Patrice Bergeron nommé capitaine

« Il s’agit d’un grand honneur »

Patrice Bergeron s’est joint à un groupe sélect, jeudi, en devenant le 20e capitaine de l’histoire des Bruins de Boston. Et c’est avec humilité qu’il a accepté cette nomination dévoilée à quelques jours du début de la saison de la Ligue nationale de hockey.

« Il s’agit d’un grand honneur d’être nommé capitaine d’une franchise historique comme les Bruins, qui ont eu de grands joueurs, des légendes du hockey. Je veux quand même rester humble devant tout cela, être la même personne, continuer d’apprendre, de m’améliorer, de montrer l’exemple et de faire réaliser à mes coéquipiers qu’il s’agit autant de leur équipe que de la mienne », a dit le nouveau capitaine, en point de presse, jeudi après-midi.

Pour l’occasion, il y avait quelques médias québécois à la visioconférence suivant la séance quotidienne d’entraînement des Bruins. Les assistants au capitaine seront David Krejci, qui l’était déjà, et Brad Marchand. Les trois sont d’anciens joueurs de la LHJMQ, Krecji ayant joué à Gatineau et Marchand à Moncton, Val-d’Or et Halifax.

Bergeron succède au défenseur Zdeno Chara, qui a porté le « C » lors des 14 dernières saisons, et dont l’association avec les Bruins a pris fin au terme de la dernière campagne, ceux-ci ne lui ayant pas présenté d’offre de contrat. Le joueur originaire de Sillery, à Québec, a été son assistant toutes ces années.

« Il a été un incroyable leader au fil des ans. Nous sommes liés pour toujours, Z et moi. On a jasé à la suite de son départ, il a toujours eu beaucoup d’influence sur moi, on s’est aidés mutuellement. Je ne m’étais pas vraiment attardé à cela, mais on en a discuté un peu [du rôle de capitaine], et son message a été que je reste le même homme. »

« Il y a une culture établie ici depuis longtemps, tout le monde dans le vestiaire a son importance, un rôle à jouer, ce sera à moi de m’assurer qu’on soit tous sur la même longueur d’onde », a précisé le numéro 37 qui affrontera dorénavant son ami, puisque Chara s’alignera avec les Capitals de Washington.

Bergeron entreprend sa 17e saison avec les Bruins. Il occupe le troisième rang de l’histoire de l’équipe pour le nombre de matchs joués (1089) et les buts gagnants (67), le cinquième pour les buts (352) et les passes (517) et le sixième pour les points (869). Il avait été un choix de deuxième ronde (45e) au repêchage de la LNH en 2003.

Sa nomination pourrait lui permettre de réaliser l’un de ses objectifs, soit de disputer toute sa carrière dans le même uniforme.

« Ç’a toujours été quelque chose que je voulais faire. J’ai été repêché par les Bruins, j’ai grandi et je suis devenu un adulte à Boston, j’y ai pris de la maturité, je m’y suis développé comme joueur et être humain, mes enfants sont nés ici. Boston est une ville spéciale pour moi, je veux rester un Bruins jusqu’à la fin de ma carrière, ça ne change pas », admet ce champion de la Coupe Stanley en 2011.

Bergeron n’a pas l’intention d’agir autrement qu’il le fait depuis son arrivée dans la LNH malgré le rôle prestigieux qu’il remplira.

« Je vais juste continuer de prêcher par l’exemple. Notre entraîneur-chef [Bruce Cassidy] dit toujours que le vestiaire appartient aux joueurs, je serai le pont entre le personnel, la direction et nous.  »

— Patrice Bergeron

« Il y a eu une annonce, mais cette journée n’est pas la mienne, ça ne change rien pour ce qui est du leadership à l’intérieur de l’équipe. Il y a plusieurs joueurs qui sont des leaders sans porter de lettre », a ajouté le vétéran.

Au fil des ans, Bergeron a eu plusieurs bons exemples devant lui. Chara est l’un d’eux, aussi, mais il pensait également à Mark Recchi et Martin Lapointe, qui l’a pris sous son aile à son arrivée à Boston lorsqu’il n’avait que 18 ans, en 2003.

« Il m’a montré comment agir en professionnel, comment bien faire les choses. J’ai beaucoup appris de leur part, je me considère chanceux d’avoir joué avec plusieurs grands joueurs, ils ont eu de l’influence sur moi », a noté celui qui a obtenu à quatre reprises le trophée Selke, remis au meilleur attaquant défensif de la LNH.

Pas moins de sept anciens capitaines des Bruins sont des membres du Temple de la renommée du hockey et autant ont vu leur numéro retiré par les Bruins.

Parmi les grands capitaines de leur histoire, on pense à Chara, bien sûr, mais aussi à Raymond Bourque, Rick Middleton, Terry O’Reilly, Wayne Cashman, Johnny Bucyk, Milt Schmidt et plusieurs autres.

À la maison, c’était une journée comme les autres chez les Bergeron.

« Les enfants n’ont pas vraiment compris ce qui se passait, c’est juste une lettre différente que j’aurai sur mon chandail. Ils ont plus hâte du moment où ils pourront revoir les enfants de mes coéquipiers pour jouer avec eux », a-t-il dit en riant.

Saison régulière

Bergeron s’attend à une saison fort différente, notamment parce que les Bruins n’évolueront pas dans leur division habituelle. Aucun rendez-vous avec le Canadien de Montréal et les Maple de Toronto n’est à l’horaire. Pour les prochains mois, les duels se feront avec Washington, Philadelphie, New Jersey, Pittsburgh, Buffalo et les deux équipes de New York, soit les Rangers et les Islanders.

« Ce sera différent de ne pas jouer contre Montréal et Toronto. Ça doit être la première fois de l’histoire que ça arrive…  »

— Patrice Bergeron

« Pour nous, le côté positif est que le voyagement sera plus facile que dans la division canadienne. On encerclait toujours les matchs contre le Canadien et les Leafs, c’est sûr, mais il va se créer de nouvelles rivalités, croit-il. En considérant les restrictions et tout ce qui se passe dans le monde, c’était comme ça qu’on pouvait jouer, alors on apprécie la chance qu’on a et on va être prêt pour le début de la saison. »

Les Bruins disputeront leurs deux premiers matchs de la saison au New Jersey, contre les Devils, les 14 et 16 janvier.

Les capitaines des bruins au fil des ans

— Patrice Bergeron (2020-)

— Zdeno Chara (2006-2020)

— Joe Thornton (2002-2005)

— Jason Allison (2000-2001)

— Raymond Bourque (1985-2000)

— Rick Middleton (1985-1988)

— Terry O’Reilly (1983-1985)

— Wayne Cashman (1977-1983)

— John Bucyk (1966-1967 et 1973-1977)

— Leo Boivin (1963-1966)

— Don McKenney (1961-1963)

— Ferny Flaman (1955-1961)

— Ed Sanford (1954-1955)

— Milt Schmidt (1950-1954)

— John Crawford (1946-1950)

— Ralph « Cooney » Weiland (1938-1939)

— Aubrey « Dit » Clapper (1932-1938 et 1939-1947)

— George Owen (1931-1932)

— Lionel Hitchman (1927-1931)

— Sprague Cleghorn (1925-1927)

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.