À la fois grosses, bombes et pétards !

Depuis plusieurs lunes déjà, Debbie Lynch-White, Olivia Palacci, Julie de Lafrenière et Sarah Desjeunes Rico se croisent aux auditions de personnages télévisuels ayant des corps atypiques ou des courbes plus généreuses, disons.

En des termes plus crus, ces quatre actrices se battent toujours pour des rôles de grosses, vous savez, cette femme ronde et rigolote (genre : la meilleure amie impertinente) qui sert d’appui comique à une héroïne plus mince ? Elles les jouent. Tout le temps.

Tannées d’aboutir dans ce cul-de-sac professionnel, les quatre comédiennes, épaulées par la scénariste Kim Lévesque-Lizotte, ont inventé leur propre série, Les bombes, où leur physique ne définit pas la trajectoire des mi-trentenaires qu’elles incarnent.

À mi-chemin entre le drame costaud et la comédie pure, Les bombes racontent la chute – donc, l’explosion – de quatre professionnelles aux prises avec des dépendances diverses. Dans le premier épisode, que la chaîne Séries Plus relaiera le jeudi 2 février, à 21 h, nos quatre bombes détonent et atterrissent dans la même chambre commune du centre spécialisé Catharsis, une sorte de maison Jean-Lapointe, mais à Orford, en Estrie.

En relation polyamoureuse, l’installatrice de piscines Claudine (Debbie Lynch-White) ne vit que pour le sexe, avec des gars, des filles ou en solo. L’avocate Vicky (Sarah Desjeunes Rico), obsédée par la performance, empile les semaines de 70 heures grâce aux médicaments qu’elle gobe comme des Skittles.

Accro aux réseaux sociaux, la travailleuse sociale Emma (Julie de Lafrenière), la plus touchante du quatuor, alimente de faux profils sur Instagram et Facebook pour générer des mentions « j’aime », auxquelles elle carbure, déconnectée du monde réel.

Et la bruyante Juliette (Olivia Palacci), qui vit aux crochets de ses riches parents, bousille sa relation de couple en raison de son obsession pour le poker.

Dans les deux premiers épisodes (sur un total de six) que j’ai vus lundi, le rythme et le ton des Bombes varient énormément d’une scène à l’autre. D’un moment poignant, on glisse vers un gag burlesque de vibrateur caché dans un panier à linge, pour revenir à une confession émouvante.

Ce décalage brusque crée des ruptures qui nous empêchent d’embrasser le parcours cahoteux des quatre héroïnes imparfaites.

L’esthétique « spa de luxe » des Bombes, qui ressemble à celle de Nine Perfect Strangers de Prime Video d’Amazon, nuit également à l’adhésion aux intrigues. Ce que les héroïnes s’apprêtent à vivre, soit une cure fermée de 21 jours, ne s’annonce pas jojo, notamment pour le sevrage violent de Vicky. Le décor scandinave badigeonné d’huiles essentielles tranche avec la gravité des problèmes de ses pensionnaires.

Autour des quatre bombes, qui ne se connaissaient pas avant d’atteindre le fond du baril, gravitent trois autres clients du centre Catharsis, dont Étienne (Félix-Antoine Duval), qui en découd avec un trouble obsessionnel compulsif, Jacynthe (Laetitia Isambert), prisonnière de son orthorexie, ainsi que Grégoire (Jean-François Mercier), un grognon quasi muet. Jean-Nicolas Verreault incarne le psychothérapeute Fabien (très direct), qui guide les séances de groupe.

Le meilleur des Bombes, qui s’appelait au départ Les gorgeous, se révèle dans la vérité et les moments intimes où les filles, vulnérables, dévoilent leurs failles et se soutiennent dans leurs épreuves. C’est vibrant et réconfortant.

De mémoire, c’est aussi la première fois qu’une chaîne québécoise confie à quatre actrices rondes les quatre premiers rôles d’une minisérie à gros budget. Il faut le saluer.

Au bout du compte, Les bombes n’est pas une mauvaise émission. Les héroïnes y sont attachantes et on a le goût de les suivre dans leur rétablissement. Il faut cependant écarter quelques éléments nouvel-âgeux qui entravent le récit. Dites-vous également que le personnage de la joueuse compulsive (Olivia Palacci) s’adoucit après deux heures, et c’est tant mieux. Car elle est très, très intense dans chacune de ses apparitions.

Gros dimanche de zapping

L’alliance majoritaire de l’After-party, qui se fractionne en sous-alliances de deux ou trois membres, domine encore la maison de Big Brother Célébrités et a obtenu la tête de Benoît Gagnon. C’est dommage que l’animateur de Rouge FM sorte si rapidement. Je ne pensais pas apprécier autant ce joueur efficace, qui obtiendra une chance inespérée de réintégrer le loft, dimanche prochain, après la troisième éviction de la saison.

Selon Numeris, 728 000 fans ont visionné le gala dominical de Big Brother Célébrités, sur Noovo, contre 1 464 000 qui ont préféré La voix à TVA.

Le dernier épisode de La vraie nature, vu par 776 000 téléphages, a renfermé des confessions émouvantes de Caroline Néron (sur sa faillite) et de Denis Bernard (sur son cancer et sa perte de cheveux). L’humoriste Mathieu Dufour, le plus jeune du trio, se greffait bien aux conversations chapeautées par Jean-Philippe Dion. Bref, un très bon épisode.

Du côté de Tout le monde en parle à Radio-Canada, qui a oscillé entre l’intensité de Roy Dupuis et la frivolité amusante de Bleu Jeans Bleu, la cote d’écoute a été estimée à 835 000 curieux, top minou !

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