Un trafiquant d’armes contre une joueuse de basketball ?

Les États-Unis ne devraient pas hésiter à renvoyer en Russie un ancien trafiquant d’armes de haut vol pour obtenir la libération de la joueuse de basketball Brittney Griner, affirme l’auteur d’un livre de référence sur « le Marchand de la mort ».

Douglas Farah a convenu vendredi en entrevue avec La Presse que l’échange de prisonniers actuellement envisagé par Washington peut paraître surprenant puisqu’il n’y a « aucun parallèle » possible entre le lourd passé de Viktor Bout et les accusations retenues à l’encontre de la vedette sportive américaine.

L’ex-trafiquant, note M. Farah, a alimenté en armes plusieurs potentats dans les années 1990 en leur donnant les moyens de commettre des « atrocités sans nom » qui ont fait des milliers de morts, notamment en Afrique.

Viktor Bout a été appréhendé en 2008 et condamné à 25 ans de prison aux États-Unis après avoir été piégé par des agents américains qui s’étaient fait passer pour des rebelles colombiens cherchant à renouveler leur arsenal.

Risque moindre

Mme Griner a été condamnée à neuf ans de prison pour « trafic de drogue » cette semaine à Moscou après avoir été appréhendée à la frontière russe avec une vapoteuse contenant de l’huile de cannabis. La décision a été décriée par plusieurs organisations de défense des droits de la personne.

Selon M. Farah, il faut garder en tête en considérant l’échange envisagé que Viktor Bout arrive « bientôt au stade où il pourra réclamer une libération conditionnelle » susceptible de lui permettre de sortir de prison « de toute façon ».

Le risque que prendrait Washington en envoyant Bout en Russie demeure par ailleurs faible, ajoute M. Farah puisqu’il sera incapable de recréer les réseaux et les conditions lui ayant permis de devenir l’un des plus importants trafiquants d’armes de la planète dans les années 1990 et au début des années 2000.

Ses avions ont même été utilisés un temps pour acheminer du matériel aux forces américaines en Irak, note M. Farah.

Le trafiquant, explique-t-il, avait eu l’intelligence de réaliser après la chute de l’Union soviétique qu’il pouvait facilement se procurer des avions et accéder à des stocks d’armes mal surveillés qui ont alimenté un juteux commerce.

La situation a bien changé en Russie puisque le président Vladimir Poutine mène le pays d’une main de fer et ne permet à personne de mener des opérations d’envergure sans son approbation, note M. Farah.

Quel intérêt ?

Viktor Bout, qui a des liens avec le renseignement militaire russe, aurait d’ailleurs opéré sous la supervision étroite du Kremlin dans les années précédant son arrestation, relève l’auteur.

« Les talents qui permettaient à Bout de livrer parfois des armes aux deux parties engagées dans le même conflit ne présentent pas un grand intérêt aujourd’hui pour le Kremlin. »

— Douglas Farah, auteur d’un livre de référence sur « le Marchand de la mort »

Le président russe pourrait toutefois être tenté de le récupérer dans le cadre d’un échange de prisonniers afin d’envoyer le message que son régime n’abandonne pas ses proches.

Il pourrait aussi, note M. Farah, chercher à présenter sa libération comme une victoire face aux États-Unis dans le contexte tendu découlant de l’invasion de l’Ukraine.

L’idée d’organiser un échange de prisonniers incluant Viktor Bout a été soumise au Kremlin par l’administration américaine il y a plusieurs semaines sans obtenir de réponse immédiate, selon plusieurs médias du pays.

L’échange proposé inclurait Brittney Griner, mais aussi un autre Américain détenu en Russie, Paul Whelan, qui a été condamné pour espionnage.

Le secrétaire d’État américain, Anthony Blinken, a annoncé la semaine dernière que l’administration avait soumis une « offre substantielle » à la Russie sans donner de détails.

Il s’est entretenu directement à ce sujet avec le ministre des Affaires étrangères de Russie, Sergueï Lavrov, qui a ouvert la porte vendredi à des discussions formelles.

Selon l’Agence France-Presse, le représentant russe a précisé que Moscou était « prêt à discuter » dans le cadre d’un forum que les deux pays avaient convenu de créer à cette fin l’année dernière.

CNN rapporte que des hauts responsables du département de la Justice américain étaient opposés à l’idée d’utiliser Viktor Bout dans le cadre d’un échange de prisonniers, mais que le président Joe Biden avait donné son aval au scénario.

