NFL

Il ne reste plus que Murray et les Cards

Il y a normalement quelques équipes toujours invaincues après le premier mois de la saison dans la NFL. Cette année, il n’y en a qu’une, et très peu de gens auraient prédit avant le début de la saison que c’est elle qui serait la dernière à perdre un match.

Ce ne sont ni les Buccaneers de Tampa Bay, ni les Chiefs de Kansas City, ni les Bills de Buffalo. Ce sont les Cardinals de l’Arizona, qui ont apposé un énorme point d’exclamation à leur beau début de saison en battant les Rams à Los Angeles. Leur victoire de 37-20 a confirmé qu’ils étaient passés à la prochaine étape.

La division Ouest de la Conférence nationale, c’est le groupe de la mort (bien que la division Ouest de l’Américaine ne soit plus très loin derrière…). J’avais choisi les Cards pour terminer au dernier rang de leur division, essentiellement parce qu’ils ne représentaient pas une valeur sûre comme les trois autres formations du groupe, les Rams, les Seahawks de Seattle et les 49ers de San Francisco, du moins pas autant. Erreur.

S’ils l’emportent aux dépens des 49ers, dimanche au State Farm Stadium, les Cardinals auront déjà trois victoires d’avance sur ces mêmes Niners et les Seahawks. Vainqueurs à Seattle, jeudi soir, les Rams n’auront qu’une victoire de retard, mais les Cards détiennent le bris d’égalité entre les deux équipes en vertu de leur gain de dimanche dernier.

La saison est encore bien jeune, certes. Mais l’équipe de Kliff Kingsbury s’est emparée de la position de tête comme peu de gens s’y attendaient. À quoi ce prometteur début de saison est-il attribuable ?

L’ajout de J.J. Watt et d’A.J. Green a certainement eu un impact. Green mène l’équipe avec 248 verges par la passe. Les statistiques de Watt sont modestes (six plaqués, dont deux pour des pertes et aucun sac du quart), mais grâce à ses qualités de leader, sa présence dans l’équipe est non négligeable.

Chandler Jones est de retour à son poste après avoir raté 11 matchs la saison dernière ; premier choix du club en 2020, Isaiah Simmons a déjà provoqué trois revirements en plus d’être le joueur ayant accumulé le plus de plaqués (23) dans l’équipe ; quatre ailiers espacés ont déjà plus de 200 verges de gains.

Il reste que le facteur le plus important, c’est Kyler Murray. C’est toujours le quart-arrière…

Le jeu de Murray n’a pas été parfait, comme le montre son total de quatre interceptions en quatre rencontres. Son amélioration est tout de même considérable. Un peu comme l’a fait Josh Allen à Buffalo l’an dernier, Murray est en voie de passer du rang des bons jeunes quarts de la ligue à celui des super-étoiles.

Occasion ratée ?

À sa première saison, en 2019, Murray a réussi 64,4 % de ses passes et obtenu une moyenne de 6,9 verges par tentative de passe. L’année dernière, ces chiffres sont passés à 67,2 % et à 7,1 verges. En quatre matchs cette saison, Murray a réussi 76,1 % de ses lancers et gagne en moyenne 9,5 verges par tentative de passe ! Seul Russell Wilson (9,6) a fait mieux jusqu’à présent.

Les adversaires des Cards ne peuvent plus accorder une trop grande importance à DeAndre Hopkins. L’ancien receveur des Texans de Houston n’occupe d’ailleurs que le 45e rang du circuit pour le nombre de verges par la passe. En revanche, l’équipe possède quatre des 54 premiers à ce chapitre, Green (34e), Christian Kirk (36e) et la recrue Rondale Moore (54e) étant les autres.

En défense, les Cards possèdent des joueurs d’impact en Simmons, Jones, Watt et, surtout, Budda Baker, l’un des bons demis de sûreté du football américain. Byron Murphy fils semble bien progresser chez les demis de coin, mais l’ajout d’un joueur de premier plan à cette position n’aurait certainement pas été un luxe. Un joueur comme Stephon Gilmore, par exemple, qui a été échangé des Patriots de la Nouvelle-Angleterre aux Panthers de la Caroline en retour d’un maigre choix de sixième tour cette semaine…

Les Cardinals auraient été obligés de faire un peu de gymnastique en ce qui concerne le plafond salarial afin de greffer Gilmore et son salaire, mais ce n’était pas infaisable. L’arrivée d’un joueur de ce calibre aurait pu faire la différence entre une participation aux éliminatoires et une deuxième présence au Super Bowl pour l’organisation.

Le premier contrat

Les Cardinals sont chanceux pour le moment. Leur meilleur joueur ne compte que pour 9,76 millions sous le plafond salarial. C’est bien sûr parce que Murray écoule la troisième année du contrat qu’il a signé après avoir été le tout premier joueur sélectionné au repêchage de 2019. Son contrat de recrue.

