Une Québécoise brille à America’s Got Talent

Une Québécoise s’est glissée parmi les participants du célèbre concours télévisé America’s Got Talent. Violon à la main, la compositrice et interprète Gabriella Laberge a monté les marches de la scène emblématique en avril dernier, et ce, dans le plus grand des secrets. Après la diffusion de son audition – qui a suscité le buzz et une ovation des juges –, elle nous a raconté son passage dans les coulisses du plus grand plateau télévisé d’Hollywood.

Les vacances de Gabriella Laberge dans une île côtière de la Colombie-Britannique devaient être reposantes. Un périple en amoureux, sans téléphone ni réseaux sociaux. Mais les plans ont vite changé.

« La semaine dernière, j’ai appris que mon audition allait être diffusée ce soir. Avoir su, j’aurais planifié quelque chose ! », rigole Gabriella de l’autre côté de l’écran.

L’audition en question, c’est celle qu’elle a passée, plus tôt cette année, à l’émission de téléréalité America’s Got Talent, qui entame sa 16e saison. En 2018, un chasseur de talent du concours américain avait pris contact avec la chanteuse originaire de Saint-Basile. À l’époque, elle surfait encore sur la vague The Voice : la plus belle voix, qui l’a menée en quart de finale de la 5e saison du télécrochet français – la reprise au violon de The Scientist, de Coldplay, devenue virale, c’était elle.

« À ce moment-là, je sortais mon deuxième album, j’étais en tournée. Ce n’était pas quelque chose qui était dans ma tête », se souvient Gabriella. Un an plus tard, on l’a relancée. Cette fois, elle a dit oui, mais la pandémie a fait avorter le tournage de la saison. Entre-temps, elle a aussi participé au concours Destination Eurovision, qui sélectionne le représentant de la France au grand concours de chant européen.

Unanimité

« Il y a eu tellement d’embûches que je n’y croyais plus », se souvient l’artiste. Trois ans et demi plus tard, elle s’est finalement rendue sur la scène du Pasadena Civic Auditorium (« la même scène où Michael Jackson a fait son premier moonwalk ! »), où son interprétation de Goodbye My Lover, de James Blunt, a suscité l’unanimité des juges, ce qu’a bien résumé Simon Cowell : « L’Amérique mérite de te connaître. »

Sur YouTube, la bande-annonce de son audition a déjà été regardée 1,3 million de fois. Sur Facebook, 1,2 million de clics de plus.

« C’est complètement fou ! Tu ne t’attends pas à ça. On dirait qu’après tout ce long processus, je suis arrivée sur scène sans attente. Avec une légèreté, même. J’étais juste extrêmement reconnaissante d’avoir ce privilège. »

— Gabriella Laberge

Soulignons qu’une autre Québécoise s’est aussi frayé un chemin jusque-là. Il s’agit d’Alexandra Côté, éducatrice canine de Thetford, qui a séduit les juges avec la prestation acrobatique de ses chiens.

120 secondes

America’s Got Talent, c’est des mois et des mois de préparation pour une prestation de 120 secondes. Rien n’est donc laissé au hasard. En préparation du jour J, Gabriella s’est entraînée avec un violoniste de l’Orchestre symphonique de Montréal et a embauché un coach de la voix. Elle a testé des dizaines et des dizaines de chansons.

Atterrie à Hollywood, en avril dernier, elle a ensuite passé une semaine en quarantaine dans un hôtel, où elle s’est exercée « comme un cheval de course ». Interdiction de sortir de sa chambre, à part le bout de son nez.

« Je sortais la tête dans le couloir et j’entendais les autres participants chanter. »

— Gabriella Laberge

Après deux autres journées de répétition, c’était l’heure de monter sur scène. Fait comique : en raison des mesures sanitaires, la salle était vide. Les applaudissements et les encouragements du public étaient ajoutés au montage. « Et les juges, ils étaient tellement loin de moi que je ne les voyais pas ! »

Ça ne l’a pas empêchée d’offrir une prestation à la hauteur de ses ambitions – et de recevoir un laissez-passer pour le prochain tour. Même si, au bout du compte, tout ça lui importe peu. « L’audition, c’est ça qui était important. C’est ma carte de visite. Le reste du concours, la compétition, ce n’est pas ça qui compte pour moi », dit-elle.

Ce qui compte, c’est de terminer son troisième album. Et surtout, de prendre son temps pour bien le faire.

« Je ne veux plus faire l’erreur de me précipiter pour sortir de la musique juste pour profiter d’un momentum. Je ne veux pas être définie par les buzz. Je veux une longue carrière, je veux faire de la scène toute ma vie et, pour y parvenir, j’ai beaucoup plus de choses à accomplir que cette émission. »

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