Planète bleue, idées vertes

La réparation de vélos supervisée a la cote

De Montréal à Rimouski, les ateliers communautaires de mécanique de vélo sont de plus en plus nombreux au Québec. Moyennant un faible coût d’abonnement, les ateliers proposent aux cyclistes d’entretenir et de réparer eux-mêmes leurs vélos, sous la supervision de mécaniciens.

« Devant un problème mécanique, certaines personnes vont cesser d’utiliser leur vélo ou vont s’en débarrasser. Pourtant, ça prendrait quelques minutes à le réparer », affirme Magali Bebronne, directrice des programmes chez Vélo Québec.

L’objectif des ateliers est de rendre le cycliste apte à effectuer de petites réparations. Pour un coût d’abonnement variant entre 15 et 25 $ par année, les membres ont accès à toute une bibliothèque d’outils et peuvent se procurer des pièces neuves ou usagées.

« On a de petites pièces neuves sur place, comme des câbles de freins, de vitesses, des gaines, des chaînes et des chambres à air. Les membres peuvent commander des pièces spécifiques chez nos fournisseurs. On a aussi plein de pièces de vélo usagées », énumère Maude Cournoyer-Gendron, bénévole à l’atelier La Remise, rue Beaubien à Montréal.

Un service demandé

À l’atelier La Remise, une quinzaine de bénévoles sont présents à l’année pour accompagner les membres dans leurs réparations. « En ce moment, on a quatre plages horaires par semaine et l’atelier est déjà plein. Avec le printemps, nous allons en ouvrir plus pour nous adapter à la demande », explique Mme Cournoyer-Gendron.

Les bénévoles ont également noté une augmentation de leurs membres au cours de la dernière année.

« On a vu beaucoup de personnes qui s’intéressent à la réparation de vélo ou à la mécanique de vélo pour la première fois depuis la pandémie. On a beaucoup de nouveaux membres qui arrivent avec très peu de connaissances et qui sont prêts à apprendre. »

— Maude Cournoyer-Gendron, bénévole à l’atelier La Remise

Les ateliers s’adaptent

Quelques rues plus loin, au cœur du parc Jarry, deux conteneurs maritimes ont été repeints et recyclés en atelier. Pour respecter les mesures sanitaires, les bénévoles se sont dotés de supports à vélo portables qu’ils peuvent aisément installer à l’extérieur de l’atelier. « On a aussi préparé des petites boîtes à outils individuelles », indique Joska Harvey, mécanicien à l’atelier Culture Vélo à Montréal.

Avec la pénurie de vélos neufs, les bénévoles s’attendent à recevoir une hausse des demandes pour la réparation de vélos. « On va essayer de maintenir le plus possible le rythme et de répondre à tous les clients », dit M. Harvey.

Il indique que les mois d’avril à juin sont souvent les plus achalandés, parce que les cyclistes préparent leur vélo pour la saison. « En ce moment, on est ouverts quelques jours par semaine, mais en dehors des heures d’ouverture, on fonctionne aussi sur rendez-vous », dit le mécanicien.

Dans les ateliers, plusieurs pièces mises à la disposition des membres proviennent de dons de vélos. « S’il manque seulement un petit ressort pour réparer son dérailleur, on a beaucoup de chances de le trouver dans un atelier. Tandis que dans une boutique normale, on devrait parfois remplacer le dérailleur au complet », explique Mme Bebronne. C’est le cas pour les anciens modèles de vélos, qui ont fréquemment besoin de pièces spécifiques pour leur réparation.

Et pas question de baisser les bras devant un vélo qui demande de trop grosses réparations.

« Les bénévoles ont tout le temps nécessaire, ce qui leur permet de réparer des choses qui ne seraient pas réparées par des mécaniciens professionnels. »

— Magali Bebronne, directrice des programmes chez Vélo Québec

Des initiatives similaires

La réparation de vélos gagne en popularité dans le monde. Au mois de mai dernier, la France a investi 100 millions d’euros dans la réparation de vélos. Les citoyens avaient accès à une aide de 50 euros pour réparer leur vélo.

Depuis le début du projet, 1 387 368 Français ont bénéficié de cette aide, chez 4371 réparateurs différents. Au total, le projet a permis de financer 1,9 million de réparations, selon la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB).

Sur notre radar

Encore trop de pesticides, dit Lamontagne

Les agriculteurs épandent encore trop de pesticides au Québec. C’est ce qu’a déclaré jeudi le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, qui a annoncé une refonte de la loi qui encadre les agronomes. Cet enjeu est revenu dans l’actualité la semaine dernière, avec la parution du livre de l’agronome Louis Robert. Ce lanceur d’alerte estime que l’industrie des pesticides a encore la mainmise sur une bonne partie du monde agricole. En commission parlementaire, M. Lamontagne a reconnu qu’il y avait encore trop de pesticides épandus au Québec. Il a fait valoir que la loi qui encadre les agronomes est vétuste puisqu’elle date de 1945. Selon lui, il faut mettre fin à l’ambiguïté entre le rôle de celui qui prescrit les pesticides et celui qui facture les produits. Il écarte toutefois une mise en tutelle de l’Ordre des agronomes.

— La Presse Canadienne

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Des techniques pour « ralentir de 20 ans » la disparition de la Grande Barrière de corail

Rendre les « nuages brillants » et permettre aux coraux de mieux supporter la chaleur sont deux techniques susceptibles de ralentir de 20 ans la disparition de la Grande Barrière en raison du réchauffement climatique, selon des scientifiques australiens. Le site du nord-est de l’Australie, inscrit en 1981 au patrimoine mondial de l’UNESCO, risque de « se dégrader rapidement » dans les 50 prochaines années en raison du changement climatique, selon une étude publiée dans la revue Royal Society Open Science. Il est cependant possible de ralentir ce déclin en adoptant des programmes de grande ampleur à l’échelle planétaire, affirme l’auteur principal de cette étude, Scott Condie. La technique consiste à projeter des cristaux de sel dans les nuages pour les rendre plus brillants et ainsi refroidir les eaux situées autour du récif. Ils ont également modélisé des mesures de lutte contre une espèce d’étoile de mer prédatrice qui se nourrit de coraux. « Les résultats laissent penser que combiner ces mesures pourrait retarder le déclin de la Grande Barrière de corail de deux décennies ou plus », a déclaré M. Condie.

— Agence France-Presse

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L'Allemagne pourrait perdre son dernier glacier dans 10 ans

Les glaciers des Alpes bavaroises fondent plus rapidement que prévu et le dernier pourrait disparaître complètement dans seulement 10 ans, avertit un rapport publié jeudi par le gouvernement régional. Jusqu’ici, les scientifiques estimaient qu’il se maintiendrait au moins jusqu’en 2050. Mais la fonte s’accélère : les cinq glaciers bavarois, localisés autour des sommets de la Zugspitze, point culminant des Alpes en Allemagne, et du massif de Berchtesgaden, ont perdu environ les deux tiers de leur volume lors de la décennie écoulée, et un tiers de leur surface, soit l’équivalent d’environ 36 stades de football. Le phénomène est mondial : une étude publiée dans la revue Nature mercredi a ainsi révélé que la fonte rapide des glaciers au cours des 20 dernières années contribuait désormais à plus de 20 % de la hausse du niveau de la mer.

— Agence France-Presse

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