations en Europe

La France donne un tour de vis à ses restrictions

Paris — Face à la flambée de la pandémie de COVID-19 en Europe, la France a annoncé jeudi un durcissement des contraintes, sans reconfinement ni couvre-feu, tandis que l’Allemagne, frappée par sa plus violente vague de contaminations, a franchi le seuil des 100 000 morts.

L’Europe est redevenue cet automne l’épicentre mondial de la pandémie, alors que le variant Delta, très contagieux, a réduit à 40 % l’efficacité des vaccins contre la transmission de la maladie, selon l’OMS.

« Chaque jour compte », a ainsi mis en garde la chancelière allemande Angela Merkel, qui souhaite un tour de vis supplémentaire dans son pays et l’a fait savoir à son successeur Olaf Scholz.

La COVID-19 a causé la mort de plus de 1,5 million de personnes sur le continent, selon un comptage de l’AFP réalisé à partir de bilans officiels.

700 000

Nombre de morts supplémentaires que la COVID-19 pourrait faire d’ici au printemps en Europe, selon l’OMS

Au total, le coronavirus a fait plus de 5,16 millions de morts dans le monde depuis fin 2019. L’OMS estime qu’en considérant la surmortalité directement et indirectement liée à la COVID-19, le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé.

Mais un rapport rendu public par l’organisation montre aussi que les vaccins ont sauvé au moins un demi-million de vies en Europe.

« Dans certains pays, le nombre de décès aurait été le double de ce qu’il est aujourd’hui sans les vaccins », a affirmé à Copenhague le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, Hans Kluge, pressant les pays à poursuivre leurs campagnes d’immunisation.

« Passer cette vague »

En France, où la COVID-19 a tué plus de 118 000 personnes, il n’est à ce stade envisagé « ni confinement ni couvre-feu », a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran, lui-même médecin.

« Nous pouvons passer cette vague sans recourir aux outils les plus contraignants. »

— Olivier Véran, ministre français de la Santé

Il a cependant annoncé le retour de l’obligation du port du masque partout en intérieur dans les lieux recevant du public, à compter de vendredi, y compris dans les lieux où le passeport sanitaire est réclamé (restaurants, centres commerciaux, lieux de spectacle, musées…).

Le premier ministre Jean Castex était lui-même absent du Conseil des ministres mercredi, car il avait reçu un résultat positif à la COVID-19.

En République tchèque, le président Milos Zeman a de nouveau été admis jeudi à l’hôpital quelques heures après en être sorti, après avoir lui aussi été testé positif.

Mesure sans précédent en Autriche

En Autriche, les autorités avaient pris il y a quelques jours la décision de confiner la population, une mesure d’une sévérité sans précédent en Europe depuis le début des campagnes de vaccination.

D’autres « confinements », en réalité moins stricts, avaient déjà été décrétés dans d’autres pays comme la Lettonie et les Pays-Bas. Des restrictions supplémentaires ont été mises en place en Italie, en Slovaquie, et un confinement quasi total est entré en vigueur jeudi en République tchèque, où le gouvernement a décrété une période d’état d’urgence de 30 jours, avec fermeture notamment des marchés de Noël et des boîtes de nuit.

Le Portugal a annoncé qu’au retour des fêtes de fin d’année, du 2 au 9 janvier, le télétravail deviendra obligatoire, les vacances des écoliers seront prolongées, tandis que les bars et discothèques fermeront leurs portes.

En France, le rappel vaccinal contre la COVID-19, le plus souvent sous forme d’une troisième dose, sera « ouvert à tous les adultes dès cinq mois après leur dernière injection », à partir de ce samedi.

Un renforcement des mesures est également à l’étude aux Pays-Bas, où les restrictions sanitaires ont déjà provoqué des nuits d’émeute.

Pour le premier ministre belge Alexander De Croo, qui va organiser en urgence vendredi une réunion pour décider de nouvelles mesures, l’augmentation des contaminations et hospitalisations liées à la COVID-19 est « supérieure aux courbes les plus pessimistes » esquissées la semaine dernière par les experts scientifiques.  

Cap franchi en Allemagne

Ancien élève modèle, l’Allemagne fait face à sa plus forte vague au moment où un nouveau gouvernement s’apprête à entrer en fonctions.

Plus de 100 000 personnes y sont mortes de la COVID-19 depuis le début de la pandémie. Pas moins de 75 961 nouvelles contaminations ont été dénombrées mercredi.

La nouvelle coalition mise sur la généralisation du passeport sanitaire dans les transports et de restrictions d’accès pour les non-vaccinés, par exemple pour des lieux culturels, et la vaccination.

Un milliard d’euros va par ailleurs être débloqué en faveur du personnel soignant et aide-soignant.

Pfizer pour les enfants

De son côté, la Commission européenne a recommandé jeudi l’administration d’une dose de rappel au plus tard neuf mois après la deuxième dose de vaccin pour renforcer le passeport sanitaire européen, dont la validité ne serait plus reconnue sans ce rappel.

Et le vaccin de Pfizer contre la COVID-19 a été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans par le régulateur européen du médicament, ouvrant la voie à une vaccination au sein de ce groupe d’âge dans l’UE.

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