La simplicité d’Iris Setlakwe

Difficile de ne pas tomber sous le charme de la créatrice de vêtements Iris Setlakwe. Élégante et chaleureuse, elle nous reçoit dans son immense bureau-atelier de la rue Chabanel à Montréal, là où elle crée toutes ses collections avec son équipe de designers. Portrait.

Iris Setlakwe est une autodidacte. Elle a grandi à Sherbrooke dans le magasin général Setlakwe tenu par son père. « Le premier immigrant arménien dans ma lignée est Aziz Setlakwe, il est arrivé au Québec en 1904 et s’est lancé en affaires. Mon grand-père, Michel Setlakwe, et ses frères ont ouvert un magasin général dans les Cantons-de-l’Est, où on vendait des vêtements, notamment pour le ski », explique-t-elle.

À 21 ans, elle lance sa première entreprise, une agence de vêtements. En 2001, elle crée la marque qui porte son nom pour offrir des vêtements qui lui ressemblent. « Dès le départ, j’ai relié trois mots à ma marque, qui sont toujours d’actualité : simplicité, confort, élégance. J’ai toujours aimé les vêtements dont le style est intemporel », dit-elle.

Habiller toutes les femmes

Iris Setlakwe est une marque de vêtements haut de gamme pour femmes. On y trouve des tailleurs, des robes, des chemises, des tricots, des jeans, des tenues les plus chics aux plus décontractées. « Ma philosophie est de créer des collections de vêtements de qualité, ici au Québec, et contribuer à l’économie locale », explique-t-elle.

« J’habille les femmes de tous les âges, de la tête aux pieds, autant pour des tenues de travail que pour le week-end. C’est important pour moi qu’elles se sentent belles. »

— Iris Setlakwe

Iris Setlakwe habille aussi de nombreuses personnalités, comme Céline Galipeau, Mélanie Joly et Karine Vanasse. « Je suis très fière. Quand on se sent bien dans ses vêtements, ça nous donne du pouvoir et de la force. Très souvent, les femmes ne savent pas comment avantager leur silhouette, porter les bonnes couleurs et les styles qui leur vont bien. Il suffit de savoir agencer les vêtements et d’avoir les bonnes coupes et longueurs. Je suis toujours heureuse de les aider à choisir leur garde-robe. »

Les inspirations de la créatrice sont multiples : elle écoute et observe beaucoup les gens, elle aime les voyages, le style européen, les belles matières, les tissus et les détails, comme les jolis boutons sur une veste. « Mes collections, c’est le reflet de ma vie, dit-elle. Je suis une femme active de 53 ans, j’ai deux enfants, une fille de 24 ans et un fils de 23 ans, on vit à Montréal et dans les Cantons-de-l’Est à Knowlton. Je porte des vestons, des robes, mais aussi des tenues plus sport le week-end. J’habille désormais les amies de ma fille qui commencent leur carrière, j’en suis ravie. »

Elle précise qu’elle offre aussi un service clés en main de garde-robe pour les femmes d’affaires. « On s’occupe de tout, pour les femmes très occupées. »

Les deux Iris

En entrevue, la designer et entrepreneure évoque sa dualité, son côté créatif qui cohabite avec son côté « business ». « Je porte les deux chapeaux et j’ai d’ailleurs deux bureaux ! Il y a le côté cérébral où je rédige les contrats d’embauche, je fais les achats de tissus, la planification des collections. Et il y a le côté créatif, je crée des collections avec les designers, je joue avec les tissus et je m’amuse avec les couleurs… Je me permets même d’être bordélique ! J’aime travailler en équipe et partager mon savoir-faire, car j’ai tout appris sur le tas. »

Elle travaille aussi en famille, avec son conjoint et avec sa fille. « C’est extraordinaire de travailler en famille, car il y a une confiance qui s’établit et c’est agréable de déléguer certains départements. Le souci, c’est que nous sommes des passionnés, alors le ton monte parfois, et on parle un peu trop de travail à la maison ! »

Iris Setlakwe a toujours une multitude de projets en tête. Elle a lancé en 2021 une collection pour la maison composée de coussins qui utilise les restes des tissus des collections de vêtements. Elle développe aussi une division cuir ainsi qu’une offre de robes de soirée. « J’adore faire du développement. On a une clientèle qui nous suit depuis plus de 20 ans partout au Canada, aux États-Unis, en plus de nos deux boutiques, au Centre Rockland et à Knowlton », dit-elle.

La femme aux multiples chapeaux est toujours très enthousiaste dans son milieu, malgré le manque de main-d’œuvre qui touche le secteur manufacturier. « On manque de couturières, de patronistes… mais quand on fait ce qu’on aime dans la vie, on relève les défis. Ça donne de l’énergie, ça stimule, on est heureux. J’encourage vraiment les jeunes à trouver leur voie. »

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