« Il y aura sans doute un prix politique à payer à ce sujet. Mais la libération de Brittney Griner représenterait un gain important », conclut M. Farah.

Tuerie de Sandy Hook

Alex Jones condamné à verser 45 millions

Washington — Le célèbre complotiste d’extrême droite Alex Jones a été condamné vendredi au Texas à verser une amende de 45,2 millions de dollars aux parents d’un garçon tué dans la pire tuerie jamais survenue dans une école américaine, dont il avait nié la réalité.

La veille, le fondateur du site Infowars avait déjà été condamné à verser plus de 4 millions de dollars de dommages et intérêts à Scarlett Lewis et Neil Heslin, dont le fils de 6 ans était mort dans le massacre survenu à l’école Sandy Hook en 2012.

Un jeune homme armé d’un fusil semi-automatique avait tué 20 enfants et six adultes dans cet établissement du Connecticut, suscitant l’effroi aux États-Unis et relançant le débat sur les mesures pour réguler les ventes d’armes à feu.

Alex Jones, figure connue de l’extrême droite et adepte des théories complotistes, avait, contre toute évidence, affirmé sur son site que le massacre n’était qu’une mise en scène pilotée par des opposants aux armes à feu.

Plus tôt vendredi, Wesley Ball, l’avocat des parents du jeune garçon décédé, avait lancé au jury : « Vous avez la capacité d’envoyer un message au pays entier, voire au monde […]. Et il consiste à arrêter Alex Jones. Arrêter la monétisation de la désinformation et des mensonges. »

M. Ball leur avait demandé de « faire en sorte qu’il ne puisse plus recommencer ».

D'autres poursuites en cours

Ces peines ne sont que les premières d’une série de procédures intentées par les proches des victimes.

Plusieurs familles l’avaient poursuivi en justice pour obtenir des indemnisations.

Il avait finalement admis publiquement la réalité de la tuerie, tout en refusant de coopérer avec les tribunaux.

Des juges du Texas et du Connecticut l’avaient donc condamné par défaut à verser des dommages et intérêts aux plaignants, tout en laissant le soin à des jurés de fixer leur montant.

D’autres sanctions financières devraient suivre prochainement et pourraient priver Alex Jones de sa plateforme.

Les tueries – récurrentes aux États-Unis – font souvent l’objet de théories du complot mettant en doute la réalité des faits, qui provoquent parfois le harcèlement de proches de victimes, accusés de mentir.

Trois personnes meurent foudroyées devant la Maison-Blanche

Trois personnes sont mortes et une autre a été grièvement blessée après avoir été frappées par la foudre en face de la Maison-Blanche jeudi soir à Washington. « Deux personnes ont été déclarées mortes après avoir été foudroyées au square Lafayette », à quelques mètres des grilles de la Maison-Blanche, a indiqué la police vendredi matin. Il s’agit d’un couple de septuagénaires originaires du Wisconsin, ont précisé les autorités. Ils étaient en voyage dans la capitale pour fêter leur 56e anniversaire de mariage, a déclaré leur nièce au quotidien local Milwaukee Journal Sentinel. Le décès d’une troisième victime, un homme de 29 ans, a été confirmé vendredi après-midi par la police. La quatrième personne demeurait vendredi matin « dans un état critique ». La porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre, a exprimé ses condoléances aux familles des victimes dans un communiqué. La foudre s’est abattue jeudi dans le parc public qui borde la résidence du président américain quelques minutes avant 19 h.

— Agence France-Presse

Assaut du Capitole

Lourde peine de prison demandée pour un policier émeutier

Des procureurs fédéraux américains ont réclamé jeudi une peine de huit ans de prison pour un ancien policier de la Virginie reconnu coupable d’avoir participé à l’assaut du Capitole en janvier 2021. Le sergent Thomas Robertson a profité de sa formation pour entraver le travail des policiers qui essayaient de protéger le Capitole le 6 janvier 2021. Un jury a reconnu M. Robertson coupable en avril des six accusations qui pesaient sur lui. On lui reprochait notamment d’avoir entravé le travail des policiers et d’être entré dans une zone restreinte avec une arme dangereuse, un imposant bâton de bois. Le juge Christopher Cooper doit annoncer la peine de M. Robertson jeudi prochain. Les procureurs ont aussi réclamé trois années de liberté supervisée après la peine de prison. Une peine de huit ans de prison serait la plus lourde jamais imposée en lien avec l’émeute. Guy Reffitt, un Texan qui a participé à l’assaut du Capitole en possession d’une arme de poing, a été condamné à sept ans et trois mois d’incarcération.

