Immobilier Le tour du propriétaire

Habiter dans une ancienne église anglicane

Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d'exception, offerte sur le marché de la revente.

Tombés amoureux d’une ancienne église anglicane à Mystic, en Estrie, Sylvain Bédard et Julie Desranleau ont passé 11 ans à la rénover. Ils la mettent en vente, presque à contrecœur !

La Presse avait fait état, en 2014, du projet de rénovation de ce couple de Saint-Jean-sur-Richelieu. Cinq ans auparavant, ils avaient été séduits par le potentiel de cet édifice religieux bâti en 1881 à Mystic, village de quelques dizaines d’habitants faisant partie de la municipalité de Saint-Ignace-de-Stanbridge, à 4 km au nord de Bedford.

Dès leur acquisition, Sylvain Bédard et Julie Desranleau ont rénové de fond en comble l’église désacralisée au siècle dernier. Ils l’ont même déplacée de quelques mètres, le temps de refaire les fondations en béton coulé et de créer un sous-sol en lieu et place du vide sanitaire.

En 2014, le marché n’était pas propice aux vendeurs. Ils ont rejeté la seule offre qu’on leur avait faite pour la maison mise en vente pour 625 000 $. Comme elle a pris de la valeur au rôle foncier depuis, que ses propriétaires ont continué de la bichonner et qu’il y a actuellement un engouement immobilier qui ne se dément pas au Québec, ils viennent de la remettre en vente. Le nouveau prix : 795 000 $.

Considérant la spécificité de sa demeure, la restauration de qualité qui a été faite, la surface habitable (près de 4000 pi2) et l’emplacement de cette maison dans un village planté au milieu des champs, Sylvain Bédard qualifie l’occasion d’intéressante. D’autant plus que, malgré leur déception de 2014, les propriétaires ont continué de croire en sa valeur et d’y investir pour en faire une bâtisse de choix, moderne et riche d’histoire.

L’édifice, qui comprenait auparavant trois appartements, a été entièrement transformé. Des cloisons ont été abattues à l’intérieur, créant un espace de 48 pi sur 24 pi au rez-de-chaussée. Le plancher est recouvert par le bois franc d’origine.

La résidence a 14 pièces, dont 4 chambres, toutes décorées avec des meubles et des objets anciens que les propriétaires ont achetés chez des antiquaires, sur l’internet ou trouvés dans d’anciennes écoles et églises. Des objets de valeur inclus dans le prix de vente et qui donnent au lieu un cachet rustique et chaleureux.

Un confessionnal a ainsi été intégré dans une chambre comme porte d’entrée d’un walk-in. Et un élément d’un banc d’église a été recyclé en meuble de cuisine. « Je voulais que ces meubles soient des petits rappels évoquant le fait qu’avant, c’était une église, dit Sylvain Bédard. Mais je ne voulais pas que ce soit trop marqué. Juste pour que le lieu soit unique. »

Des vitraux d’origine ont permis de décorer des fenêtres. Sylvain Bédard a acheté, par les petites annonces, un lot de portes provenant d’un immeuble d'appartements de Montréal. La porte de la salle de bains, notamment. Elle a été dotée d’un beau vitrail. M. Bédard a aussi acheté un vieux comptoir de magasin général du Vermont et l’a transformé en meuble de rangement pour la cuisine.

Le clocher de l’église a été reconstruit. Le couple a trouvé une nouvelle cloche à Trois-Rivières pour redonner au lieu son allure d’antan. « On peut même faire sonner la cloche en montant à son niveau, dit Sylvain Bédard. Sinon, il faudrait installer un câble qui irait jusqu’à la chambre des maîtres ! »

Une horloge en métal a été placée sur la façade avant de la maison. À sa base, les propriétaires ont construit un portique, de larges marches d’escalier et des mains courantes pour donner une belle allure à la maison.

Récemment, les vendeurs ont acheté un terrain contigu de 39 000 pipour enrichir le potentiel de la propriété et permettre d’y creuser une piscine. Sylvain Bédard et Julie Desranleau ont peu touché à l’environnement immédiat de la maison. Ils n’ont par exemple jamais asphalté le chemin qui mène à la résidence afin de respecter la tradition locale et la nature environnante.

Les propriétaires pensent que cette maison pourrait convenir à des artistes, à des professionnels de la santé, comme un massothérapeute, à un salon de coiffure, à un bureau de professionnels, à un gîte touristique ou à une galerie d’art comme la galerie Art Plus, à Sutton, créée dans une ancienne église protestante.

« Au-delà de l’histoire de cette maison et de ses qualités, l’usage potentiellement permis pour la propriété est très large », dit la courtière Karine Labrecque, de RE/MAX. Le sous-sol de la maison peut servir d’atelier-boutique pour un artisan ou de salle d’exposition avec un accès sur le côté, sans passer par la maison. « Une ancienne locataire était musicienne et y faisait régulièrement des mini-concerts aux gens du village », dit Mme Labrecque.

« On est amoureux de cette maison, dit Sylvain Bédard. Mais on va peut-être passer à un autre projet. Comme on a une autre maison, la demeure de Mystic est pour nous un gros chalet. Alors on veut profiter du marché. Je verrais bien un couple de retraités s’installer ici pour profiter de la vie dans un endroit très tranquille. Mais on souhaite la vendre à quelqu’un qui en prendra soin... »

La propriété en bref

Prix demandé

795 000 $

Année de construction

1881

Pièces

14 pièces, dont 4 chambres, 2 salles de bains et une salle d’eau

Aire habitable

Près de 4000 pi2 (371 m2), sous-sol compris

Superficie du terrain

48 784 pi2 (4532 m2)

Évaluation municipale (maison + terrain)

355 700 $ (2019)

Taxes municipales et scolaire

3180 $ (2020)

Coût Hydro-Québec pour un an

2346 $ (2019)

Courtière

Karine Labrecque (RE/MAX)

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