L’Ouest américain sur le qui-vive

L’arrivée d’orages fait craindre de nouveaux incendies

L’Ouest américain se préparait à l’arrivée d’orages secs dimanche soir, susceptibles de déclencher de nouveaux incendies dévastateurs dans une région déjà en proie aux flammes.

Huit brasiers sont apparus au cours des 24 dernières heures, portant à 80 le nombre de gros incendies en cours aux États-Unis, où ils ont déjà consumé 4680 km2 (468 000 hectares), selon le plus récent bilan du Centre national d’information sur les incendies.

Près de 20 000 soldats du feu sont engagés pour les combattre, dont 2000 déployés contre le Bootleg Fire, en Oregon, qui a brûlé plus de 1200 km2 (120 000 hectares) à lui seul, soit plus que la superficie de la ville de New York.

Les services météorologiques ont mis en garde contre l’arrivée d’« orages secs », de la Californie jusqu’au nord de la chaîne des Rocheuses, qui pourraient encore aggraver la situation.

Fréquents quand les températures sont élevées et que l’air est sec, ces phénomènes orageux sont bien accompagnés de pluies, mais elles s’évaporent avant d’atteindre le sol en traversant des masses d’air chaud. La foudre, elle, reste susceptible de faire des dégâts, et donc de provoquer de nouveaux incendies.

« Les chances de voir un incendie d’importance sont élevées à travers toute la zone jusqu’à [ce] lundi, en raison d’une foudre abondante », ont affirmé les services météorologiques de Californie du Sud dans un bulletin de prévisions.

« De forts vents irréguliers issus d’orages pourraient provoquer des rythmes élevés de propagation », précisent-ils.

Les logements pour sinistrés quasi remplis en Colombie-Britannique

Au Canada, une vingtaine de nouveaux incendies se sont déclarés dans les deux derniers jours en Colombie-Britannique, selon le tableau de bord du service local des incendies.

Les logements destinés aux personnes évacuées en raison des incendies de forêt ont presque atteint leur capacité maximale, a affirmé le gouvernement provincial.

En plus de créer d’importants nuages âcres au-dessus de villes albertaines voisines, les flammes et la fumée provenant de nombreux incendies continuent de forcer beaucoup de personnes à quitter leur domicile.

Les évacuations ont continué en Colombie-Britannique cette fin de semaine, alors que les districts régionaux de Thompson-Nicola et de Kootenay ont ordonné à leur population de quitter les lieux.

De la fumée émergeant des incendies en Colombie-Britannique, de même qu’en Saskatchewan, au Manitoba et dans le nord de l’Ontario, ont causé des avis spéciaux sur la qualité de l’air presque partout dans l’ouest du pays.

Bien que les problèmes de fumée en Alberta la semaine dernière aient été causés en grande partie par les incendies en Colombie-Britannique, la fumée à Edmonton et à Calgary vient maintenant d’autres incendies de forêt dans le nord de la Saskatchewan en raison de la rotation du vent.

« C’est un désordre de fumée très complexe », a expliqué Justin Shelley, météorologue pour Environnement Canada, en ajoutant que la direction du vent dépendait aussi de l’altitude. La fumée peut donc provenir de différentes provinces selon la hauteur du lieu touché.

Le service des incendies de forêt de la Colombie-Britannique a affirmé que plus de 300 incendies étaient toujours actifs. L’Agence de la sécurité publique de la Saskatchewan, quant à elle, a indiqué vendredi que plus de 100 incendies ravageaient les forêts de la province.

Gestion des urgences Colombie-Britannique a demandé dimanche aux habitants de la province de planifier où ils iraient si un ordre d’évacuation entrait en vigueur et de vérifier si leur compagnie d’assurance pouvait en rembourser les coûts. Il a été conseillé à ceux qui le peuvent d’aller habiter chez de la famille ou des amis, dans l’optique de laisser les logements commerciaux à ceux qui n’ont pas d’autres options.

