violences au Capitole

Le « QAnon shaman » arrêté

Plusieurs figures des violences au Capitole ont été appréhendées samedi

Washington — Trois des manifestants pro-Trump dont les photos ont fait le tour du monde depuis leur violente intrusion au Capitole mercredi ont été arrêtés et inculpés, a annoncé samedi le département de la Justice.

Jacob Anthony Chansley, alias Jake Angeli – surnommé « QAnon Shaman » –, le complotiste torse nu, coiffé de cornes de bison et peinturluré, qui avait attiré l’attention des photographes et des caméras aux quatre coins du Capitole, a été arrêté et inculpé d’intrusion illégale et de conduite violente au Capitole, a indiqué le Département dans un communiqué.

« Cet individu était armé d’une lance de deux mètres de long avec un drapeau américain attaché juste sous la lame. »

— Extrait du communiqué du département de la Justice

L’acte d’accusation précise que Chansley a appelé le FBI jeudi pour confirmer sa présence au Capitole. Il a affirmé qu’il « faisait partie d’une action de groupe répondant, avec d’autres “patriotes” d’Arizona, à un appel du président à tous les “patriotes” à venir à Washington le 6 janvier ».

Originaire de l’Arizona, ce trentenaire, qui se dit « guerrier spirituel » et se fait appeler le « Loup de Yellowstone », a déjà été aperçu à de nombreuses reprises lors de manifestations pro-Trump à Phoenix ces derniers mois, arborant systématiquement sa fameuse coiffe.

Il se présente comme un « soldat numérique de QAnon », la mouvance complotiste dont Donald Trump est le héros et qui a vu l’intrusion de mercredi comme un triomphe.

un élu démissionne

Adam Johnson, le trentenaire au bonnet Trump photographié tout sourire en train d’emporter le pupitre de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a lui été arrêté vendredi en Floride.

Il a été inculpé des mêmes chefs d’accusation, mais aussi de vol, bien que le pupitre de Mme Pelosi ait été retrouvé le lendemain, abandonné dans un couloir.

Enfin, Derrick Evans, élu de l’État de Virginie-Occidentale qui s’était filmé en train de pénétrer par la force dans le Congrès en criant « Derrick Evans est au Capitole ! », a été arrêté vendredi à son domicile et inculpé samedi d’intrusion illégale et de conduite violente.

L’élu, qui a annoncé sa démission samedi, avait diffusé ses exploits en direct sur son compte Facebook. L’acte d’accusation le cite lorsqu’il pousse les gens autour de lui à forcer les portes du Capitole en criant « Avancez, avancez ! », puis lorsqu’il s’écrie : « On est dans la place ! »

Plus tard, Derrick Evans a publié sur Facebook un communiqué affirmant n’avoir participé à aucune dégradation et n’avoir pénétré dans le Capitole qu’en tant que « membre indépendant des médias, pour filmer l’Histoire ».

Les trois actes d’accusation soulignent que les inculpés ont pénétré illégalement dans un bâtiment fédéral « au moment où le vice-président Mike Pence était présent », ce qui aggrave leur cas.

Vendredi, le département de la Justice avait déjà annoncé 13 inculpations pour intrusion et désordre, et l’arrestation dans l’Arkansas de Richard Barnett, un militant pro-armes photographié le pied sur le bureau de Nancy Pelosi. Avant de partir, il a laissé un petit mot insultant à la cheffe des démocrates au Congrès.

Parmi les personnes poursuivies se trouve un homme qui avait 11 cocktails Molotov dans un véhicule garé près du Congrès, un autre qui a donné des coups de poing à un policier du Capitole en forçant le passage et un troisième qui est entré avec une arme à feu chargée dans l’enceinte du Congrès.

élection présidentielle en géorgie

Trump a ordonné de « trouver la fraude » dès décembre

Atlanta — Le président défait Donald Trump n’a pas attendu le 2 janvier pour exercer des pressions sur les responsables électoraux de la Géorgie afin de faire invalider le résultat du scrutin présidentiel dans cet État.

En décembre, pendant la vérification des signatures sur les enveloppes de vote par correspondance dans un district électoral d’Atlanta, M. Trump a appelé le principal responsable pour lui enjoindre de « trouver la fraude ». Il lui a même dit que cela ferait de lui un héros national.