Lorsqu’il signera sa prochaine entente, Murray touchera presque assurément un salaire annuel de 40 millions ou plus. Et c’est à partir de ce moment que ça se compliquera pour les Cards. Il est nettement plus difficile d’acquérir de bons vétérans et de garder ses jeunes joueurs de talent lorsque votre quart commande un tel salaire.

Les Seahawks et les Chiefs ont d’ailleurs remporté le Super Bowl avant que Wilson et Patrick Mahomes ne négocient leur deuxième contrat. Même chose pour les Patriots avec Tom Brady au début des années 2000 et les Steelers avec Ben Roethlisberger, en 2005.

L’autre facteur qui doit certainement inquiéter les Cards, ne serait-ce qu’un tout petit peu, c’est l’amour de Murray pour le baseball. Il a déjà dit que le losange lui manquait, lui qui a été le neuvième espoir choisi lors du repêchage de 2018 par les A’s d’Oakland. Murray a cependant précisé que le football lui manquerait encore plus s’il avait choisi de faire carrière au baseball et, s’il continue de briller et de s’améliorer de la sorte, il devrait rester en Arizona pendant très longtemps.

Ce qui est sûr à 100 %, c’est que les Cards ont fait le bon choix lorsqu’ils ont repêché Murray, même s’ils avaient sélectionné le quart Josh Rosen au premier tour l’année précédente. Si vous vous demandez où joue Rosen, il est le réserviste de Matt Ryan à Atlanta. La preuve qu’on ne répare pas une erreur en en commettant une deuxième.

LES PRÉDICTIONS DE MIGUEL BUJOLD

Jets de N.Y. c. Atlanta (à Londres) : Jets de N.Y.

Green Bay c. Cincinnati : Cincinnati

Detroit c. Minnesota : Minnesota

Denver c. Pittsburgh : Pittsburgh

Miami c. Tampa Bay : Tampa Bay

La Nouvelle-Orléans c. Washington : Washington

Philadelphie c. Caroline : Caroline

Tennessee c. Jacksonville : Tennessee

Nouvelle-Angleterre c. Houston : Nouvelle-Angleterre

Chicago c. Las Vegas : Las Vegas

Cleveland c. Chargers de L.A. : Chargers de L.A.

Giants de N.Y. c. Dallas : Dallas

San Francisco c. Arizona : Arizona

Buffalo c. Kansas City : Buffalo

Indianapolis c. Baltimore : Baltimore

La semaine dernière : 10-5

Total de la saison : 37-23

Trois matchs à ne pas rater

GREEN BAY c. CINCINNATI, DIMANCHE, 13 h

Quelques jours après avoir remporté leur plus grosse victoire sous les ordres de Zac Taylor, les Bengals ont regardé les Jaguars de Jacksonville prendre une avance de 14-0 devant leurs partisans à Cincinnati. En heure de grande écoute de surcroît. Typique des Bengals, ont pensé la majorité des amateurs. Grâce à une deuxième demie inspirée, les Bengals l’ont toutefois emporté in extremis et se retrouvent donc avec une belle et étonnante fiche de 3-1. Taylor a par contre rappelé à son équipe qu’elle ne pourrait pas se permettre de connaître un aussi lent départ face à Aaron Rodgers et aux Packers. Green Bay a embauché Jaylon Smith cette semaine, quelques jours après que le secondeur eut été libéré par les Cowboys de Dallas.

CLEVELAND c. CHARGERS DE LOS ANGELES, DIMANCHE, 16 h 05

On apprendra tous à mieux connaître les Chargers cette saison et au cours des années à venir parce qu’ils n’ont pas fini de gagner des matchs ! Avec Justin Herbert aux commandes de l’attaque et le jeune entraîneur-chef Brandon Staley, les Chargers devraient faire partie de la crème pour un bon moment. Peuvent-ils chauffer les Chiefs de Kansas City dans leur division dès cette année ? Certainement. Mais pour ce faire, les Chargers devront gagner des matchs comme celui de dimanche face aux Browns de Cleveland. La défense des Browns a bien répondu au défi que représentait l’attaque des Vikings la semaine dernière. Mais devant Herbert, Keenan Allen, Mike Williams, Austin Ekeler et Jared Cook....

BUFFALO c. KANSAS CITY, DIMANCHE, 20 h 20

Les Bills tenteront de venger leur défaite en finale de conférence, subie en janvier dernier. Et à l’heure actuelle, la formation de Sean McDermott joue mieux que celle d’Andy Reid. Les Bills ont massacré leurs adversaires par une marque combinée de 118-21 à leurs trois dernières parties. Mais les sceptiques diront que la seule fois qu’ils ont affronté une équipe qui a participé aux éliminatoires en 2020, les Steelers de Pittsburgh, les Bills ont perdu. La défense des Chiefs est mauvaise depuis le début du calendrier. Si elle ne se resserre pas, même Patrick Mahomes aura de la difficulté à générer suffisamment de points pour permettre aux Chiefs de gagner régulièrement. À l’inverse, la défense des Bills est première tant pour les points que pour les verges.

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