Inondations

Des leçons de l’ouragan Sandy pour Montréal

Jersey City avait été durement touchée quand l’ouragan Sandy avait soufflé sur la région de New York, en octobre 2012. Plus du tiers de son territoire avait été inondé, certaines parties se retrouvant plongées sous 3,5 m d’eau. Les inondations qui ont touché Montréal ce printemps n’ont peut-être pas eu la même ampleur, mais la métropole québécoise aurait intérêt à s’inspirer des leçons tirées par la ville américaine afin de mieux se préparer à de tels événements, plaide Alexander Mirescu, l’un des responsables de la « résilience urbaine » à Jersey City.

Le poids des changements climatiques

L’impact des changements climatiques est particulièrement important dans les villes. « Dans toutes les villes du monde, on voit une plus grande fréquence des événements climatiques extrêmes. Et il y a de plus en plus de petits et moyens événements affectant les villes. Mis ensemble, ils deviennent plus coûteux qu’un gros tremblement de terre ou un tsunami, par exemple », dit Alexander Mirescu, qui participe à la campagne des Nations unies sur la résilience des villes.

Événements plus fréquents

La crue printanière ayant frappé Montréal cette année a peut-être débordé de la limite des inondations tous les 100 ans, mais ce type d’événement météorologique risque de survenir plus fréquemment, prévient M. Mirescu. « Il ne faudra pas attendre 100 ans avant la prochaine inondation majeure. Ça pourrait être dans à peine 7 ou 15 ans. On doit redéfinir notre façon d’envisager les désastres, petits et gros », dit-il.

Dommages majeurs

Située dans la région de New York, Jersey City a payé cher son manque de préparation lorsqu’elle a été frappée de plein fouet par l’ouragan Sandy en 2012. Au moins 39 % du territoire de la ville de 250 000 habitants a été inondé. Aménagé sur la rive ouest du fleuve Hudson, le quartier des affaires, surnommé Wall Street West, a été dévasté. Le réseau de transports en commun a été durement touché. Les urgences de l’hôpital local ont été inondées. Même l’hôtel de ville s’est retrouvé sous l’eau. « Les dommages sont survenus dans des endroits critiques. Ça a causé des dizaines, sinon des centaines de millions de dollars de dommages. Beaucoup d’entreprises n’ont jamais rouvert leurs portes après », relate Alexander Mirescu.

Relance

À la suite de cette catastrophe, Jersey City s’est lancée dans un vaste projet pour mieux se protéger des inondations. Son plan de résilience prévoit notamment l’aménagement d’espaces verts pour retenir les eaux pluviales et ainsi éviter qu’elles ne gonflent les rivières lors des événements majeurs. Des digues côtières seront aussi aménagées pour que les deux cours d’eau bordant la ville ne sortent pas de leur lit. Même si ces projets coûtent cher, le jeu en vaut la chandelle, assure M. Mirescu. « Pour chaque dollar investi en résilience, c’est 7 $ qu’on économise en reconstruction. C’est un bon investissement. »

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