Chronique

Carey Price volera-t-il la série ?

Une prolongation. Deux tirs de punition. Soixante-seize tirs. Après un sevrage de quatre mois, les partisans du Canadien ont eu droit au match le plus spectaculaire de la saison, samedi soir. Une victoire improbable, signée Carey Price, auteur d’une performance magistrale.

Le gardien du Canadien s’est particulièrement distingué contre Evgeni Malkin, tout aussi en forme. Les deux se sont livré un duel épique. Le Russe a multiplié les punchs. Huit tirs cadrés – son plus haut total depuis 2015. Son lancer du poignet était lourd. Ses attaques, incisives. Mais Price a résisté, blanchissant même Malkin pour la soirée.

Price s’est aussi distingué contre les autres vedettes des Penguins. Avec deux minutes au temps réglementaire, il a frustré Conor Sheary en échappée, bloqué le rebond récupéré par Sidney Crosby et fermé les angles sur le tir de punition qui a suivi. De nouveau contre Sheary, rien de moins. Puis en prolongation, il a réalisé un arrêt crucial aux dépens de Jake Guentzel. En tout, les Penguins ont tiré 13 fois à moins de cinq mètres de Price. C’est énorme. Par moments, on avait l’impression que Price se débattait comme une oie soumise aux tirs croisés des chasseurs au cap Tourmente.

Claude Julien a souligné l’excellente performance de son gardien étoile. « Si ce n’est pas de Carey Price dans les cinq, dix premières minutes… [Les Penguins] sont vraiment sortis fort contre nous. Ils avaient de la vitesse en zone neutre. Ils ont eu de belles opportunités dans l’enclave. Carey a été colossal [huge] en première période. Il nous a donné une chance de revenir dans le match. »

Vous aurez deviné que si Price a dû se surpasser, c’est parce que devant lui, les eaux étaient souvent écartées. Notamment parce que le Canadien a souffert d’indiscipline.

Phillip Danault – le meilleur attaquant défensif de l’équipe – a été puni trois fois. Jonathan Drouin, deux fois. Ben Chiarot a écopé d’une punition inutile en infériorité numérique. Une leçon de maître dans l’art de se nuire.

Aussi, les confrontations initiales n’étaient pas à l’avantage du Canadien. Nick Suzuki ne touchait presque jamais à la rondelle lorsqu’il affrontait Evgeni Malkin. En plus, le Tricolore n’avait pas le dernier changement lors des mises au jeu. Deux morceaux de robot pour Claude Julien, qui a réussi à éloigner Suzuki de Malkin. Une stratégie très payante. La recrue du Canadien a brillé le reste de la rencontre. Il a même été l’attaquant le plus utilisé de l’équipe, avec plus de 23 minutes de jeu.

Carey Price a donc volé ce premier match. Un peu à la manière de Patrick Roy dans ses belles années avec le Canadien. Ou de Jaroslav Halak, dans les séries de 2010. Peut-il maintenant voler la série ?

Il en a le talent.

Mais ça ne nuirait pas s’il avait un peu d’aide pour contenir Malkin.

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