6 mythes et réalités sur les syndicats

Avec un taux de syndicalisation dépassant les 38 %, le Québec demeure l’endroit le plus syndiqué en Amérique du Nord. Pourtant, les préjugés antisyndicaux s’avèrent encore nombreux. En voici six démystifiés.

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Les syndicats sont dépassés.

Réalité : Les syndicats ont toujours travaillé pour obtenir des gains qui profitent à l’ensemble de la collectivité. À travers leurs luttes, ils ont notamment obtenu l’équité salariale, les congés de maladie et les régimes de pensions. Cela dit, les organisations syndicales jouent encore aujourd’hui un rôle important dans l’établissement et le maintien d’un marché de travail équitable au pays. Elles continuent à lutter pour les conditions de travail et de vie des personnes salariées telles l’amélioration des normes en matière de santé et de sécurité, ainsi que la bonification du salaire minimum.

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Les syndicats forcent les salariés à devenir membres.

Réalité : Personne n’est obligé de se syndiquer. L’adhésion d’un salarié à un syndicat se veut en effet libre, volontaire et confidentielle. La loi interdit même à quiconque d’intimider une personne pour qu’elle s’y enrôle ou encore de solliciter l’adhésion d’un autre travailleur à une association pendant les heures de travail. Le Code du travail prévoit également un recours pénal à l’encontre du syndicat qui intimiderait les salariés afin de les forcer à devenir membres.

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Les syndicats nuisent à la productivité des entreprises.

Réalité : Les études portant sur le sujet démontrent qu’il n’existe pas de lien entre le taux de syndicalisation élevé et la diminution de la productivité des entreprises. Par exemple, l’étude « Les syndicats nuisent-ils au Québec » publiée en 2014 sous l’égide de l’Institut de recherches et d’informations socio-économiques (IRIS) montre que le niveau de PIB attribué à chaque heure travaillée au Québec se révèle identique à celui de l’Ontario. Les chercheurs en tirent la conclusion « qu’à structure industrielle équivalente les travailleuses et travailleurs québécois sont aussi productifs que ceux de la province voisine, et ce, même si le Québec compte un taux de syndicalisation plus élevé ».

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Les syndicats protègent les incompétents.

Réalité : Les organisations syndicales ne tolèrent pas l’incompétence ou le manque de professionnalisme. Aucune convention collective n’exige qu’un employeur garde des travailleurs paresseux, inaptes ou fréquemment absents. Les syndicats protègent toutefois le droit de chaque membre à un processus juste et équitable. Ils s’assurent donc que les employeurs ont des raisons justifiées de mettre à pied leurs employés et que ces derniers ne sont pas victimes de congédiements abusifs. Ils veillent également à ce que les personnes soient traitées équitablement sans égard à leur race, leur genre, leur capacité physique ou leur orientation sexuelle.

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Les syndicats veulent toujours déclencher la grève.

Réalité : Aucun syndicat ne souhaite déclencher une grève. Cela est d’autant plus vrai que les travailleurs se révèlent les personnes les plus pénalisées par cette action puisqu’ils se privent notamment de revenus. Ce moyen de pression n’est donc utilisé qu’en dernier recours, lorsque les deux parties ne peuvent conclure une entente et que les travailleurs estiment que les enjeux s’avèrent trop importants pour justifier ce sacrifice. Cela dit, la majorité des conventions collectives sont aujourd’hui négociées sans débrayage.

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Les syndicats constituent une bande de plaignards.

Réalité : Les syndicats ne représentent pas une gang de chialeurs. Ils dénoncent en fait les abus et les problèmes vécus par leurs membres dans leurs milieux de travail. Ils ne le font que lorsque cela s’avère nécessaire : notamment lorsqu’ils sont témoins de pratiques de travail déloyales, quand l’employeur enfreint la convention collective qui a été adoptée d’un commun accord ou quand l’employeur ignore les règlements en matière de santé et sécurité et met en danger la vie des employés. Ils exercent également des pressions auprès du gouvernement sur des dossiers relatifs aux droits des travailleurs.

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