Accord sur le plafond de la dette

Le défaut de paiement évité… pour le moment

Washington — Le Sénat américain a approuvé jeudi un projet de loi permettant de relever le plafond de la dette des États-Unis jusqu’en décembre, écartant ainsi temporairement la menace d’un défaut de paiement de la première puissance économique mondiale.

Le Sénat a voté cet accord jeudi soir, a annoncé le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Seuls les sénateurs démocrates ont approuvé un texte, par 50 voix contre 48, qui relèverait la limite d’endettement du pays de 480 milliards de dollars et lui permettrait d’honorer ses paiements jusqu’à début décembre.

L’accord maintenant approuvé, la Chambre des représentants devra à son tour donner son feu vert – pas avant la semaine prochaine – pour que Joe Biden puisse ensuite le promulguer.

« Les républicains ont joué un jeu dangereux et risqué », a tonné Chuck Schumer, en dénonçant le refus catégorique de l’opposition d’approuver avec les démocrates une mesure plus durable.

« Ce dont nous avons besoin désormais, c’est une solution à long terme, pour que nous ne passions pas par ce drame risqué régulièrement, et nous espérons que les républicains se joindront à nous. »

— Chuck Schumer, chef de la majorité démocrate au Sénat

Son ton courroucé a outré certains des 11 républicains qui venaient de voter avec les démocrates lors d’une étape de procédure cruciale pour parvenir au vote final.  

Parmi eux figurait le chef des républicains, Mitch McConnell, qui avait proposé cet accord afin d’éviter « une crise provoquée » par les démocrates, selon lui.

Avec sa proposition, ce vétéran du Congrès a offert une porte de sortie provisoire aux deux camps, qui étaient enkystés dans des positions diamétralement opposées.

La nouvelle a rassuré Wall Street. Mais cette avancée a fait rager jeudi plusieurs républicains, estimant comme Donald Trump que Mitch McConnell avait « plié » devant les démocrates.

« Cela ne résout pas le problème »

Les blocages ne vont pas disparaître pour autant.

Les républicains refusent encore résolument d’approuver toute mesure à long terme pour relever le plafond de la dette. Ils affirment que cela reviendrait à donner un chèque en blanc à Joe Biden pour financer ses vastes plans d’investissements.

Ces plans n’ont toutefois pas encore été adoptés par le Congrès. Relever le plafond de la dette sert à rembourser des sommes déjà empruntées, dont des milliers de milliards de dollars dépensés sous la présidence de Trump.

En offrant un répit temporaire pour éviter une crise de la dette, Mitch McConnell a exhorté les démocrates à parvenir d’ici décembre, seuls, à une solution durable grâce à une voie législative complexe.

Mais le camp du président Joe Biden refuse jusqu’ici d’utiliser cette manœuvre « trop risquée » pour la dette.

La Maison-Blanche a réagi tièdement à cet accord.

« Cela nous donne un peu de temps, mais ne résout pas le problème », a commenté Jared Bernstein, l’un de ses conseillers économiques.

Et à bord d’Air Force One, Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison-Blanche, a accusé Mitch McConnell de « faire de la politique avec notre économie ».

De fait, l’accord noué jeudi ne fait que repousser jusqu’à fin novembre une bataille parlementaire qui s’annonce épique sur les finances des États-Unis.

Car parallèlement à la limite d’endettement, le Congrès devra s’entendre d’ici début décembre sur un nouveau budget s’il veut éviter la paralysie des services fédéraux, surnommée shutdown.

La confluence de ces deux menaces présage d’un automne chargé sur la colline du Capitole.

Les démocrates espèrent toutefois profiter de ce répit sur le front financier pour se concentrer dans les prochaines semaines sur les difficiles négociations au sein de leur parti pour adopter les deux grands plans d’investissements voulus par Joe Biden, dans les infrastructures et les réformes sociales.

Pression politique

Le Trésor américain a fixé au 18 octobre la date à partir de laquelle la première économie mondiale pourrait se retrouver en cessation de paiement, si le Congrès ne parvient pas à augmenter la capacité d’endettement du pays.

