La COVID-19 ne freine pas les fidèles

Les 500 billets pour les messes du Vendredi saint de l'oratoire Saint-Joseph se sont envolés si vite que certains sont repartis bredouilles

Des centaines de fidèles sont arrivés des heures à l’avance afin de mettre la main sur un billet pour la messe de 15 h du Vendredi saint à l’oratoire Saint-Joseph.

L’Oratoire, qui peut accueillir plus de 3000 personnes, devait cette année se limiter à 500 fidèles, afin de respecter les règles sanitaires en vigueur. Pour pouvoir assister à la messe, il fallait se procurer un billet gratuit offert la journée même sur les lieux.

« Pour le dimanche des Rameaux, la semaine dernière, je suis arrivée deux heures et demie à l’avance. Je voulais m’assurer d’avoir une place. Aujourd’hui, je suis arrivée deux heures à l’avance », dit Sandra Ranaivozanany. Pour elle qui vit seule, la messe est une occasion de briser la solitude. « Je suis arrivée il y a un an de Madagascar. Je suis catholique pratiquante et, l’an passé, tout était fermé, alors je n’ai pas pu venir à la messe. Aujourd’hui, j’en profite », dit-elle.

Un peu plus loin, Marie Alayao attend impatiemment que la messe commence. « Je suis arrivée à midi. Je voulais être certaine d’avoir un billet pour la messe en français », dit-elle.

À l’oratoire Saint-Joseph vendredi, deux messes ont eu lieu simultanément à 15 h. Une messe en français dans la crypte de l’oratoire a accueilli 250 fidèles, tandis qu’une autre, en anglais, a eu lieu à la basilique, trois étages plus haut.

À l’arrivée de Honorat Koffi à 13 h 30, il ne restait plus de billets pour la messe en français. « Heureusement, il y avait encore des billets pour la messe en anglais, alors c’est pas mal. Au moins, je peux participer », dit M. Koffi, qui est venu accompagné de son père.

Quelques minutes plus tard, la messe en anglais affichait complet aussi. « Je savais qu’il fallait prendre des billets, mais je ne savais pas que beaucoup de personnes se déplaceraient dès 8 h le matin pour les avoir », dit Joséphine Ligout, qui n’a pas réussi à mettre la main sur un billet. « Il est trop tard pour me rendre dans une autre église. Je vais l’écouter sur l’internet, mais ce n’est pas la même chose », se désole celle qui a toujours assisté à la messe du Vendredi saint.

Mesures strictes

Port du masque obligatoire, flèches au sol, désinfectant : les mesures sanitaires étaient respectées à la lettre dans l’établissement. Des placiers s’assuraient qu’il n’y avait pas plus d’une bulle familiale par banc et qu’une rangée sur deux était vide.

« Je suis très satisfait des mesures. Je ne pensais pas qu’elles allaient être si bien respectées avec le nombre de personnes qu’ils recevaient. »

— Honorat Koffi

Depuis le 26 mars, les lieux de culte, qu’ils soient situés dans des régions au palier d’alerte rouge, orange ou jaune, peuvent recevoir 250 personnes au maximum. Une exception s’applique toutefois aux régions de Québec (y compris Lévis) et de l’Outaouais, qui ne peuvent dépasser 25 personnes jusqu’au 12 avril prochain. La distanciation de deux mètres entre les personnes ne résidant pas à la même adresse et le port du masque d’intervention sont obligatoires en tout temps.

M. Koffi s’est dit comblé par l’annonce du 26 mars dernier. « Je suis passé plusieurs fois à l’Oratoire pendant la pandémie, et c’était fermé. Dès qu’on a eu l’information que c’était ouvert pour la période de Pâques, on a sauté sur l’occasion. »

Dans d’autres églises de la province, les fidèles étaient invités à réserver leur billet en ligne ou par téléphone. Certaines paroisses ont offert la messe en direct sur les réseaux sociaux.

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