Pour des investissements massifs dans le transport collectif
Voies réservées, train, métro
Les maires demandent notamment des voies réservées aux bus sur les autoroutes 13, 15, 19 et 25 et sur certains tronçons des autoroutes 640 et 440, ainsi que le prolongement de l’autoroute 13 jusqu’à la 50. Mais leur souhait le plus coûteux est le prolongement de la ligne orange dans l’Ouest, à partir de la station Côte-Vertu, ou encore l’ajout de quatre stations du REM au cœur de l’île Jésus, jusqu’au Carrefour Laval. Cette liste a été dévoilée hier, à l’issue du Forum sur la mobilité et le transport collectif, qui regroupait à Laval 19 maires de la couronne nord de Montréal. Ils demandent aussi la création d’un bureau de projet d’ici le 1er septembre 2018 pour entreprendre la planification de ce grand chantier destiné à mettre en place un véritable réseau de transport collectif intégré pour Laval et les Basses-Laurentides.
1,25 milliard perdus dans les bouchons
« L’inertie des décideurs coûte plus cher que le montant des investissements nécessaires dans les infrastructures », a souligné le maire de Laval, Marc Demers, instigateur du forum, avant le début de la rencontre. Une étude réalisée par la Société de transport de Laval (STL) a établi le coût annuel des bouchons à 1,25 milliard en perte de temps et de productivité pour les résidants de la région. Le forum des maires n’a pas évalué le coût de ses demandes, soulignant que cette étape reviendrait au bureau de projet, quand les priorités seront déterminées.
Oui au bureau de projet
Le ministre des Transports du Québec, André Fortin, a donné le feu vert à une seule proposition des maires, pour le moment : la mise en place du bureau de projet. Présent hier après-midi au forum, le ministre a admis que la congestion était un véritable fléau dans cette région. Mais il a ajouté que le gouvernement planchait déjà sur des solutions, comme le prolongement de l’autoroute 19 avec des voies réservées aux autobus, annoncé vendredi dernier, ainsi que l’aménagement de voies réservées sur l’autoroute 15, et d’une gare de train de banlieue à Mirabel ainsi que l’arrivée du REM, qui se rendra jusqu’à Deux-Montagnes. « Certains projets sont déjà sur la table, mais pour d’autres, par exemple les voies réservées, on va vérifier s’il est possible de toutes les aménager, et si on peut agir rapidement », a indiqué le ministre.
Changement de mentalités
Un sondage de la STL révélant que les résidants de Laval et de la couronne nord sont plus nombreux à favoriser le développement des transports en commun plutôt que l’ajout d’infrastructures routières vient appuyer les revendications des élus. Selon l’enquête, 52 % de la population favorise les projets de transports en commun, tandis que 48 % des répondants estiment qu’il faut plutôt ajouter des routes. La congestion routière nuit à la qualité de vie de 86 % des répondants au sondage, qui sont prêts à utiliser le transport collectif dans une proportion de 66 % si cette option leur permet de gagner du temps, révèle également le sondage. « Les mentalités changent, c’est clair », a souligné le directeur général de la STL, Guy Picard. « Avec les problèmes de congestion, les gens savent qu’on ne peut pas mettre des routes partout. »
Des gens d’affaires mobilisés
Les problèmes de congestion sont néfastes pour le développement économique, ont aussi déploré des représentants des gens d’affaires de la région, qui appuient les demandes des élus pour le développement des transports en commun. Les retards liés aux bouchons sont coûteux pour les employeurs, tout comme le stress vécu par les employés, qui nuit à leur productivité, a souligné Chantale Provost, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval. Un sondage auprès des entreprises a révélé que certains pôles d’emplois n’étaient desservis par aucun service de transport collectif.