Seconde dose

Peut-on changer la date du rendez-vous ?

Chaque semaine, des journalistes de La Presse répondent directement à vos interrogations.

Plus d’un million de Québécois ont maintenant reçu leur première dose de vaccin. En consultant Clic Santé, ils ont choisi eux-mêmes la date et le lieu de leur premier rendez-vous. Et une fois au centre de vaccination, l’aiguille était à peine sortie du bras qu’ils recevaient une convocation pour recevoir la seconde dose.

Mais pour ce rendez-vous-là, pas question de choisir le lieu ou la date. Pas pour le moment, du moins.

Gilles Babin a reçu sa première dose le 15 mars, en Montérégie. « Après le vaccin, on m’a donné mon rendez-vous pour la deuxième dose, soit le 5 juillet. À ce moment-là, j’ai mentionné que je n’étais pas disponible à cette date. Au centre de vaccination, on m’a indiqué de contacter Clic Santé. »

Mais sur Clic Santé, tant en ligne qu’au téléphone, Gilles Babin a été confronté aux limites du système actuel : « Il n’y a pas de mécanisme pour changer la date de rendez-vous pour la deuxième dose du vaccin », a-t-il constaté.

C’est exact, confirme le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). « Pour le moment, il n’est pas possible d’annuler ou de déplacer un rendez-vous pour l’administration de la deuxième dose du vaccin », répond la porte-parole Marie-Louise Harvey, dans un courriel envoyé à La Presse.

Mais une lueur d’espoir pointe à l’horizon pour tous ces lecteurs qui nous ont écrit avec les mêmes interrogations. « D’ici à ce que débute l’administration des deuxièmes doses, une solution sera mise en place pour permettre le déplacement d’un rendez-vous », écrit Mme Harvey.

Un vaccin en vacances ?

La date du second rendez-vous pourra donc être modifiée.

Mais qu’en est-il du lieu du rendez-vous ? Chantal Barrette, par exemple, a reçu sa première dose à Montréal. Elle déménagera bientôt en Estrie. Devra-t-elle revenir à Montréal pour recevoir sa seconde dose en juillet, ou pourra-t-elle la recevoir dans sa nouvelle région ?

À ce sujet, le MSSS n’a pas encore de réponse. « Les réflexions se poursuivent quant au lieu d’administration de la deuxième dose pour les gens qui changeront de région à l’été, répond Mme Harvey. Actuellement, les efforts se concentrent sur la prise de rendez-vous pour l’administration des premières doses. »

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a dû composer quelquefois déjà avec des problèmes pour lesquels le Ministère n’avait pas encore prévu de solution, que ce soit pour vacciner à l’avance les étudiants qui débarqueront aux Îles à l’été pour travailler, ou pour commencer tout de suite l’administration de la seconde dose chez les aînés.

« Ça reflète les défis de la campagne de vaccination. On sent bien qu’on règle un problème à la fois. La capacité d’anticipation n’est pas là. »

— Joël Arseneau, député péquiste des Îles-de-la-Madeleine

Justement, que pourrait-il répondre à Jean-Louis Laverdière, qui s’apprête à retourner séjourner aux Îles-de-la-Madeleine l’été prochain, comme il le fait depuis de nombreuses années ? « La deuxième dose de vaccination a été fixée le 9 juillet prochain à Longueuil, nous écrit M. Laverdière. Toutefois, nous serons alors déjà rendus aux Îles. Sera-t-il possible de recevoir cette deuxième dose aux Îles-de-la-Madeleine ? »

D’emblée, le député Joël Arseneau est prudent… mais peu emballé par la proposition. « Les doses disponibles pour l’archipel doivent être administrées en priorité à ceux qui y résident de façon permanente, dit-il. Si on a des doses supplémentaires, et s’il y a des cas exceptionnels, et si le CISSS a la capacité d’administrer les vaccins, je ne m’y opposerai pas. Mais je doute de la capacité du CISSS, en approvisionnement et en personnel, de pouvoir mener une campagne de vaccination pendant tout l’été pour des dizaines de milliers de visiteurs… On a déjà des problèmes importants de personnel, on doit avoir recours aux agences tant pour les préposés aux bénéficiaires que pour les infirmières. Ce serait insoutenable pour une petite équipe. »

Sans parler de la logistique de gestion des différents vaccins, qui pourrait potentiellement obliger les Îles à stocker des vaccins d’au moins trois fabricants pour inoculer les visiteurs selon ce qu’ils ont reçu en première dose… La campagne de vaccination en cours aux Îles, considérées comme une « région éloignée », se déroule exclusivement avec le vaccin Moderna. Environ 80 % des adultes madelinots ont déjà reçu une première dose.

Le député se dit bien conscient du dilemme dans lequel se trouvent les visiteurs qui avaient déjà réservé leur séjour aux Îles. « C’est une question qui va se poser pour d’autres régions du Québec, les gens vont devoir planifier leurs vacances en fonction de leur rendez-vous, comme ça peut arriver avec d’autres rendez-vous médicaux. »

Selon les dernières recommandations émises par la Santé publique en mars, la seconde dose de vaccin doit être administrée dans un intervalle de 16 semaines (quatre mois) pour que l’efficacité vaccinale que procure la première dose soit maintenue.

Deuxième dose, même posologie

« Est-ce que ce qu’on injecte [le médicament et la quantité] à la deuxième dose est identique à ce qu’on injecte à la première dose ? », nous demande Diane Roy. Oui, en effet, il s’agit exactement « du même produit et de la même posologie », explique le MSSS. Une dose est une dose, peu importe le nombre de fois que la personne a reçu le vaccin. Quant à l’interchangeabilité des vaccins – soit la possibilité de recevoir deux doses de fabricants différents –, les études se poursuivent pour en déterminer l’efficacité. En attendant, la recommandation est de compléter sa série vaccinale avec le même fabricant – d’où, notamment, l’importance de s’assurer de la disponibilité du vaccin au moment et à l’endroit prévu lors du rendez-vous de la seconde dose…

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.