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Le défi de raviver le sentiment d’appartenance

Après plus de deux ans de télétravail, beaucoup d’employés reprennent le chemin du bureau ce printemps, souvent en mode hybride. Les gestionnaires se retrouvent avec un nouveau défi : celui de raviver le sentiment d’appartenance au sein des équipes.

Selon Éric Provencher, psychologue organisationnel chez Humana Conseil, le modèle retenu par plusieurs organisations est celui d’un retour en présentiel en formule hybride, soit deux ou trois jours par semaine au bureau. « Et idéalement, quand on le peut, on favorise des moments où tout le monde est présent, ce qui va aider l’esprit d’équipe et favoriser l’intégration des nouvelles personnes », précise-t-il.

Il est important que ce retour « en personne » soit bonifié : si tout le monde vient au travail, mais que les réunions se font chacun de son côté, dans son petit espace de travail, en visioconférence, l’intérêt n’y sera pas… et l’engagement non plus ! « Les gens vont se demander sur quoi est basée la décision de revenir au bureau, quel est le rationnel derrière », dit M. Provencher, qui souligne qu’il s’agit de l’une des principales critiques formulées par les employés.

Par ailleurs, il est bon de se rappeler qu’avant la pandémie, le télétravail n’existait pas… ou si peu. Rares sont les contrats de travail qui incluent cet accommodement.

Miser sur l’esprit d’équipe

Une équipe a quatre fonctions, rappelle Éric Provencher : elle produit, elle coordonne, elle innove et elle souhaite avoir une qualité de vie. Ce sont ces deux derniers critères qui ont été mis à mal depuis le début de la pandémie. « Les critères pour revenir au bureau devraient être révisés à travers ces quatre filtres-là, indique l’expert. Les études soulignent à quel point la collaboration, la communication et l’échange d’informations sont moins bons en télétravail. »

La clé, selon M. Provencher : raviver le feu de l’engagement en misant sur un fort sentiment d’appartenance. « Cela peut se faire des deux côtés, formel et informel, explique-t-il. Formel, en prévoyant des rencontres où on parle de nos projets communs, on réfléchit ensemble, on se structure et on consolide nos liens. Et informel, à travers des activités ludiques. Ça peut ressembler à des retrouvailles et on peut y ajouter un aspect festif, créer un momentum. »

Il cite en exemple l’organisation d’activités à l’extérieur. « Avec le retour du beau temps, pourquoi ne pas prévoir un pique-nique ? », lance-t-il comme idée, en soulignant que cela doit se faire pendant les heures de bureau.

Embrasser le changement

Même si tout le monde, employés et gestionnaires, la vit depuis deux ans, l’adaptation n’est pas terminée, loin de là ! « On est en période de changements, dit Éric Provencher, psychologue organisationnel, ça mérite qu’on le reconnaisse. On peut même le souligner en faisant ressortir le côté positif de ces changements. »

Créer de petits évènements, s’investir dans une cause, se rassembler autour d’un repas : ce ne sont que quelques-uns des exemples de petites récompenses à la portée des entreprises.

Malgré les remous, l’équipe doit maintenir le cap : elle doit connaître clairement la mission et la vision de l’entreprise, croit M. Provencher. « Chaque personne doit être en mesure de se transposer : ‟Quel est mon rôle là-dedans ? Est-ce que je m’y retrouve ?” Les organisations doivent aider l’équipe à retrouver son identité et chaque individu, son bien-être. »

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