Le temps des framboises à la Berlinale

Le retour de Falardeau à Berlin

Le temps des framboises, nouvelle série réalisée par Philippe Falardeau, sera présentée en première mondiale au Festival du film de Berlin, le mois prochain. Ce sera la troisième participation du cinéaste au prestigieux évènement. Écrite par Florence Longpré (M’entends-tu ?) et Suzie Bouchard (L’œil du cyclone), Le temps des framboises clôturera la Berlinale Series, le 16 février. Il s’agit du volet du festival qui offre en primeur des œuvres télévisuelles créatives et originales. « Je suis très touché, la Berlinale est un festival cher à mes yeux, a commenté dans un communiqué Philippe Falardeau. Les autrices et moi souhaitions créer une œuvre qui puisse voyager. Cette sélection est un vrai cadeau. » Tournée l’été dernier, Le temps des framboises met en vedette Sandrine Bisson, Edison Ruiz, Micheline Lanctôt, Elijah Patrice et Paul Doucet. La série de 10 épisodes est produite par Trio Orange, en collaboration avec Québecor Contenu. Elle sera diffusée au Québec sur la plateforme Club illico à partir du 14 avril.

— Luc Boulanger, La Presse

Karen Tam remporte le prix Giverny Capital

L’artiste visuelle québécoise Karen Tam a remporté le 9e prix Giverny Capital 2021, remis par le collectionneur François Rochon, président de la firme de gestion de portefeuilles privés Giverny Capital.

Accompagné d’une bourse de 10 000 $, ce prix bisannuel tient à souligner et à encourager l’excellence, l’originalité et la force créatrice de l’art actuel québécois. Il récompense l’artiste montréalaise de 44 ans « pour son travail assidu et continu ». Et notamment pour l’effet que Karen Tam a sur le milieu de l’art québécois et canadien.

Le jury du prix était composé de Marie-Ève Beaupré, conservatrice de la collection au Musée d’art contemporain de Montréal, Louise Déry, directrice de la Galerie de l’UQAM, Josée Drouin-Brisebois, conservatrice principale de l’art contemporain au Musée des beaux-arts du Canada, Marie-Josée Jean, directrice de VOX, centre de l’image contemporaine, et Anne-Marie Saint-Jean Aubre, conservatrice de l’art contemporain au Musée d’art de Joliette.

« Lorsqu’on visite une installation de Karen Tam, on découvre un décor à la fois familier et néanmoins déconcertant, expose Marie-Josée Jean. Pas étonnant puisqu’une des constantes de son travail depuis maintenant une quinzaine d’années est la critique qu’elle fait de l’appropriation des références culturelles chinoises adaptées au goût des Occidentaux. »

« Elle reconstitue des espaces hauts en exotisme, comme un restaurant chinois, une salle de karaoké, une fumerie d’opium, une boutique de curiosités du quartier chinois et autres lieux emblématiques de sa culture d’appartenance, mais néanmoins influencée par divers métissages culturels. »

— Marie-Josée Jean, directrice de VOX, centre de l’image contemporaine

« Je m’inspire pour cela des objets orientaux et des chinoiseries qu’on trouve dans divers musées, des collections locales et sur eBay, dit Karen Tam. En utilisant des matériaux et des méthodes ordinaires. Les ornements qui semblent en jade véritable sont sculptés dans du savon. La porcelaine est en papier mâché, et les objets argentés sont fabriqués à partir de plateaux en aluminium. » C’est cette exploration matérielle combinée à la pertinence et à la singularité de sa recherche culturelle et de sa position critique qui ont convaincu le jury de lui décerner le prix.

« Commissaire et intellectuelle, Karen Tam, qui a étudié à Londres – un doctorat à Goldsmiths en 2014 –, y a donné une importante conférence au British Museum en 2018, sur sa pratique, sur la Chine et sur la représentation de la culture chinoise dans les musées, dit Hugues Charbonneau, son galeriste. Karen est une grande penseuse. Et est très généreuse. Quand elle est allée présenter sa conférence, elle avait emporté les catalogues des artistes de la galerie pour en faire la promotion. Si Chloe Lum et Yannick Desranleau ont exposé en Écosse après, c’est grâce à elle. »

Depuis 2000, Karen Tam a exposé et participé à de nombreuses résidences artistiques, notamment au Victoria and Albert Museum, à Londres, au He Xiangning Art Museum, en Chine, et au Musée des beaux-arts de Montréal. Ses œuvres font partie de collections de musées et d’entreprises, comme l’Irish Museum of Modern Art, le Musée des beaux-arts de Montréal, la Collection Hydro-Québec, la Collection Banque Royale du Canada et la Microsoft Art Collection.

« Son corpus est original et unique, dit François Rochon. Et le milieu ne l’a pas, jusqu’à présent, reconnue à sa juste valeur. Pour ce critère, chaque fois, notre prix a frappé dans le mille, depuis 2007. »

Le prix Giverny Capital est en effet la première reconnaissance notable que Karen Tam obtient au Québec. Auparavant, elle a obtenu le prix Joseph-S.-Stauffer du Conseil des arts du Canada, en 2006. Elle a été finaliste du prix Louis-Comtois en 2017, du Prix en art actuel du Musée national des beaux-arts de Québec en 2016 et du prix Sobey pour les arts en 2010 et en 2016.

« Karen Tam a changé l’esprit de ma galerie, elle en est devenue le noyau central, dit Hugues Charbonneau. Ma galerie ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans elle. C’est par Karen Tam que je me suis intéressé à Moridja Kitenge Banza. C’est elle qui m’a amené à réfléchir au rôle de l’identité dans la création artistique, au rôle du métissage. Car ce n’est pas l’identité chinoise qui l’intéresse ; c’est la signification d’être une artiste d’origine chinoise habitant en Amérique du Nord. Son médium, c’est notre regard sur la Chine. »

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