Les vins de la semaine

Pour instruire son palais

Voici trois vins qui sont d’excellents candidats pour faire ses classes. Trois exemples très classiques pour apprendre ce que les vins d’un certain cépage ou d’une certaine région peuvent goûter. Un cépage aux arômes exubérants, le viognier, un délicieux valpolicella et une très juste expression du Douro.

Viognier parfumé

Vous ne connaissez pas le viognier ? Voici le vin idéal pour s’y initier. Comme le gewurztraminer, c’est un cépage qui ne laisse pas indifférent. Cépage aromatique, il offre ici une certaine retenue au nez, mais avec un parfum typique : poire mûre, abricot au sirop, très floral (jasmin et fleur d’oranger), et pas mal épicé. La bouche est riche, ample et grasse, caractère amplifié par une acidité modérée. L’équilibre est apporté par de jolis amers, qui rappellent l’écorce d’orange, les épices, et de très légers tanins. Un vin aux saveurs crescendo, qui évolue beaucoup dans le verre. À essayer avec du homard à la vanille, des pétoncles au curry ou curcuma.

Bonterra Viognier Mendocino County 2018, 20,65 $ (898767) Bio 14,8 %

Garde : 2 à 3 ans

Simple et savoureux

Un vrai bon Valpo. Pas un amarone, ni un ripasso, mais le vin le plus simple du coin, le vin de tous les jours. Mais simple ne veut pas dire pas bon ! Issu des mêmes cépages que ses grands frères, corvina, corvinone et rondinella (et pas sangiovese tel qu’indiqué sur le site de la SAQ – cépage interdit dans l’appellation), le simple Valpolicella a longtemps souffert d’une image de vin quelconque issu d’une surproduction. Pas ici : ce vin est savoureux, frais, tonique, archi sec et appétissant. Des arômes de cerise et de canneberge, un caractère gouleyant, mais aussi de la matière, de légers tanins et une pointe d’amertume en font un vin complet, parfait pour la table. Exactement ce que je cherche quand je veux un bon Valpo. Pizza, pâtes sauce tomate, foie de veau, légumes amers.

Brigaldara Valpolicella 2018, 18,45 $ (14320523) 13 %

Garde : 1 à 2 ans

Offert en succursales à partir du 25 mars

Transporter dans le Douro

Plonger le nez dans ce vin, c’est comme se retrouver dans les vignobles du Douro : on y sent la terre chauffée par le soleil ! Élaboré avec de vieilles vignes de touriga franca, touriga nacional et tinta roriz, surtout, ainsi qu’une douzaine d’autres cépages, il offre une couleur et un nez sombres : des arômes de fruits noirs, mûrs et confits, de prunes, de cerise à l’eau-de-vie, de fleurs mauves séchées, de terre noire chaude. Très sec, ample et corsé en bouche, mais avec beaucoup de fraîcheur, et une forte impression minérale, caillouteuse. La finale est longue, serrée, sur des tanins fermes. À passer en carafe et déguster avec des viandes braisées.

Conceito Contraste Douro 2017, 20,65 $ (13211894) 14 %

Garde : 6 à 8 ans

Gourmand

À boire

Parce que le monde du vin est en constante effervescence, la journaliste spécialisée Karyne Duplessis Piché vous offre une sélection hebdomadaire de nouvelles du monde des liquides.

Quiz

Est-ce que la Bourgogne produit davantage de vin blanc ou de rouge ?

Réponse

Du blanc. La Bourgogne est très connue pour ses rouges à base de pinot noir. Cette région viticole de France produit néanmoins deux fois plus de vin blanc que de rouge. Son sol riche en calcaire explique en partie pourquoi le cépage chardonnay s’y plaît autant. Cette variété de raisin n’est pas le seul cépage blanc cultivé en Bourgogne. L’aligoté, une variété locale, revient au goût du jour et caractérise l’appellation Bouzeron. On trouve également du sauvignon blanc à Saint-Bris.

Élégant avec un plat à l’érable

Dans le nord de la Bourgogne, tout près de Chablis, Vézelay produit uniquement du blanc. Cette petite appellation a été hissée au rang de villages en 2017. C’est une bonne nouvelle pour sa dizaine de vignerons qui mettent en valeur ce terroir plus argileux, qui était déjà exploité par les Romains il y a 2000 ans. Le domaine La Croix Montjoie a été créé en 2009 par Sophie et Matthieu Woillez, et le vignoble de 10 hectares est aujourd’hui en conversion biologique. Leur cuvée L’Élégante est élaborée avec des vignes plantées dans la parcelle où le sol possède davantage de calcaire. Dans le verre, le nez révèle des notes de poire et de fleurs qui se retrouvent aussi en bouche. Sur les papilles, l’attaque croquante et saline est suivie d’une rondeur et d’une longue trame d’épices. La finesse et la tension ne sont pas masquées par un élevage trop important en fût de chêne, car seul un quart de la cuvée a séjourné en barrique. Bon choix pour accompagner un filet de porc à l’érable.

Domaine La Croix Montjoie Bourgogne Vézelay L’élégante 2017, 28 $ (13133398)

Érable en crème

À défaut d’aller se sucrer le bec à la cabane à sucre, cette boisson crémeuse sera délicieuse en digestif, dans le café ou pour napper un dessert. L’entreprise montréalaise Certico produit sa crème avec des noix plutôt qu’avec des produits laitiers. On ne remarque toutefois pas la différence. La boisson est ensuite alcoolisée avec de la vodka, puis aromatisée avec du sirop d’érable. Elle est subtilement épicée et étonnamment pas trop sucrée, et on découvre des arômes de caramel et d’érable. Une intéressante solution de rechange locale, et végane, au fameux Bailey’s.

Cremerable Boisson Crème de noix à l’Érable, 32 $ (14233825)

Célébrer l’équinoxe

Ce classique printanier de la brasserie Dieu du ciel ! est enfin de retour. Cette bière maltée de type Scotch Ale réunit à merveille les notes de grillé, de fruits secs, de caramel et d’érable. Les parfums de vanille qui trahissent l’élevage en fût de Bourbon apportent de la complexité à la boisson. Le tout se retrouve dans une bière assez corsée avec ses 9 % d’alcool. Accompagnée d’un fromage aux noix ou d’une tire d’érable faite maison sur la neige, c’est un bon moyen de survivre à la quarantaine.

Équinoxe du printemps, Dieu du ciel !, 341 ml, 2,79 $ (en dépanneur)

Des règles pour le vin nature

Malgré l’engouement pour le vin nature, aucune règle ne réglementait ses pratiques d’élaboration. Le flou est désormais résolu, du moins en France. Après une décennie de débats et de tentatives, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a validé la charte mise en place par le Syndicat de défense des vins nature. Pour revendiquer le logo Vin méthode nature, les vignerons devront respecter 12 règles, dont pratiquer l’agriculture biologique, vendanger à la main, utiliser les levures indigènes et n’ajouter aucun sulfite avant ou pendant la fermentation. Est-ce que cela signifie que le vin sera exempt de sulfites ? Que nenni. Les producteurs auront la « possibilité d’ajustement de 30 mg, quels que soient la couleur et le type de vin, avant la mise » en bouteille. Cette quantité devra être précisée sur l’étiquette. Membre du syndicat, le vigneron de la Loire Sébastien David explique que « plusieurs vins de la vendange 2019 en cours de vérification et de certification sont sur le point d’être labellisés Vin Méthode Nature ». Les premières cuvées certifiées pourraient arriver dans les prochains mois au Québec. Au moment d’écrire ces lignes, 223 vignerons avaient adhéré à la charte.

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