Le Québec n’est pas à l’abri de l'enfer

Le nombre d’incendies de forêt bondit de 40 % dans la province

Le Québec enregistre cette année une augmentation de 40 % de ses incendies de forêt par rapport à la moyenne de la dernière décennie. Cette tendance à la hausse pourrait se poursuivre dans les prochaines années, estime la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

« Au Québec, on a connu une vague de feux assez importante. La SOPFEU est intervenue sur 435 incendies cette année, alors que la moyenne à pareille date est de 311. On a une bonne augmentation », indique Josée Poitras, agente à la prévention et aux communications à la SOPFEU.

Sur les 435 incendies dans la province, 59 ont été causés par la foudre, 187 par des résidants et 118 par des activités récréatives.

Selon Mme Poitras, cette hausse s’explique par le printemps hâtif, un taux de sécheresse important et un faible couvert de neige par comparaison aux années antérieures. Une hausse des incendies de forêt au cours des prochaines années peut être envisagée, puisque l’on connaît des printemps plus hâtifs, estime-t-elle.

Forêts inflammables

Malgré la hausse du nombre d’incendies de forêt cette saison, la majorité sont de petite taille. « C’étaient de petits feux qui n’étaient pas difficiles à combattre. On pouvait souvent les éteindre le jour même », explique-t-elle. Cette année, 7672 hectares de forêt ont brûlé au Québec, contre 18 237 hectares en moyenne au cours de la dernière décennie.

Le sud de la province, en grande partie composé d’arbres feuillus, est particulièrement touché en 2021.

Heureusement, dans les forêts de feuillus, les incendies sont souvent de faible superficie et rapidement maîtrisables.

Le risque d’incendie est plus élevé au printemps lorsque les arbres sont dépourvus de leur feuillage, indique Mme Poitras.

À l’opposé, les secteurs où l’on retrouve plus d’arbres résineux, tels que le sapin, le cèdre et le pin, sont plus à risque d’incendie de forêt de grande ampleur. C’est le cas notamment de la Mauricie, de l’Abitibi-Témiscamingue, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Baie-James et de la Côte-Nord. « Les arbres résineux engendrent des feux avec de plus grandes superficies. Pensez aux sapins de Noël qui s’assèchent et qui prennent en feu lorsque l’on y met des lumières », explique Mme Poitras.

Ressources déployées

Le Québec a enregistré 151 incendies au mois de juin et 7475 hectares ont été touchés. Le mois de juillet est beaucoup plus tranquille jusqu’à maintenant. La SOPFEU est intervenue sur 15 incendies de forêt et 9 hectares ont été brûlés. Ce mois plus calme a permis à la province d’envoyer des ressources ailleurs au Canada.

Au total, 93 Québécois ont été déployés en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Ontario. La province a récemment fourni à l’Ontario de l’équipement et quatre avions-citernes de type CL-415 accompagnés de leur équipage respectif. Vendredi, une nouvelle équipe de 20 pompiers forestiers a été déployée en Colombie-Britannique.

L’Ontario a enregistré 705 incendies jusqu’à présent en 2021, alors que la moyenne annuelle est plutôt de 450. La Colombie-Britannique a recensé 1121 incendies en 2021, dont 306 sont toujours actifs.

Au Manitoba, 25 nouveaux incendies se sont déclarés en 48 heures, et les autorités s’attendent à ce que d’autres soient déclenchés. Au total, il y a 131 incendies actifs dans la province. La fumée continuera d’être un problème dans toute la province, a précisé le gouvernement provincial.

Mauvaise qualité de l’air

En raison des nombreux incendies de forêt qui sévissent au pays, Environnement Canada a publié dimanche des avis de mauvaise qualité de l’air. Plusieurs régions du Québec ont été touchées.

C’est le cas notamment de Chibougamau, du parc national du Mont-Tremblant, de Saint-Michel-des-Saints, du réservoir Gouin, de Pontiac et de la réserve faunique La Vérendrye.

La fumée d’incendie de forêt, soit un mélange de particules et de gaz en constante évolution, contient de nombreux produits chimiques pouvant présenter des risques pour la santé, précise Environnement Canada. « Une toux inhabituelle, l’irritation de la gorge, des maux de tête et l’essoufflement comptent parmi les symptômes possibles. Les enfants, les aînés et les personnes atteintes d’une maladie cardiovasculaire ou pulmonaire, comme l’asthme, sont plus à risque », peut-on lire sur le site internet de l’agence fédérale.

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