La pression montait très nettement depuis des jours sur les républicains, venue notamment de Joe Biden.

Le président américain, fragilisé par le retrait chaotique d’Afghanistan, et qui peine par ailleurs à faire passer ses grandes réformes économiques et sociales, ne voulait pas en plus d’un cataclysme financier.

Les États-Unis, comme toutes les grandes économies ou presque, vivent à crédit depuis des décennies pour ce qui concerne la dépense publique et ont déjà relevé à de multiples reprises ce fameux « plafond ».

Mais les républicains avaient commencé pendant la présidence Obama à faire de cette manœuvre législative de routine un instrument de pression politique.

Un rapport détaille les efforts de Trump pour faire invalider l’élection

Un rapport dévoilé jeudi par la majorité démocrate du Comité de la justice du Sénat des États-Unis détaille les efforts déployés par l’ancien président Donald Trump pour renverser l’issue du scrutin de 2020. Le rapport jette un nouvel éclairage sur la manière dont le président républicain sortant a tenté d’imposer sa volonté au département de la Justice, en demandant à ses dirigeants de déclarer que le vote était « corrompu » et en dénigrant publiquement ceux qui, selon lui, n’en faisaient pas assez pour renverser le résultat. Les agissements de M. Trump ont poussé le département au bord d’une rébellion qui ne s’est calmée que lorsque des responsables l’ont mis en garde que ses actions allaient provoquer des démissions de masse. « En tentant de recruter le département de la Justice à des fins personnelles et politiques pour maintenir son emprise sur la Maison-Blanche, Trump a gravement abusé des pouvoirs de la présidence », ajoute le rapport. L’enquête sénatoriale s’appuie sur un examen de documents et sur des entretiens avec d’anciens dirigeants.

— Associated Press

Les avortements au-delà de six semaines reprennent au Texas

Les avortements au-delà de six semaines de grossesse ont repris jeudi au Texas, au lendemain d’une décision de justice ayant bloqué la loi qui, depuis plus d’un mois, les interdisait même en cas d’inceste ou de viol. Les autorités de ce vaste État conservateur ont indiqué qu’elles allaient faire appel, ce qui devrait faire rapidement revenir cette loi très restrictive devant la Cour suprême des États-Unis. Sans attendre l’issue de la bataille juridique, l’organisation Whole Woman’s Health, qui gère quatre cliniques au Texas, a indiqué avoir repris les avortements au-delà de la limite fixée par les législateurs de l’État. Mercredi soir, un juge fédéral a ordonné aux juges et aux greffiers des tribunaux de cet État de ne pas enregistrer ni examiner de plainte dans le cadre de la loi controversée, en attendant un examen sur le fond. De fait, le Texas a immédiatement fait part de sa décision d’en appeler. Le dossier sera transmis à une cour d’appel fédérale de La Nouvelle-Orléans, qui a la réputation d’être l’une des plus conservatrices du pays. Quelle que soit sa décision, le perdant devrait se tourner vers la Cour suprême.

— Agence France-Presse

Sud-est des États-Unis

Des inondations font quatre morts

Les inondations qui frappent le sud-est des États-Unis ont fait au moins quatre morts. Des avertissements de crue-éclair étaient en vigueur dans un vaste secteur jeudi, après qu’un front météorologique se fut immobilisé au-dessus de l’Alabama. Au moins quatre personnes ont perdu la vie quand leurs véhicules ont été emportés par l’eau. Une fillette de 4 ans et une adolescente de 18 ans se sont noyées lors d’incidents distincts dans le nord-est de cet État. Ailleurs, les secouristes ont retrouvé les corps d’un jeune homme et de sa petite amie, tous deux âgés de 23 ans, dans une voiture qui avait été balayée par le courant à Hoover, en banlieue de Birmingham. Une quinzaine de centimètres de pluie sont tombés en 24 heures sur l’Alabama et le nord-ouest de la Floride. On craignait aussi des orages importants et des tornades isolées au cours des prochaines heures. Le service météorologique des États-Unis a publié une veille de tornade pour le nord-est de l’Alabama, le nord-ouest de la Géorgie et le sud du Tennessee.

— Associated Press

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