6e festival Plein(s) Écran(s)

Alexa-Jeanne Dubé, créatrice tout-terrain

La sixième édition de Plein(s) Écran(s), festival tenu en ligne qui fait la part belle aux courts métrages québécois, s’ouvre ce mercredi soir avec le film Joutel d’Alexa-Jeanne Dubé. Dans cet opus, un couple de personnes âgées retourne sur les lieux d’un ancien village pour exorciser ses démons face à la mort. Entrevue avec la cinéaste.

À la télévision, nous l’avons vue dans de nombreuses séries récemment diffusées, que ce soit Faits divers, Après, L’échappée, La faille ou District 31. En parallèle, la comédienne et cinéaste Alexa-Jeanne Dubé multiplie les projets alimentés par un acte créatif qu’elle considère comme vital dans la poursuite de son travail.

Ainsi, son plus récent court métrage à titre de scénariste et réalisatrice, Joutel, roule sa bosse depuis un moment déjà et a récemment été choisi pour ouvrir le festival Plein(s) Écran(s) qui commence mercredi. Un honneur dont elle se réjouit.

« Joutel est mon troisième film à Plein(s) Écran(s) qui constitue, selon moi, une idée brillante, dit-elle en entrevue. Nous passons tellement de temps sur nos écrans, alors l’idée d’y amener le cinéma me plaît. Chaque fois que j’y ai présenté un film, des milliers de personnes l’ont vu et j’en ai eu plusieurs échos. C’est fantastique. »

L’heureuse expérience des deux premiers passages devrait se répéter avec Joutel, un film faisant le récit, teinté de réalisme magique, d’un couple de personnes âgées, Jocelyne et Gérard (Marie Tifo et Pierre Curzi), qui doit faire face à la perspective d’une vie qui s’achève.

Après avoir découvert un animal mort en ramassant les feuilles (mortes) sur son terrain, Gérard exprime à haute voix sa peur de mourir. Jocelyne lui propose alors de se rendre dans leur ancien village de Joutel pour enterrer l’animal, dans l’espoir que cela exorcise leurs démons. Pendant ce temps, un mystérieux personnage (Peter James) qui se déplace en fauteuil roulant est constamment à leurs trousses.

« Je me suis inspirée de mes grands-parents pour raconter cette histoire », dit Alexa-Jeanne Dubé, qui avoue être angoissée par la mort depuis l’enfance.

« Ils n’ont jamais vécu dans un village fantôme, mais de les voir vieillir, de les entendre se questionner sur la mort constitue une quête de sens qui m’a beaucoup inspirée. Je me suis demandé comment on vit cela. Et le fait d’en parler en incluant une ville fantôme dans le récit est un beau parallèle pour évoquer ce que nous laissons derrière quand tout se termine. »

– Alexa-Jeanne Dubé

Sis dans le nord du Québec, le village minier de Joutel a réellement existé. Il a été fermé à la fin des années 1990 avec la fin de l’exploitation minière. Dans ce film à la fois émouvant, empathique et mystérieux, le village, ou plutôt ce qu’il en reste, est un personnage à part entière.

Quant au personnage de l’étranger, « il est comme la mort en personne qui court après le couple », dit la scénariste et réalisatrice.

Un bon équilibre

La comédienne, diplômée de l’école de théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe en 2011, voit les différentes avenues qu’elle explore dans son métier comme une façon de conserver l’équilibre.

Lorsqu’on lui demande si cette carrière aux multiples avenues constitue le meilleur des mondes, elle répond : « Elle est représentative de la personne que je suis. J’ai plusieurs intérêts. J’ai d’abord eu une formation d’actrice, qui est ma passion première. Mais ce qui m’a beaucoup allumée dans le jeu est le côté de l’imaginaire, de la création.

« Bien sûr, j’aime construire un personnage, mais j’essaie beaucoup de comprendre ce qu’est l’œuvre, ce que l’auteur a cherché à dire. Écrire et réaliser, c’est un peu ça. »

– Alexa-Jeanne Dubé

Actuellement, elle travaille à un projet de court métrage (dont le scénario, coécrit avec la comédienne Fanny Migneault-Lecavalier, est prêt), un projet de série et un autre de long métrage.

Le festival Plein(s) Écran(s) a lieu du 12 au 23 janvier sur le site internet et les réseaux sociaux du festival. Durant cette période, on pourra voir, gratuitement, 41 courts métrages à raison de 4 par jour, disponibles pour une période de 24 heures avant d’être remplacés. Plusieurs évènements spéciaux se greffent aux projections.

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