Cet appel a été rapporté par une source proche de l’inspecteur. Il est survenu avant celui du 2 janvier au cours duquel M. Trump a demandé au secrétaire d’État de la Géorgie, Brad Raffensperger, de lui trouver « assez de votes » pour lui attribuer la victoire finale.

C’est le Washington Post qui a signalé le premier cette histoire.

La Maison-Blanche ne l’a pas encore commentée.

fausses accusations

M. Trump a appelé ce responsable pendant que les fonctionnaires électoraux procédaient à une vérification des signatures sur les enveloppes de vote dans le comté de Cobb.

La vérification n’a finalement identifié que deux problèmes mineurs sur plus de 15 000 signatures examinées.

Le Washington Post n’a pas publié le nom du responsable en raison du risque de menaces et de harcèlement contre les responsables électoraux.

Donald Trump lance de fausses accusations contre le processus électoral dans plusieurs États, dont la Géorgie, depuis sa défaite. Dans l’État sudiste, il a été devancé par près de 12 000 votes par son adversaire Joe Biden.

Divers responsables électoraux dans l’ensemble du pays et l’ancien procureur général de l’administration Trump, William Barr, pourtant un proche allié du président défait, ont déclaré qu’il n’y avait pas eu de fraude généralisée lors du scrutin.

Après Google

Apple retire le réseau social Parler de sa boutique en ligne

Suivant l’exemple de Google, Apple a annoncé samedi avoir retiré de sa plateforme de téléchargement d’applications le réseau social Parler, prisé par les partisans de Donald Trump, en raison de la profusion de « menaces de violence et d’activités illégales ». « Parler n’a pas pris les mesures adéquates pour lutter contre la prolifération de ces menaces à la sécurité des personnes », a justifié le groupe dans un message envoyé à l’Agence France-Presse. Google avait pris une décision similaire vendredi. Samedi, l’application était la plus téléchargée sur l’App Store avant qu’elle ne soit suspendue. De nombreux partisans du président américain se sont en effet rués sur les plateformes conservatrices comme Parler ou Gab après la décision prise par Twitter de fermer définitivement le compte de Donald Trump. D’autres réseaux grand public comme Facebook, Instagram, Snapchat ou Twitch ont aussi suspendu le profil du locataire de la Maison-Blanche après les évènements de mercredi.

— Agence France-Presse

Codes nucléaires

Biden appelé à renoncer au contrôle exclusif

Un ancien secrétaire américain à la Défense, William Perry, a appelé le président désigné Joe Biden à renoncer au contrôle exclusif des codes nucléaires, jugeant le système actuel « antidémocratique, dépassé, inutile et extrêmement dangereux ». Dans une tribune publiée par Politico, M. Perry, secrétaire de la Défense de Bill Clinton de 1994 à 1997, a souligné que Donald Trump, accusé d’avoir encouragé les violences au Congrès mercredi, avait « encore le doigt sur le bouton nucléaire ». « Il est temps de retirer le “ballon de football nucléaire” à ce président et à tous les présidents qui lui succéderont », a-t-il ajouté. « Il n’est plus nécessaire et son existence même représente un danger pour notre sécurité nationale. » Le président des États-Unis est accompagné en toutes circonstances d’un aide-militaire qui transporte une valise, surnommée le « ballon de football », contenant tous les éléments nécessaires à une frappe nucléaire. L’ancien chef du Pentagone a rappelé qu’une fois élu, un président américain « obtient le droit absolu de lancer une guerre nucléaire ».

— Agence France-Presse

Mike Pompeo lève les restrictions imposées envers Taiwan

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a annulé samedi toutes les « restrictions internes complexes » qui avaient été imposées au fil des ans aux responsables américains dans leurs contacts avec Taiwan. « Les États-Unis avaient pris ces mesures unilatéralement, pour satisfaire le régime communiste à Pékin. C’est fini », a ajouté le secrétaire d’État américain, dans un communiqué. Il n’a pas précisé la nature des restrictions et cette annonce apparaît largement symbolique. Une loi datant de 2018 autorisait déjà « des responsables à tous les niveaux du gouvernement, y compris des membres du cabinet occupant des fonctions de sécurité nationale, des militaires et d’autres représentants officiels du gouvernement, à se rendre à Taiwan et à rencontrer leurs homologues taiwanais ». Cette annonce, à moins de deux semaines de la fin du mandat du président Donald Trump, devrait néanmoins provoquer la fureur de Pékin, qui considère Taiwan comme faisant partie intégrante de la Chine.

— Agence France-Presse

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