COVID-19

La fin du déconfinement, à trois exceptions près

Horacio Arruda a annoncé jeudi les derniers développements menant au « déconfinement total ». Les bars, les casinos, les parcs aquatiques et les parcs d’attractions, qui attendaient leur tour avec impatience, peuvent enfin ouvrir. Mais d’autres secteurs trépignent : les grands évènements, les camps de vacances avec séjour et les combats en contexte sportif.

De nombreux bars avec permis de préparation de nourriture du MAPAQ ont ouvert leurs portes cette semaine, à Montréal. Jeudi, on a annoncé que tous les autres bars pouvaient recommencer à recevoir des clients. Ceux qui le peuvent sont heureux d’enfin relancer la machine, mais bien des propriétaires de bars gardent un goût amer du traitement qui leur a été réservé pendant la crise.

« Encore une fois, on voit qu’ils se foutent un peu de nous », déplore Pierre Thibault, président de la Nouvelle Association des bars du Québec. « Ils auraient pu nous donner un avis, comme pour les restaurants. Tout le monde se fait prendre de court. La majorité des bars n’ont pas commandé de bière, parce qu’ils sortent d’une période très éprouvante financièrement. Là, ils vont tous courir après les camions de livraison de bière en même temps ! »

« Je vais rappeler le personnel ! », lance David Schmidt, à qui nous avons appris, hier, que les bars sans permis du MAPAQ avaient enfin la permission de rouvrir. Copropriétaire du Mal Nécessaire, du Bar Pamplemousse, du Pelicano et d’un autre projet à venir à la mi-juillet dans le Quartier chinois, il estime avoir besoin d’au moins deux semaines pour remettre chacun de ses établissements en marche.

Outre l’absence de préavis, bien d’autres facteurs empêcheront certains établissements de rouvrir cet été. Andrew Whibley, par exemple, remettra sur les rails son bar du Vieux-Montréal, le Stillife, d’ici environ une semaine. Mais il ne pourra pas rappeler ses mixologues de haut niveau au Cloakroom. Le format très étroit de la salle ne le permet pas.

Le bartender de métier rêve par ailleurs toujours d’un assouplissement des règlements sur l’alcool à emporter et de rabais sur l’alcool pour les titulaires de permis comme en Colombie-Britannique, pour aider les propriétaires de bars, durement touchés par la crise. Il n’est pas trop tard, croit-il.

Pistes de danse interdites

Les boîtes de nuit où la jeunesse a l’habitude de s’entasser pour lâcher son fou ne rouvriront pas leurs pistes de danse. Le DHoracio Arruda a insisté sur le fait que les deux mètres de distanciation physique devaient continuer d’être respectés et que les clients des bars devaient absolument rester assis.

Au Velvet, club de l’Auberge Saint-Gabriel rafraîchi juste avant la crise, la capacité est normalement de 188 places, en format boîte de nuit. « Assis, avec distanciation, je pourrais entrer peut-être 20 personnes. Ça ne sera pas la fête du siècle ! », lance le propriétaire, Marc Bolay. Si la cuisine de l’emblématique adresse du Vieux-Montréal rouvre le 8 juillet, le bar souterrain, lui, restera fermé jusqu’à nouvel ordre.

Mathieu Grondin, de l’organisme MTL 24/24, croit que la clandestinité aura la cote cet été. « Attendons-nous à voir beaucoup d’évènements dans les parcs, dans les bois, dans les champs. J’ai vu des “manifestives”, des séances de workout dans le parc avec des DJ. Le fait de ne pas permettre ces activités sous supervision les repoussera dans l’illégalité, où on ne contrôle rien. »

La Ronde, spas, casinos

Parmi les autres lieux et activités qui reprendront, il y a le parc d’attractions La Ronde, qui prend les consignes sanitaires au sérieux. Tous les visiteurs et les employés devront porter un masque, et il y aura une prise de température corporelle à l’entrée du parc. De nombreuses stations sanitaires seront également installées et la distanciation physique sera respectée dans tous les manèges.

« La Ronde appartient au groupe Six Flags, qui a plusieurs parcs qui ont rouvert aux États-Unis dans les dernières semaines. On va s’inspirer d’eux pour voir comment on doit fonctionner cet été. »

— Karina Thevenin, cheffe aux relations publiques de La Ronde

Alors que le Québec a déjà connu deux périodes de canicule avant le début de l’été, les parcs aquatiques sont conscients que bien des Québécois ont hâte de glisser sur des tubes. « Pour que les gens se sentent bien et [soient à l’aise], on va fonctionner à 30 % de notre capacité d’accueil », explique Louis-Philippe Hébert, président des Sommets, qui possèdent notamment le parc aquatique à Saint-Sauveur.

Contrairement aux années précédentes, où les visiteurs pouvaient décider sur un coup de tête d’aller se baigner dans ses glissades d’eau, M. Hébert recommande aux gens d’acheter leurs billets en ligne en réservant une date précise.

Pour le Village Vacances Valcartier, ce n’est pas qu’une recommandation : il faut « absolument » acheter les billets en ligne, et le parc aquatique sera accessible à 40 % de sa capacité d’accueil au maximum, ce qui correspond quand même à « quelques milliers de personnes ». L’ouverture est prévue dès le 30 juin. « Il était minuit moins une pour nous. Nous nous étions dit qu’après le 10 juillet environ, on n’ouvrait pas, explique Sandra Nadeau, directrice principale en marketing. Déjà que ce ne sera pas un été profitable pour nous », ajoute-t-elle.

Même si la présidente du Spa Eastman, Jocelyna Dubuc, ne veut pas « bouder son plaisir » puisqu’elle est « très heureuse » de l’annonce, elle confie être surprise que les spas n’aient pas rouvert plus tôt puisqu’il y sera « très facile » de respecter les mesures de distanciation physique. « De plus, un aspect qu’on a rarement nommé pendant la crise est l’importance que notre système immunitaire fonctionne bien. Et un sauna, ça a un impact majeur sur notre système immunitaire », évoque Mme Dubuc.

Les casinos, les salons de jeux et les appareils de loterie vidéo ont aussi reçu l’aval du gouvernement pour se remettre en marche. Loto-Québec annoncera au cours des prochains jours l’échéancier et les modalités pour la réouverture.

Pour ce qui est des trois secteurs encore interdits, soit les festivals et grands évènements, les camps de vacances avec séjour et les combats en contexte sportif, le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, a expliqué qu’ils représentaient encore un trop grand risque de propagation de la COVID-19.

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