— Associated Press

L’Indiana adopte une loi interdisant l’avortement

L’Indiana est devenue vendredi le premier État à adopter une nouvelle loi restreignant l’accès à l’avortement depuis que la Cour suprême des États-Unis a annulé l’arrêt Roe c. Wade. Le texte est maintenant entre les mains du gouverneur républicain Eric Holcomb, qui n’a pas indiqué s’il le signerait. Le Sénat a approuvé l’interdiction quasi totale par 28 voix contre 19, quelques heures après que les membres de la Chambre l’ont votée à 62 voix contre 38. La loi prévoit des exceptions limitées, notamment en cas de viol et d’inceste, pour protéger la vie et la santé physique de la mère, et si une anomalie létale est diagnostiquée chez le fœtus. Les exceptions pour le viol et l’inceste ne s’appliquent toutefois pas après 10 semaines. L’élue républicaine Wendy McNamara, qui a parrainé le projet de loi, a déclaré aux journalistes après le vote que cette loi « fait de l’Indiana l’un des États les plus pro-vie de la nation ».

— Associated Press

Présidentielle 2024

La convention républicaine se tiendra au Wisconsin

Le Parti républicain a annoncé vendredi qu’il organiserait sa convention nationale de 2024 pour introniser son candidat à l’élection présidentielle dans l’État du Wisconsin, remporté d’un cheveu par Joe Biden en 2020. Organisées tous les quatre ans à quelques mois de la présidentielle, les conventions nationales sont des grand-messes politiques qui marquent le coup d’envoi officiel de la campagne, attirant des milliers de membres survoltés des deux partis. La date exacte n’a pas été communiquée, mais l’évènement devrait avoir lieu en juillet ou en août 2024, en amont de l’élection présidentielle de novembre. À plus de deux ans de l’échéance, l’ancien président Donald Trump exprime avec de plus en plus d’insistance son intention de briguer l’investiture républicaine. Du côté démocrate, quatre villes sont encore en lice pour accueillir la convention nationale du parti : Atlanta, Chicago, Houston et New York. 

— Agence France-Presse

Californie

La convention républicaine se tiendra au Wisconsin

Le Parti républicain a annoncé vendredi qu’il organiserait sa convention nationale de 2024 pour introniser son candidat à l’élection présidentielle dans l’État du Wisconsin, remporté d’un cheveu par Joe Biden en 2020. Organisées tous les quatre ans à quelques mois de la présidentielle, les conventions nationales sont des grand-messes politiques qui marquent le coup d’envoi officiel de la campagne, attirant des milliers de membres survoltés des deux partis. La date exacte n’a pas été communiquée, mais l’évènement devrait avoir lieu en juillet ou en août 2024, en amont de l’élection présidentielle de novembre. À plus de deux ans de l’échéance, l’ancien président Donald Trump exprime avec de plus en plus d’insistance son intention de briguer l’investiture républicaine. Du côté démocrate, quatre villes sont encore en lice pour accueillir la convention nationale du parti : Atlanta, Chicago, Houston et New York. 

— Agence France-Presse

Crues exceptionnelles dans la Vallée de la Mort

D’intenses et très rares chutes de pluie dans la célèbre Vallée de la Mort, en Californie, ont provoqué vendredi d’importantes crues et le blocage d’environ 1000 personnes, a annoncé le parc national qui gère le lieu. « Environ 500 visiteurs et 500 salariés ne peuvent pour l’instant pas quitter le parc » national américain en raison de « précipitations sans précédent » qui ont provoqué d’« importantes crues » et la fermeture de l’ensemble des routes desservant le parc national, situé dans l’est de la Californie. « Toutes les routes desservant le parc sont pour l’instant fermées et resteront fermées jusqu’à ce que les agents du parc déterminent l’ampleur des dégâts », ajoute le parc dans son communiqué. Les eaux en crue ont arraché des parties de chaussées sur des routes, lancé des conteneurs à poubelle contre des voitures désormais hors d’usage et inondé des bureaux et des hôtels, précise le parc. Il a reçu en une seule fois 37 millimètres de pluie pour un total moyen annuel de « moins de 50 » millimètres. Les précipitations de vendredi égalent presque le record du parc.

— Agence France-Presse

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