Le Canada de retour au bercail

Il y aura une fébrilité dans l’air, mercredi soir au BMO Field, à Toronto. Une fébrilité pratiquement jamais ressentie auparavant lorsqu’il a été question de la sélection nationale de soccer.

C’est que le Canada revient jouer à domicile après avoir fait une réelle déclaration au Mexique, six jours plus tôt. En limitant les féroces Mexicains à un match nul de 1-1 au stade Azteca, un des endroits les plus mythiques sur la planète foot, le Canada venait confirmer son nouveau statut de menace dans cette phase finale des qualifications de la Coupe du monde de 2022.

En offrant au passage aux partisans canadiens un moment d’anthologie, lorsque Jonathan Osorio a répliqué pour le Canada.

Les Rouges ont enchaîné avec un match nul beaucoup moins glorieux contre la Jamaïque à Kingston (0-0) dimanche dernier. Reste que les Canadiens sont encore invaincus (1-0-4, 7 points). Et ce mercredi, ils se frotteront à une équipe du Panamá gonflée à bloc.

Parce que pendant que l’Unifolié se débattait sur une pelouse jamaïcaine en détresse, les États-Unis se faisaient surprendre par des Panaméens intenses du début à la fin. Avec une victoire de 1-0, le Panamá volait la troisième position du Canada, la dernière donnant un accès direct à la Coupe du monde de 2022.

Les Canadiens, comme les Américains, ont déployé des alignements amoindris lors de leur dernier match. Le sélectionneur John Herdman avait dû faire cinq changements à son onze partant qui avait acquis le nul au Mexique. Cette rotation avait en partie été forcée par des blessures et des suspensions.

Samuel Piette a donc eu l’occasion de se faire valoir, dimanche, et en a profité pour très bien paraître au milieu de terrain. Ç’a été plus laborieux pour l’attaquant Jonathan David, qui a eu de la difficulté à trouver ses repères.

Le Canada espérera qu’il les retrouve d’ici à ce mercredi. Déjà, si Herdman peut compter sur plus de profondeur, la tâche en sera grandement aidée.

Ligue des nations : une finale du tonnerre

Personne ne prétendra le prestige de la Ligue des nations, cette nouvelle compétition européenne au format si compliqué que même les acteurs qui y participent ne pourraient vous l’expliquer.

Mais personne ne pourra admettre qu’elle ne nous a pas servi une finale à couper le souffle, dimanche.

La France y affrontait l’Espagne. Les Bleus l’ont emporté 2-1 contre la Roja, tous les buts ayant été marqués dans une fin de match endiablée.

C’était tour de magie après tour de magie.

L’Espagnol Mikel Oyarzabal pensait avoir fait le travail à la 64minute, avec une belle frappe du pied gauche pour faire 1-0. Son irrésistible course contre Dayot Upamecano était mémorable. Les célébrations des Espagnols aussi. C’est comme si on voulait la gagner, cette Ligue des nations.

La joie a été de courte durée.

Dès la reprise, la France s’avance dans la zone espagnole. Mais pas besoin de s’y avancer trop profondément. Karim Benzema décoche un tir du coin gauche de la surface de réparation. Le gardien ne peut que l’effleurer du bout des doigts. Le ballon vient se choir dans l’extrême droite du filet. C’est 1-1 à la 66e.

À la 80e, Kylian Mbappé reçoit le service de Theo Hernández à l’orée de la surface. Quelques enjambées, puis le tour est joué. Le numéro 10 français enfonce le ballon du pied droit dans le filet. La France remporte la deuxième édition de la Ligue des nations. Du même coup, elle se refait une santé sportive après la déception de l’Euro 2020.

L’Espagne n’a toutefois rien à se reprocher.

Le sélectionneur Luis Henrique s’est servi de cette compétition incongrue pour introduire de très jeunes recrues et leur donner du temps de jeu, comme l’adolescent Gavi, 17 ans. Ce dernier, issu de l’académie du FC Barcelone, n’avait encore jamais disputé 90 minutes dans un match professionnel. Pourtant, le voilà qui était titulaire pour l’Espagne face à l’Italie en demi-finale, jeudi dernier. Il s’est même permis de s’occuper avec brio de Jorginho et de Marco Verratti en milieu de terrain, avant de tenir tête à Paul Pogba et Aurélien Tchouaméni en finale.

Si on s’attend à ce que la prochaine génération espagnole soit au zénith de son évolution lors de la Coupe du monde de 2026, force est d’admettre qu’elle sera déjà prête pour celle de 2022.

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