Littérature jeunesse

Un conte pour Dominique Fortier et sa fille Zoé

Violette et Fenouil ou La véritable histoire de la princesse et de la grenouille
Texte de Zoé Lalonde et de Dominique Fortier
Illustrations d’Amélie Dubois
Éditions La Bagnole
Dès 3 ans

En lice pour le prix Renaudot, Dominique Fortier lance Violette et Fenouil ou La véritable histoire de la princesse et de la grenouille, aux éditions La Bagnole. Ce conte savoureux a été coécrit avec Zoé Lalonde, sa fille de 7 ans. Rencontre en cinq bonds de grenouille, dans un parc d’Outremont.

1. Une princesse originale

Dominique Fortier a d’abord été inspirée par une figurine appartenant à sa fille, représentant un prince avec une grenouille. « Zoé m’a dit : “Ça serait tellement une meilleure histoire si...” », commence l’écrivaine. « ... c’était une princesse ! », intervient Zoé, une fillette vive aux grands yeux caramel.

Pourquoi préférer une princesse ? « Parce que les histoires de prince qui se transforme en grenouille et de grenouille qui se transforme en prince, il y en a plein, fait valoir Zoé. J’ai essayé de faire quelque chose d’original. »

2. Charmant et plein de rebondissements

Le conte Violette et Fenouil a d’abord été créé pour la classe de maternelle de Zoé. Les parents des élèves devaient venir à l’école présenter leur métier. Puisqu’elle est écrivaine, Dominique Fortier a distribué le texte du conte aux élèves, leur proposant de l’illustrer. « Après, on s’est dit : peut-être que d’autres enfants aimeraient l’histoire de Violette et Fenouil ? », soulève Dominique Fortier.

Ce sera assurément le cas. Charmant et plein de rebondissements (!), l’album met en scène la princesse Violette et son amie Fenouil la grenouille, qui – ô malheur ! – se réveille un matin transformée en vache coassante. Pour lui redonner sa vraie nature, Violette mène la pauvre Fenouil chez la sorcière Calorifère. Mais « les meilleures sorcières ne sont pas toujours celles qu’on croit », écrivent la mère et la fille. Si bien que la princesse devra prendre les choses en main...

3. Le plaisir de lire ensemble

Chaque soir, Violette lit à Fenouil une histoire différente. Est-ce pareil chez les Fortier-Lalonde ? « On ne lit pas vraiment une histoire différente, nuance Zoé. Ma mère me lit souvent un bout de roman que je lis, moi aussi. Comme ça, ça va plus vite. » Lors de notre rencontre, Zoé finissait le 4e tome du Journal secret d’Alice Aubry, de Sylvie Louis, publié chez Dominique et compagnie. « On lit un peu et après, ma mère veut aller se coucher », précise Zoé, ce qui fait rigoler l’écrivaine.

4. L’amour de la Comtesse de Ségur

Dominique Fortier devait lire beaucoup, enfant ? « Oui, répond-elle. Les livres, j’ai le goût de dire que c’était mon salut, mais c’est un peu dramatique. C’était vraiment un refuge. J’ai lu très jeune la Comtesse de Ségur. Lue, relue et apprise presque par cœur... C’était en maternelle et première année, cette découverte de l’univers de la lecture qui était une sorte d’éblouissement. »

Il n’y a pas de hasard : le père de l’écrivaine était responsable des bibliothèques de la Commission scolaire de Québec. « On devait avoir des tonnes d’albums et de romans à la maison, observe-t-elle, mais c’est vraiment la Comtesse de Ségur qui a marqué mon imaginaire. Plus que n’importe quoi d’autre. Mon espèce de fascination pour le XIXsiècle, si on va creuser un peu, n’est probablement pas étrangère à ça. »

5. Lire et écrire en temps de pandémie

Quant à la pandémie, affecte-t-elle Zoé ? « J’ai deux trucs à dire, répond la fillette avec assurance. Le premier truc, c’est qu’en musique à l’école, c’est plate chanter avec un masque. Le deuxième, c’est que moi, j’aimais bien l’école à la maison. Télé chaque matin, ensuite une demi-heure d’apprentissage, puis on allait au parc avec mon chien... Sérieusement, c’était comme une fin de semaine ! »

Malgré le retour en vraie de vraie classe, Zoé trouve le temps de lire. « On peut lire tout le temps, partout, c’est la beauté des livres, dit Dominique Fortier. On peut aussi écrire tout le temps, partout. Ça prend juste un papier et un crayon. » Zoé ajoute : « Et une gomme à effacer et un aiguisoir. » Dominique Fortier rebondit sur la réplique de sa fille : « Et beaucoup d’imagination dans sa caboche. »

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